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Nouvelle ère à Budapest

Pas de club allemand en finale de Ligue des Championnes cette année mais le FC Barcelone qui tentera d’être le premier club à avoir à son palmarès la Coupe d’Europe des garçons et des filles.

L’équipe catalane vise ouvertement le titre dans les prochaines années mais à l’occasion de prendre un peu d’avance en conclusion d’une saison où elle a de nouveau été devancée par l’Atletico Madrid.

Cette année à Budapest, la finale de la Ligue des Championnes n’opposera pas un club français à un club allemand comme cela a été le cas sept fois sur neuf depuis que la compétition a pris ce nom en 2009 (auparavant, c’était plutôt les Suédoises qui se partageaient les finales avec les Allemandes). La faute au FC Barcelone qui est venu à bout du Bayern Munich en demi-finale alors que Lyon avait éliminé Wolfsbourg un tour plus tôt.

L’équipe catalane sera donc la deuxième équipe non franco-allemande à parvenir en finale de Ligue des Championnes (en 2017, la finale était franco-française entre l’OL et le PSG) après l’artificielle équipe suédoise de Tyresö en 2014, battue à l’époque par Wolfsbourg 4-3 à l’issue d’une finale épique.

Pour la partie française de la finale, on retrouve l’Olympique lyonnais, déjà présent sept fois sur neuf et triple tenant du titre. L’armada de Reynald Pedros se présentera presque au complet, seulement privée d’Izzy Christiansen dont la course contre la montre pour être revenue à temps pour la Coupe du monde n’a pas été couronnée de succès. Delphine Cascarino devrait par contre être sur pied et reprendre sa place à Shanice van de Sanden dans une équipe qui ressemblera certainement de très près à celle qui a débuté la finale de Coupe de France contre Lille.

Barcelone sera la première équipe espagnole représentée en finale de Coupe d’Europe féminine, la treizième équipe à tenter sa chance. Jusque là, l’Allemagne (15), la France (9) et la Suède (7) se sont partagées 31 des 34 places de finalistes. Seule les Danoises du Fortuna Hjørring, les Russes du Zvezda 2005 et les Anglaises d’Arsenal avaient brisé cette hégémonie et les dernières avaient même remporté le titre en 2008.

La présence en finale du FC Barcelone dans une édition où l’on trouvait aussi le Bayern et Chelsea en demi-finale est peut-être l’indication d’un changement d’ère où les grands clubs de football masculin commencent à envisager de monter une équipe féminine performante et d’y consacrer des moyens. Le club catalan est en lice pour être le premier à avoir à son palmarès la Ligue des Champions et la Ligue des Championnes. Arsenal est pour l’instant le seul à avoir remporté des coupes d’Europe masculine et féminine mais il ne compte pas de C1 masculine à son palmarès (et le 1. FFC Francfort est distinct de l’Eintracht Francfort vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 1980).

Un recrutement international

Pour Barcelone cela se traduit par un recrutement international depuis deux saisons et cela pourrait se poursuivre puisque l’on parle de l’intérêt du club pour les Lyonnaises Ada Hegeberg et Amel Majri et que la Norvégienne de Wolfsbourg Caroline Graham Hansen en serait très proche.

Cela marquerait une inflexion puisque jusque là, Barcelone a plutôt engagé des seconds couteaux. La Néerlandaises Lieke Martens a signé en 2017 en provenance de Rosengård après plusieurs bonnes saisons en Allemagne et en Suède. Entre sa signature et son arrivée, elle a réalisé un Euro extraordinaire à la maison qui lui a valu le titre de meilleure joueuse européenne mais elle a depuis été rattrapée par son statut, celui d’un bonne joueuse fiable mais loin du top mondial. Sa compatriote Stefanie van der Gragt, la Brésilienne Andressa Alves arrivée de Montpellier, l’Anglaise Toni Duggan et la Nigeriane Asisat Oshoala arrivée cet hiver sont d’authentiques internationales mais aucune n’émarge dans la liste des toutes meilleures joueuses mondiales.

Les deux françaises qui ont participé à la saison barcelonaise permettent aussi de comprendre le type de recrutement de Barcelone. Élise Bussaglia était arrivée la saison dernière pour apporter son expérience en provenance de Wolfsbourg où elle ne jouait plus un rôle important. Et elle a été remplacée cette saison par Kheira Hamraoui, arrivée de Lyon où elle jouait seulement pour faire souffler les titulaires.

À Barcelone, l’ancienne Héninoise et Stéphanoise a été cette saison un élément essentiel pour stabiliser le milieu de terrain et lui apporter de la puissance et elle était titulaire indiscutable, absente seulement quand il fallait la faire souffler.

Pallier l’absence de Kheira Hamraoui

Mais elle va manquer la finale à cause d’un deuxième carton jaune reçu à vingt minutes de la fin de la demi-finale retour contre le Bayern. Ce sera la quatrième fois en cinq ans qu’elle appartient à un club qualifié pour la finale de la Ligue des Championnes mais ce sera aussi la quatrième fois qu’elle ne la jouera pas. Déjà en 2015 avec le PSG, elle était suspendue pour avoir été expulsée en demi-finale contre Wolfsbourg. En 2017, elle n’était même pas dans le groupe lyonnais et la saison dernière, elle était restée sur le banc.

Malheureusement pour elle, cette absence n’est que la conséquence logique du nombre de cartons qu’elle reçoit. Cette saison en Coupe d’Europe, neuf cartons ont été infligés à Barcelone dont cinq pour elles. Toutes compétitions confondues c’est onze sur quarante.

Son absence va poser problème à son équipe où elle joue un rôle prépondérant et où elle a toujours participé aux matchs importants cette saison. C’est sans doute Vicky Losada qui redescendra légèrement pour prendre sa place et elle devrait être remplacée numériquement par Aitana Bonmati, l’une des stars de la dernière Coupe du monde M20 et peut-être de la prochaine Coupe du monde. Par contre sa coéquipière dans ces deux sélections Patri Guijaro ne jouera pas, absente depuis le début de l’année.

En défense, l’indestructible Mapi León devrait être accompagnée d’Andréa Pereira devant Sandra Paños. Si à droite Marta Torrejón est à peu près sûre de débuter, à gauche Leila Ouhabi est en concurrence avec Melanie Serrano. La première part avec une longueur d’avance après avoir joué les deux matchs de la demi-finale contre le Bayern.

Au milieu, Alexia Putellas complètera le trio avec Vicky Losada et Aitana Bonmati. Et devant Toni Duggan jouera son rôle de point d’appui avec Lieke Martens sa gauche et sans doute plutôt Mariona Caldentey plutôt qu’Andressa Alves à droite.

Globalement, l’équipe qui sera alignée devrait ressembler d’assez près à celle qui avait été éliminée par l’OL l’an dernier en quart de finale puisqu’en l’absence de Kheira Hamraoui, Andrea Pereira arrivée cet été de l’Atletico devrait être la seule nouvelle joueuse à débuter. La Nigériane Asisa Oshoala pourrait aussi entrer en jeu.

Si l’OL a déjà réalisé le doublé en France cette saison, Barcelone compte sur la finale de Ligue des Championnes pour garnir son palmarès après avoir été devancé par l’Atletico Madrid en Liga et éliminé par la même équipe en demi-finale de Coupe de la Reine.

La saison aura été particulièrement frustrante pour les Barcelonaise qui n’a connu que deux défaites dont une quasiment sans enjeu lors de la dernière journée et surtout après avoir battu deux fois leurs concurrentes directes de l’Atletico en championnat. Mais des nuls contre Valence et l’Espanyol, deux équipes de milieu de tableau et contre Levante, troisième du championnat ont permis à l’Atletico d’Aurélie Kaci et Aïssatou Tounkara de prendre l’avantage en ayant remporté tous les matchs qui ne l’opposaient pas à Barcelone.

La saison européenne de Barcelone avait elle-même très mal commencé par une défaite 3-1 à Chimkent au Kazakhstan face au BIIK Kazygurt où la réduction du score de Toni Duggan à 3-0 peut être vue comme le début de l’aventure menant à la finale. À l’heure actuelle, la Géorgienne Gulnara Gabelia reste la dernière joueuse à avoir trompé Sandra Paños en Coupe d’Europe, ce que n’ont pu faire aucune joueuse de Glasgow, de Lillestrøm ou du Bayern.

Toutefois Lyon reste évidemment favori, triple tenant du titre, double vainqueur de Barcelone la saison dernière.

Les effectifs

Lyon
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Lisa Weiß G DEU 32 10 900 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 33 25 2250 0
30 Audrey Dupupet G FRA 18 0 0 0
2 Lucia Bronze D ENG 28 28 2361 2
3 Wendie Renard D FRA 29 29 2610 14
4 Selma Bacha D FRA 19 23 1599 1
18 Éva Kouache D FRA 19 5 271 0
21 Kadeisha Buchanan D CAN 24 14 975 1
26 Carolin Simon D DEU 26 14 1163 0
29 Griedge Mbock Bathy Nka D FRA 24 27 2334 5
5 Saki Kumagai M JPN 29 33 2155 2
6 Amandine Henry M FRA 30 30 2285 8
8 Isobel Christiansen M ENG 28 18 941 4
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 27 26 1996 13
19 Lorena Azzaro M FRA 19 1 19 0
24 Jessica Fishlock M WAL 32 25 1710 2
7 Amel Majri A FRA 26 30 2309 15
9 Eugénie Le Sommer A FRA 30 30 2297 21
11 Shanice van de Sanden A NLD 27 30 1420 8
14 Ada Hegerberg A NOR 24 32 2697 26
17 Jessy Danielle Roux A FRA 19 0 0 0
20 Delphine Cascarino A FRA 22 28 1463 6
25 Sole Jaimes A ARG 30 7 352 1
27 Emelyne Laurent A FRA 21 14 403 1
28 Melvine Malard A FRA 19 4 140 0
Barcelone
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Sandra Paños G ESP 27 38 3420 0
13 Pamela Tajonar G MEX 34 3 270 0
25 Gemma Font G ESP 20 0 0 0
3 Stefanie van der Gragt D NLD 27 9 653 1
4 Mapi León D ESP 24 41 3553 2
5 Melanie Serrano D ESP 30 22 1709 0
8 Marta Torrejón D ESP 29 38 3289 8
15 Leila Ouahabi D ESP 26 29 2051 0
17 Andréa Pereira D ESP 26 32 2718 0
26 Jana Fernandez D ESP 17 1 32 0
6 Vicky Losada M ESP 28 33 2567 2
7 Gemma Gili M ESP 25 10 534 0
9 Mariona Caldentey M ESP 23 27 1898 11
11 Alexia Putellas M ESP 25 38 2613 18
12 Patri Guijarro M ESP 21 18 1301 6
14 Aitana Bonmati M ESP 21 36 2221 12
18 Kheira Hamraoui M FRA 29 34 2646 4
20 Élise Bussaglia M FRA 34 3 111 0
23 Candela Andujar M ESP 19 21 630 2
24 Claudia Pina M ESP 18 12 353 2
10 Andressa Alves A BRA 27 35 1570 7
16 Toni Duggan A ENG 28 36 2179 15
19 Bárbara Latorre A ESP 26 15 511 0
20 Asisat Oshoala A NGA 25 10 504 7
21 Nataşa Andonova A MKD 25 30 976 2
22 Lieke Martens A NLD 26 30 2243 14


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