Ni buts ni soumises » La D1 dans la lumière

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La D1 dans la lumière

La saison de D1 qui vient de débuter marque peut-être le début d’une nouvelle ère. Le championnat va être sous les feux des projecteurs avec une exposition télévisée sans précédent et en ligne de mire la Coupe du monde à domicile. Pour autant, le suspense ne devrait pas être au rendez-vous pour le titre. Mais l’ensemble du plateau sera sans doute plus resserré.

Cause ou conséquence de cette médiatisation croissante, l’emprise du monde professionnel masculin s’accentue également. Neuf clubs et sept entraîneurs en sont issus.

La période des transferts en D1 se termine aujourd’hui entre la troisième et la quatrième journée de la compétition et il est désormais possible d’avoir une idée à peu près claire sur les effectifs qui vont jouer cette saison.

Neuf clubs de D1 sur douze sont des sections féminines de clubs professionnels masculins de L1 ou L2, alors que Rodez et Fleury ont également une équipe masculine respectivement en National et National 2. Soyaux reste le seul club exclusivement féminin en D1 et l’un des rares qui n’est pas adossé à un club à statut professionnel.

Ce n’est pas une nouveauté mais le phénomène va en s’accentuant puisque l’Olympique de Marseille et l’ASPTT Albi ont été remplacés par le FC Metz et le Dijon FCO, alors que Juvisy s’efface de plus en plus derrière le PFC, son nom n’apparaissant plus sur les maillots sous le blason du club parisien.

Un autre phénomène confirme cette tendance. S’il y a toujours aussi peu d’entraîneuse – Sabrina Viguier à Rodez ayant repris le flambeau détenu jusque là par Sarah M’Barek à Guingamp et occupant désormais le rôle qu’elle occupait officieusement jusque là – la majorité des clubs sont désormais entraînés par des hommes ayant été joueurs professionnels, près de la moitié ayant même joué en Ligue 1.

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Sabrina Viguier (Rodez) / photo: footofeminin.fr

Reynald Pedros, ancien international A est évidemment la tête d’affiches de cette confrérie mais il a été rejoint cette saison par quatre autres anciens joueurs pro. Pendant que l’actuel entraîneur lyonnais remportait le titre de champion de France en 1995, le FC Gueugnon réussissait l’exploit de monter en première division. Dans ses rangs se trouvaient Yannick Chandioux et David Fanzel qui participeront ensuite à l’unique saison du club dans l’élite. Les deux hommes sont désormais les entraîneurs des deux clubs promus en D1, respectivement Dijon et Metz.

Guingamp et le PSG ont également choisi de confier leur équipe féminine à d’ancien joueurs professionnels, Frédéric Biancalani chez les Bretonnes et l’ancien sélectionneur des Bleues Olivier Echouafni à Paris. Si l’on ajoute Jean-Louis Saez, ancien joueur de la maison montpelliéraine et brièvement entraîneur d’Arles-Avignon en Ligue 1 et Dominique Carlier, nouvel entraîneur du LOSC qui a longtemps joué puis entraîné en Ligue 2, les bancs de D1 semblent désormais des places intéressantes dans une carrière d’entraîneur. Difficile de dire s’il faut plutôt se réjouir de ce que la discipline soit désormais prise au sérieux ou se lamenter de ce qu’aucune place ne soit laissée à des entraîneuses de valeur. D’autant que si les anciens joueurs professionnels sont majoritaires, peu arrivent avec de vraies références sur un banc.

Une D1 100% télévisée

Ce n’est sans doute ni une cause ni une conséquence mais les fruits communs d’une montée en puissance mais ces clubs et ces entraîneurs vont vivre une saison médiatisée comme jamais elle ne l’a été. Il y a moins de deux saisons, la FFF bricolait les résumés des journées de D1 qu’elle présentait sur son site web à partir des images tournées par des amateurs dévoués. Il faut dire qu’Eurosport et France 4 qui disposaient des droits de la compétition n’en faisaient pas un grand usage. Et encore, quelques années auparavant, les matchs dont existaient plus d’une ou deux minutes d’images se comptaient sur les doigts d’une seule main dans une saison.

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Candice Prévost interroge Ada Hegerberg (Lyon) pour Canal+ / photo: footofeminin.fr

Désormais la FFF a confié son destin au groupe Canal+ avec pour mission de valoriser la discipline. Tous les matchs seront donc produits et quasiment tous seront diffusés en direct, un ou deux sur une chaîne à peu près accessible (Canal+ Sport en général) et les autres sur des canaux plus confidentiels (Foot+ ou Multisports) mais ayant le mérite d’exister. Certaines parties pourraient même être diffusées sur les antennes en clair du groupe, C8 et CStar.

La D1 profite de la perte des Coupes d’Europe masculine par Canal+ et de la probable disparition de la Ligue 1 sur ses antennes la saison prochaine pour devenir l’un de ses produits d’appel sportif avec le Top 14 de rugby. À moins d’un an de la Coupe du monde en France, tout est réuni pour que le grand public ne puisse plus ignorer la première division et les équipes qui la composent.

Le retour du synthétique

Nécessité de la réalisation télévisée ou conséquence de la croissance des clubs, plusieurs équipes déménagent cette saison : Bordeaux coupe un peu plus le lien qui le rattachait à l’ES Blanquefort en quittant le stade Jean-Pierre-Delhomme pour le stade Robert-Monseau à Saint-Médard-en-Jalles, Guingamp fait de même avec le Stade Briochin en abandonnant le stade Fred-Aubert pour jouer au centre d’entraînement du club à Pabu, tout comme Lille qui jouera cette saison plus souvent dans ses installations de Luchin plutôt qu’au Stadium de Villeneuve-d’Ascq.

Les deux clubs parisiens viennent ou reviennent dans la capitale : le PSG jouera cette saison à deux pas du Parc des Princes au stade Jean-Bouin alors que le PFC, s’il continuera de jouer majoritairement à Bondoufle, occupera à l’occasion le stade Charléty, résidence régulière de son équipe masculine (et ancienne du PSG1).

Enfin Metz jouera cette saison sur l’île Saint-Symphorien, soit dans le stade du même nom, soit plus souvent dans le stade Dezavelle. Jusque là, il jouait plutôt à Algrange et à Amnéville il y a deux ans en D1. La plupart de ces déménagements vont dans le sens de l’intégration des anciens clubs féminins à des clubs masculins et les équipes quittent leur ancienne résidence pour se rapprocher de celle de l’équipe fanion masculine.

Autre changement, trois équipes joueront cette saison de façon régulière sur des pelouses synthétiques : Guingamp, Metz et Dijon.

Une meilleure répartition des forces pour un plateau plus homogène

L’avantage de présenter la saison à venir alors que trois journées ont déjà été jouées, c’est qu’on dispose déjà de quelques éléments sur les forces et faiblesses des équipes. L’inconvénient peut être au contraire de tirer des conclusions hâtives.

On ne prend toutefois pas un gros risque à prédire que Lyon est le grand favori pour le titre et le PSG pour la deuxième place européenne, ces équipes ont terminé aux deux premières places dans cet ordre six fois sur les huit dernières saisons et rien n’indique qu’une révolution couve.

Le reste du plateau devrait être au moins aussi homogène que l’an dernier où hors Montpellier et Marseille, toutes les autres équipes étaient mathématiquement sous la menace de rélégation jusqu’à deux journées de la fin. Bien entendu, il se peut que l’une ou l’autre équipe se retrouve en difficulté, que la mayonnaise ne prenne pas mais aucun club ne semble structurellement promis à la relégation.

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Wang Shuang, nouvelle star du PSG / photo: footofeminin.fr

Les premières journées on toutefois redéfini la hiérarchie établie : le trio de tête semble se réduire à un duo, Lyon et le PSG sont les deux seules équipes à avoir remporté leurs deux premiers matchs2 et surtout Montpellier a perdu deux matchs contre Bordeaux et Fleury qu’il n’avait pas l’habitude de perdre les saisons précédentes. Il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit de faux pas, si Montpellier est désormais rentré dans le rang ou si Bordeaux et Fleury visent désormais la troisième place, il y a sans doute un peu de tout cela. Mais sauf si l’évolution est plus forte que prévue, ces deux défaites semblent offrir un boulevard aux deux équipes de têtes dans un D1 où le second perd rarement plus de deux matchs dans la saison et jamais plus de quatre depuis plus de vingt ans.

En bas de tableau, la lutte pour le maintien devrait comme d’habitude concerner la moitié du plateau. Avant le début de saison, Metz et Rodez semblaient les plus en danger, ce que confirment les premiers résultats mais ce n’est évidemment pas encore significatif après trois matchs3.

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Eseosa Aigbogun, recrue internationale suisse du PFC / photo: footofeminin.fr

Sur le plan des effectifs, quasiment toutes les équipes comptent désormais dans leur rang au moins une internationale A française et une internationale étrangère ou une joueuse recrutée à l’étranger (ces deux dernières catégories se recoupant souvent). Le premier cas est en partie la conséquence du discours de la sélectionneuse Corinne Diacre mais également de l’internationalisation croissante des effectifs des clubs de haut de tableau qui laisse moins de places aux postulantes à l’équipe de France. Au coup d’envoi de son match contre Bordeaux, Montpellier n’alignait ainsi qu’une seule joueuse sélectionnable, Marion Torrent.

Les seconds montrent que désormais tous les clubs prospectent hors de France pour chercher la perle rare, le prototype de la joueuse parfaite étant une Nord-Américaine (parce que là bas le vivier est fourni) qui parle français (pour faciliter son intégration), donc soit franco-américaine comme Danielle Tolmais passée cet été de Soyaux à Lille ou Daphne Corboz rejointe cette saison par sa sœur Rachel à Fleury, soit Canadienne comme Mélissa Roy ou Alex Lamontagne à Fleury ou Vanessa Gilles à Bordeaux4.

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Morgane Nicoli (Lille) devant Mathilde Bourdieu (PFC) / photo: footofeminin.fr

Les équipes

Bordeaux

Depuis l’absorption de l’ES Blanquefort, Bordeaux avance plus vite que ses ambitions affichées. Pour sa troisième saison en D1, les Girondines ont recruté deux internationales en attaque, Claire Lavogez qui cherche à renouer avec les Bleues et à ajouter une 36e sélection à sa collection et Viviane Asseyi qui a quitté Marseille de retour en D2 pour rester dans le groupe de Corinne Diacre. Avec quelques paris comme la Canadienne Vanessa Gilles ou la Suissesse Camille Surdez et le retour de blessure de la Brésilienne Carol Rodrigues, elles semblaient armées pour jouer la quatrième place. Les difficultés de Montpellier qu’elles ont justement battu, peuvent leur donner des idées pour monter une marche supplémentaire.

Pronostic : entre 3e et 6e

Dijon

Huit ans après avoir absorbé l’ASC Saint-Apollinaire, le DFCO arrive enfin en D1 après avoir cédé le passage à Marseille et Val d’Orge (devenu Fleury depuis) les deux saisons précédentes. Le club dijonnais a clairement décidé de ne pas retourner en D2. La perte de Pauline Cousin et Alexandra Atamaniuk est compensée par l’arrivée de sept joueuses habituées de la D1 : Marie-Aurelle Awona, Lalia Storti, Léa Declercq, Noémie Carage, Lindsey Thomas et surtout Mylène Chavas de retour en D1 et Kenza Dali de nouveau internationale. Ainsi les treize joueuses déjà titularisées cette saison par le promu avaient toutes joué au moins une saison complète de D1.

Du coup Dijon devrait avoir de la marge pour le maintien et s’annonce comme l’une des équipes les plus séduisante de la saison avec les revenantes (en D1) Tatiana Solanet et Laura Bouillot.

Pronostic : entre 5e et 10e

Fleury

Le statut de Fleury est assez paradoxal. Bien qu’il soit adossé à un club masculin depuis la fusion du FCF Val d’Orge avec le FC Fleury 91, celui-ci joue en National 2 et on peut considérer que Fleury est avec Rodez et Soyaux l’un des trois clubs amateurs du plateau5.

Pourtant le club essonnien se construit une équipes à même de rivaliser avec les autres (hors Lyon et PSG), témoin la victoire sur Montpellier. Aux Maryne Gignoux, Marine Haupais et Maéva Clémaron arrivées l’an dernier se sont ajoutées cet été des joueuses comme Kelly Gadéa et Marie-Charlotte Léger. Daphné Corboz a été rejointe par sa sœur Rachel et les Canadiennes Mélissa Roy et Alex Lamontagne.

Pronostic : entre 4e et 8e

Guingamp

Guingamp a connu une mini révolution cet été avec le départ de Sarah M’Barek qui entraînait le club depuis 2013. Elle a été remplacée par l’ancien joueur professionnel Frédéric Biancalani. Du côté de l’effectif, il n’y a pas eu de grandes manœuvres malgré de nombreux départs. Seule la capitaine Marine Pervier et la latérale Suzy Morin étaient réellement titulaires. Elles sont remplacées par deux joueuses en provenance de Rodez6, l’internationale russe Ekaterina Tyryshkina et la gauchère Fanny Hoarau, championne du monde des moins de 20 ans avec la génération Griedge Mbock.

La saison dernière avait été difficile et s’était terminée juste au-dessus de la zone rouge (mais à deux points de la cinquième place) malgré cinq joueuses appelées en équipe de France. Sur le papier, l’effectif offre beaucoup moins d’assurance que d’autres mais comme d’habitude, l’équipe Bretonne mise beaucoup sur ses jeunes pousses comme Ella Pallis, Juliette Merle ou Léonie Le Moing.

Pronostic : entre 6e et 10e

Lille

Comme Dijon et Fleury, Lille se construit une équipe capable de s’assurer un maintien tranquille7. Le LOSC est désormais entraîné par Dominique Carlier, qui partage avec Olivier Echouafni la caractéristique d’avoir entraîné en deuxième division masculine (à Wasquehal).

Kenza Dali est partie à Dijon et Charlotte Saint-Sans Levacher est retournée à Arras alors que d’autres joueuses qui n’étaient pas titulaires sont allées chercher du temps de jeu ailleurs. Le recrutement du LOSC a été très ciblé avec l’arrivée de quatre joueuses seulement qui devraient toutes être titulaires : la défenseuse centrale prêtée par Montpellier Morgane Nicoli, l’internationale M20 d’Arras Carla Polito, la milieu prêtée par le PSG Lina Boussaha et l’attaquante franco-américaine de Soyaux Danielle Tolmais qui pourrait former un duo détonnant avec Ouleymata Sarr. L’attaquante belge Jana Coryn sera par contre longuement indisponible, blessée au genou.

Pronostic : entre 5e et 8e

Lyon

Le bilan lyonnais de la première saison de Reynald Pedros est à double face. Côté pile, l’OL a remporté les deux titres majeurs, avec une large victoire en finale de Ligue des Championnes 4-1 à l’issue d’une prolongation magnifique. Côté face, il a perdu la Coupe de France qu’il détenait depuis 2012 – certes à l’issue d’un scénario rocambolesque – et il a régulièrement peiné face aux adversaires de haut niveau. En dehors d’une victoire 5-0 contre Montpellier en début de saison et de la finale de coupe d’Europe qui doit sans doute beaucoup au délire psychotique d’Alexandra Popp, les Rhodaniennes n’ont marqué qu’un seul but en trois matchs contre le PSG, pour une victoire un nul et une défaite, et n’ont marqué que quatre buts lors des quatre matchs contre Barcelone et Manchester City, restant à chaque fois à la portée de leur adversaire quasiment jusqu’au bout.

À l’intersaison l’OL a largement dégraissé son effectif. Pas moins de huit joueuses ont quitté le club (dont trois étaient déjà prêtées depuis l’hiver dernier) et trois autres ont pris leur retraite. Parmi elles, seules Camille Abily et dans une moindre mesure Kheira Hamraoui étaient régulièrement titulaires.

Elles sont remplacées par les Allemandes Lisa Weiß et Carolin Simon et par l’Anglaise Izzy Christiansen. L’effectif est donc nettement moins fourni puisqu’il passe de 27 joueuses professionnelles à 21 mais la saison dernière s’était globalement jouée à 16 donc la différence sera surtout le nombre de joueuses laissées de côté chaque week-end. Et cela devrait permettre de laisser plus de places aux jeunes joueuses comme Émelyne Laurent, Melvine Malard, Éva Kouache ou Jessy Roux.

Normalement cet effectif reste largement au-dessus des autres en France. En Europe, la marge était faible l’an dernier et les solutions de rechange sont désormais moins nombreuses d’autant que Dzsenifer Marozsan, touchée par un virus pulmonaire est absente pour une durée indéterminée et il faudra que l’entraîneur lyonnais tire le meilleur parti de son effectif.

Pronostic : 1er

Metz

À l’instar de son équipe masculine, le FC Metz semble trop fort pour la D2 mais pas assez pour la D1. Depuis 2013, l’équipe qui s’appelait alors l’AS Algrange a changé de division chaque saison. Les Grenates vont tenter de réussir à se maintenir pour la première fois, emmenées par la Brésilienne Simone Jatoba au club depuis la reprise par Metz et par Marie-Laure Delie venue se relancer en Lorraine. Comme d’habitude, les Mosellanes compteront sur leur jeunesse avec cinq joueuses qui étaient à la Coupe du monde M20 cet été8. Justine Lerond, Pauline Dechilly, Hélène Fercocq et Christy Gavory devraient jouer régulièrement et la révélation de l’été Amélie Delabre avoir un rôle de joker en attaque.

Pronostic : 11e ou 12e

Montpellier

Avant le début de saison, cette présentation aurait parlé de Montpellier concurrent du PSG pour la deuxième place, avec peut-être même un léger avantage avec une équipe expérimentée face à une équipe très jeune et renouvelée. Mais après trois journées, les Héraultaises ont déjà perdu contre Bordeaux et Fleury et même leur victoire contre Dijon a été difficile. Les points perdus seront difficiles à rattraper mais surtout Montpellier ne semble avoir aucune marge sur des équipes qui ne jouaient jusque là pas le même championnat.

Le départ de Laura Agard semblait avoir été compensé par l’arrivée de Maëlle Lakrar mais il l’est sans doute plutôt par celle de l’Autrichienne Sarah Puntigam qui permet à Anouk Dekker de se stabiliser en défense. Pour le reste, l’équipe est à peu près la même que la saison dernière et Montpellier reste le favori pour la troisième place. Mais désormais il est à la lutte avec une partie du plateau.

Pronostic : entre 3e et 6e

Paris FC

Longtemps Juvisy s’est enorgueilli d’avoir un fonctionnement différent, s’appuyant sur le « double projet », comprendre « projet footballistique et projet professionnel » pour les joueuses. Mais comme c’était prévisible, le mariage avec le Paris FC ressemble plutôt à une absorption et le club francilien est rentré dans le rang en s’alignant sur les pratiques des autres clubs. Cette saison, trois joueuses sont arrivées de l’étranger, la Suissesse Eseosa Aigbogun, la Finlandaise Linda Sällström et l’Américaine Michaela Abam. La voyageuse Alice Benoît (qui jouera là pour son sixième club de D1 ou D2 à 22 ans) complète les arrivées alors que Léa Declercq, Anissa Lahmari et surtout Aïssatou Tounkara quittent le club. Cette dernière était avec Kadidiatou Diani, désormais au PSG, le symbole de la jeunesse juvisienne. Le flambeau est désormais repris par Élisa De Almeida et Mathilde Bourdieu.

Il n’y avait peut-être pas d’autre choix mais il semble inéluctable que le PFC rentre dans le rang en entrant en concurrence avec des clubs comme Bordeaux, Lille ou Dijon qui s’appuient sur des structures masculines beaucoup plus importantes. À part Gaëtane Thiney qui n’a pas son équivalent hors Lyon et PSG, le reste de l’effectif parisien est de qualité mais ne tranche pas avec ceux des autres clubs ambitieux et la descente amorcée depuis quelques saisons semble devoir se poursuivre. Le Paris FC se battra sans doute pour la quatrième place (voire pour la troisième si Montpellier rate sa saison) mais ne pourra plus regarder le reste du peloton de haut.

Pronostic : entre 4e et 8e

PSG

C’est à un vrai changement d’époque que l’on a assisté au PSG avec l’arrêt de Laure Boulleau et le départ de Marie-Laure Delie qui suivait de six mois ceux de Laura Georges et Shirley Cruz et d’un an la retraite de Sabrina Delannoy. Il ne reste désormais plus aucune joueuse de la première saison de Farid Benstiti au club, et les départs d’Erika, de Vero Boquete et Jenni Hermoso complètent les grandes manœuvres démarrées l’hiver dernier avec Patrice Lair et poursuivie avec Olivier Echouafni.

En dehors de la Chinoise Wang Shuang, d’Irene Paredes toujours là et de Formiga qui va revenir de blessure9, l’effectif n’est plus constitué de stars internationales mais plutôt de jeunes joueuses prometteuses, qu’elles soient françaises ou étrangères. Le PSG a ainsi complété son contingent de jeunes Bleues, actuelles comme Ève Périsset, Kadidiatou Diani et Grace Geyoro ou prétendantes comme Marie Katoto et Perle Morroni en faisant venir Annahita Zamanian, particulièrement en vue lors de la Coupe du monde M20 cet été.

De même, la Polonaise Paulina Dudek et la Belge Davinia Vanmechelen arrivées l’an dernier ont été rejointes par la Danoise Signe Bruun et la Brésilienne Daiane Limeira Santos Silva.

On aurait plutôt attendu cette stratégie de la part de clubs moins riches et elle tranche avec le recrutement d’une pléthore de stars plus ou moins sur le retour qui était pratiqué jusque là. Mais en ce début de saison, elle fait la preuve de son efficacité et elle est riche de promesses d’avenir. Il reste à voir si la régularité sera au rendez-vous et si cela permettra de rivaliser avec Lyon mais la place européenne semble déjà en vue.

Pronostic : 2e

Rodez

Après avoir créé la surprise en atteignant la 5e place il y a trois ans sous les ordres de Sébastien Joseph, l’équipe ruthénoise semble plus à la peine depuis. L’an dernier, elle a fait partie du groupe d’équipes à 22 points en compagnie de Bordeaux, Fleury et Guingamp, Albi étant relégué avec 20. Mais l’impression qui demeure est que les concurrentes en question se sont plus renforcé cette saison et que le fait d’être adossé à un club dont l’équipe masculine évolue en National 1 (un cran plus haut que Fleury cependant) est un désavantage sur la durée.

Sur le papier, le principal changement est le remplacement sur le banc de Grégory Mleko par Sabrina Viguier. Mais la saison dernière, l’ancienne internationale semblait déjà jouer le rôle d’entraîneuse principale.

Outre Fanny Hoarau et Ekaterina Tyryshkina partie pour Guingamp, le RAF a aussi perdu Raquel Infante et Julie Peruzzetto. Ces départs ont été compensés par les arrivées de Suzy Morin, Sarah Chalabi et Léonie Fleury mais les deux principales recrues évoluent aux deux extrémités du terrain. Rodez a profité de la relégation des voisines albigeoises pour attirer leur meilleure joueuse l’attaquante Kimberley Cazeau et la gardienne internationale de Montpellier, barrée dans l’Hérault par Casey Murphy et Méline Gérard est venu chercher du temps de jeu dans l’Aveyron.

Pronostic : 11e ou 12e

Soyaux

Face à l’ES Blanquefort, à l’AS Saint-Apollinaire, au FC Val d’Orge, au Stade Briochin, au FC Templemars Vendeville, au FC Lyon, à l’AS Algrange, à Montpellier Le Crès, au FC Juvisy, l’ASJ Soyaux est l’un des trois clubs de D1 qui n’est pas issu de l’absorption10 d’une équipe de D1 ou D2 par un club masculin et le seul qui reste exclusivement féminin puisque le PSG et Rodez sont des clubs mixtes.

À long terme, le manque de moyen qui en découle sera fatalement préjudiciable mais jusque là le club charentais qui fêtait ses cinquante ans la saison dernière11 arrive à rester concurrentiel et ne figure pas au premier rang des équipes destinées à la relégation. L’un de ses points forts actuels est son entraîneur Sébastien Joseph.

Soyaux a perdu ses défenseuses Elba Verges et Marie-Aurelle Awona, son attaquante Danielle Tolmais repartie après six mois très convaincants et surtout Justine Deschamps, joueuse emblématique du club qui a arrêté après une dizaine d’années au club.

En contrepartie, il est allé chercher des joueuses revanchardes : les défenseuses marseillaises de l’équipe de France B Anaïs M’Bassidje et Hawa Cissoko qui restent ainsi en D1, l’attaquante historique de l’ES Blanquefort Sarah Cambot qui n’entrait plus dans le projet des Girondines de Bordeaux et la Stéphanoise Lucie Pingeon qui n’a pas confirmé jusque là les promesses de sa formation lyonnaise. Il a également attiré l’Espagnole Aina Torres arrivée de Houston en UWS (la deuxième division de la NWSL américaine).

Pronostic : entre 4e et 8e

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Anaïs M'Bassidjé et Hawa Cissoko, de Marseille à Soyaux / photo: footofeminin.fr

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Izzy Christiansen, recrue lyonnaise / photo: footofeminin.fr



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