Ni buts ni soumises » Lille en finale

« Une équipe expérimentée et expérimentale

Nouvelle ère à Budapest »

Lille en finale

Lille joue sa première finale de Coupe de France quatre jour après avoir perdu sa place en D1. Le LOSC perpétue une longue tradition de football féminin dans le Nord.

La saison lilloise a montré une équipe plus à l’aise contre les adversaires huppés, ce qui lui a été fatale en championnat mais qui peut lui laisser des espoirs face aux ogresses lyonnaises.

Cette année, ce n’est ni le PSG ni Montpellier qui sera opposé à Lyon en finale de Coupe de France. Avec Saint-Étienne, ces équipes avaient occupé toutes les places en finales depuis dix ans, et 28 sur 34 possibles depuis la création de la compétition sous le nom de Challenge de France en 2001.

C’est Lille qui sera opposé à Lyon cette année et qui tentera de réussir la même performance que le PSG l’an dernier, qui avait mis fin à une série de six titres.

Maud Coutereels, Morgane Nicoli et Sole Jaimes

Maud Coutereels, Morgane Nicoli et Sole Jaimes

Avant Lille, Étrœungt, Hénin-Beaumont et Arras

L’équipe lyonnaise est désormais bien connue et c’est donc l’occasion de s’intéresser à son adversaires. Le football au féminin n’est pas une nouveauté dans le nord de la France. Dès les années 70, l’équipe d’Étrœungt – ville d’un peu moins de 1500 habitants située à quelques kilomètres de Maubeuge – avait été la première à contester la domination des invincibles Rémoises et à remporter trois fois le championnat de France au tournant des années 1980. Puis c’est Hénin-Beaumont qui s’est essayé à concurrencer la VGA Saint-Maur avec un peu moins de succès (deux finales seulement) mais une pérennité plus grande puisque le club était encore en D1 durant les années 2000 avant d’y faire un dernier passage en 2013 (voir Hénin-Beaumont et Soyaux, une page d’histoire). Enfin Arras a connu trois saisons en D1 entre 2012 et 2015 avant de tenter vainement de remonter. Le club arrageois devrait postuler à nouveau à la D1 puisqu’il va devenir la section féminine du RC Lens.

C’est aussi de cette manière que le club de Templemars-Vendeville – deux communes situées à deux pas de l’aéroport de Lille-Lesquin – est devenu en 2015 la section féminine du Lille Olympique Sporting Club et de ramener le centre du football nordiste du Pas-de-Calais vers le Nord.

Les Belges en voisines

De la même manière que différentes équipes de la région parisiennes qui se sont succédé en D1 avaient beaucoup de joueuses en commun, de Montigny à Fleury en passant par Issy et Saint-Maur, plusieurs Lilloises ont été Héninoises ou Arrageoises, voire les deux. Une vingtaine de joueuses ayant porté les couleurs du LOSC depuis 2015 en D1 ou D2 étaient passées auparavant par Arras ou Hénin-Beaumont et une dizaine par les deux.

La joueuse la plus symbolique de cette proximité est l’actuelle entraîneuse lilloise Rachel Saïdi qui a joué cinq saisons de D1 avec Hénin-Beaumont, une avec Arras et une et demi avec Lille avant de prendre la responsabilité de l’équipe pour tenter d’arracher le maintien.

L’effectif est bien sûr moins régional même si on retrouve encore Marine Dafeur et Ludivine Bultel, passées entre temps par Guingamp et Dijon, alors que Jessica Leron et Carla Polito sont arrivées d’Arras, la première en D2 et la seconde cet été à l’issue de la Coupe du monde des poins de 20 ans. La nécessité de se mettre au niveau de la D1 a entraîné un recrutement plus international.

Carla Polito et Amel Majri

Carla Polito et Amel Majri

Mais la première filière n’est pas vraiment plus lointaine. Lille compte dans son effectif trois « red flames », des joueuses de l’équipe nationale belge. La capitaine et défenseuse Maud Couteerels, la milieu Silke Demeyere et l’attaquante Jana Coryn sont arrivée pour faire monter l’équipe en première division et ont participé aux deux saison dans l’élite. Toutefois la troisième s’est gravement blessée en septembre dernier et n’a pas encore rejoué depuis.

Ouleymata Sarr, Carla Polito, Maud Coutereels, Morgane Nicoli, Danielle Tolmais, Lina Boussaha, Jessica Lernon, Silke Demeyere, Elisa Launay, Rachel Saïdi et Marine Dafeur

Ouleymata Sarr, Carla Polito, Maud Coutereels, Morgane Nicoli, Danielle Tolmais, Lina Boussaha, Jessica Lernon, Silke Demeyere, Elisa Launay, Rachel Saïdi et Marine Dafeur

Troisième composante de l’effectif, le LOSC a recruté des joueuses françaises ayant un peu d’expérience de la D1 : la gardienne Élisa Launay formée à Montpellier et passée par Bordeaux et l’attaquante Ouleymata Sarr arrivée du PSG ont été appelées par Corinne Diacre sous les couleurs lilloises. Héloïse Mansuy arrivée de Metz, Morgane Nicoli prêtée par Montpellier et Lina Boussaha par le PSG sont de jeunes joueuses prometteuses qui sont venues chercher une place en D1. Mais le LOSC dispose aussi de ses jeunes pousses comme la jeune belge Chrystal Lermusiaux, Maïté Boucly et surtout Julie Dufour, alignée quasiment à tous les matchs cette saison à 17 ans.

Enfin cet hiver, le LOSC a tenté de changer son destin en attirant les Américaines Sarah Teegarden et Hannah Diaz sans réussite même si la seconde a régulièrement été alignée à la pointe de l’attaque, prenant la place de Danielle Tolmais, l’attaquante franco-américaine arrivée de Soyaux cet été et qui n’a jamais réussi à s’imposer.

Le paradoxe lillois

Le niveau de l’équipe lilloise cette saison est difficile à cerner malgré la relégation. Lille a pris presque autant de points (6) contre le quintet de tête que contre ses cinq concurrentes les plus proches (8). En dehors d’une très lourde défaite 8-0 lors de la première journée contre Lyon, les Lilloises n’ont perdu qu’un seul match par plus d’un but d’écart contre Bordeaux. Elles ont obtenu le nul contre le PSG, la seule fois où les joueuses d’Olivier Echouafni ont perdu des points hors Lyon (et match pour du beurre contre Guingamp) tout comme contre Montpellier à l’aller. Elles ont également un bilan positif contre le PFC avec un nul à l’aller et une victoire au retour (et elles l’ont éliminé en demi-finale de Coupe de France). Et elles ont tenu les Lyonnaises à 1-0 au match retour.

Le problème c’est que rivaliser avec les meilleures ne rapportent pas beaucoup de points et qu’il vaut souvent mieux lâcher contre les gros et gagner les confrontations directes. Et là, entre une victoire à Rodez pour la 2e journée et une autre contre Metz pour la 19e, Lille n’a ramené que deux malheureux points sur 24 possibles, qui expliquent son classement final. Le LOSC n’a un bilan favorable que contre le PFC et Soyaux, les 5e et 6e du classement.

Mais ce paradoxe lillois est peut-être le principal motif d’espoir avant d’affronter Lyon.



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