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« Dixième journée de D1 2016-2017 – Regroupement du peloton derrière les deux échappées

Tapis et billets verts

Bilan de la première moitié de la saison de D1 2016-2017

La dernière journée des matchs aller avait été marquée par la victoire du PSG sur l’OL donnant à l’équipe parisienne l’avantage dans la course au titre. Mais avant la reprise, elle est rattrapée par une bévue administrative et se retrouve troisième derrière Lyon et Montpellier.

Les trois équipes ont profité de la réouverture du marché des transferts pour attirer plusieurs pointures internationales en provenance de championnats dont le calendrier est décalé et qui sont entre deux saisons. Alex Morgan est la plus célèbre de ces recrues mais loin d’être la seule.

Pendant ce temps, les choses se resserrent dans le reste du championnat en dehors de Metz, de plus en plus décroché.

Lors de ses dix derniers titres, Lyon n’a pas toujours basculé en tête à la fin des matchs aller. En 2011, Juvisy comptait un point d’avance malgré une défaite contre Saint-Étienne parce que Lyon avait concédé le nul contre chacun de ses trois adversaires directs. En 2009, c’était le PSG de Camille Abily et Sonia Bompastor qui était en tête mais on pressentait sa baisse de régime quand les deux joueuses retourneraient aux États-Unis. Et en 2006 pour le premier titre Lyonnais, Juvisy avait deux points d’avance pour avoir battu Lyon en début de saison.

Trois fois en dix ans Lyon a donc eu besoin d’aller chercher le titre dans la deuxième moitié de saison et si en 2009 le scénario de la baisse de régime parisienne était écrit (le PSG finira troisième derrière Juvisy), tout restait à faire les deux autres fois.

Dzsenifer Marozsán et Caroline Seger

Dzsenifer Marozsán et Caroline Seger

Cette saison, la situation est originale. En battant Lyon dans le match au sommet de la 11e journée, le PSG a terminé l’année en tête du championnat. Mais avant même la journée suivante, il a été rattrapée par une erreur administrative commise lors de la première : Sarah Palacin avait participé au match à Albi sans avoir été inscrite sur la feuille de match. La décision de la Commission fédérale des Règlements et Contentieux de la FFF a donné match gagné à Albi sur le score de 3-0. Le PSG perd même quatre points dans l’affaire puisque la défaite sur tapis vert vaut –1 point.

Le PSG ne va pas manquer de faire appel ce qui pourrait lui permettre de récupérer une partie des trois points ou de rejouer le match.

Toutefois le scénario prospectif qui voyait Lyon et le PSG remporter tous leurs matchs jusqu’à une « finale » du championnat lors de l’avant-dernière journée n’est quasiment pas modifié. Si la décision de donner match perdu au PSG est confirmée, la seule différence sera qu’un match nul sera alors à l’avantage des Lyonnaises. Mais bien sûr, elle enlève un joker au PSG pour le donner à Lyon.

En bas de classement en revanche, ces trois points permettent à Albi de revenir à deux points de Bordeaux avec deux matchs en retard contre des équipes qui redeviennent ses adversaires directs (Soyaux et Marseille). En dehors de Metz dont la situation semble déjà compromise avec huit points de retard à rattraper pour une équipe qui n’en a pris qu’un seul jusque là, tout le monde peut espérer se sauver. Et réciproquement Guingamp a pris un peu d’avance et on doute que Juvisy soit en danger mais de Rodez à Albi, tout le monde peut être en difficulté à la suite d’une mauvaise série.

Le PSG joue les filles de Lair

Pour le moment Lyon, Montpellier et le PSG se tiennent en un point et peuvent espérer remporter le titre ou jouer l’Europe mais les Héraultaises ont joué un match de plus. Si Lyon reste favori, c’est bien le PSG qui aura fait la meilleure impression en haut de tableau lors de la première moitié de saison.

Repris en main par Patrice Lair avec un effectif largement remanié, le club de la capitale a bouclé la phase aller sans encaisser de buts. Mené par ses stars internationales Cristiane et Verónica Boquete, il a aussi pu compter sur deux buteuses. En septembre et octobre, Marie-Antoinette Katoto s’est imposée comme avant centre, marquant cinq buts en cinq matchs, dont celui de la victoire contre Montpellier. Blessée au moment où elle aurait de toute façon dû partir à la Coupe du monde des moins de 20 ans, elle a été suppléée par Marie-Laure Delie qui avait commencé sa saison avec quatre buts en trois matchs et qui l’a reprise après une blessure en marquant les trois buts de la victoire contre Juvisy et l’unique de celle contre Lyon. Avec 9 buts, elle est troisième au classement des buteuses au même niveau qu’Ada Hegerberg.

Marie-Laure Delie

Marie-Laure Delie

Ces deux joueuses symbolisent assez le travail de Patrice Lair à Paris. Il a su remettre en selle des joueuses comme Marie-Laure Delie ou Laura Georges qui ne faisaient sans doute pas partie de ses premiers choix. Et il a su tirer partie de la qualité du centre de formation parisien en utilisant à plein le vivier constitué par les Marie-Antoinette Katoto, Grace Geyoro et autres Hawa Cissoko ou Perle Morroni.

Montpellier tout proche du duopole

La deuxième place de Montpellier à égalité de point avec Lyon est légèrement en trompe-l’œil puisque l’OL et le PSG ont un match en retard. Ce qui ne l’est en revanche pas, c’est la qualité des matchs que les joueuses de Jean-Louis Saez ont disputé contre leurs adversaires directs. Le but d’Anouk Dekker contre Lyon doit certes beaucoup à une saute de concentration de Wendie Renard, mais en dehors de deux éclairs en début de matchs, les Lyonnaises n’ont pas beaucoup mis en danger Laetitia Philippe lors de leur victoire 2-1.

Linda Sembrant

Linda Sembrant

Le MHSC recevra ses deux concurrents lors de la phase retour ce qui pourrait lui permettre de se mêler à la course. Fin février on saura s’il s’agissait seulement d’une belle résistance : Montpellier aura joué quatre matchs de championnats dont les réceptions du PSG, de Lyon et de Juvisy. Une victoire contre l’un des deux premiers cités1 placerait les Pailladines en très bonne position pour l’Europe, voire pour le titre suivant le résultat de Lyon-PSG en fin de saison.

Guingamp reprend sa route

Il y a dix-huit mois, Guingamp sortait d’une cinquième place – la deuxième de suite – à quelques points seulement de Juvisy et Montpellier et semblait partie pour être plutôt le cinquième membre du quatuor de tête que le premier de « l’autre championnat ». Mais le départ de Griedge Mbock, suivie de ceux d’Audrey Février, Charlène Gorce, Ellie Hamon, Maud Hurault et Fatoumata Baldé, avait semblé déstabiliser le club qui l’an dernier est resté sous la menace de la relégation quasiment jusqu’au bout.

Après une nouvelle saignée avec les départs d’Emmeline Mainguy, Marion Boishardy, Aminata Diallo, Noémie Carage, Mélissa Plaza, Laura Douessin et Clarisse Le Bihan, Guingamp semble reparti du bon pied avec des jeunes du crû encadrées par des joueuses expérimentées. L’arrivée de Nîmes de Marine Pervier a stabilisé l’entrejeu et l’épine dorsale constituée de Charlotte Lorgeré, Salma Amani et Desire Oparanozie permet à l’EAG de virer à mi-saison à la quatrième place en bénéficiant de la sortie de route de Juvisy, qui avait justement commencé dès la première journée par une défaite au stade Fred-Aubert.

Marseille a pris son temps

Marseille n’est pas un promu comme les autres, même cette saison où ses compagnons d’ascension sont également adossés à des clubs professionnels masculin. Le projet marseillais est ambitieux depuis son lancement et l’effectif de l’OM est constitué principalement de joueuses habituées à la D1. On avait donc d’autres attentes pour Marseille que pour Metz ou Bordeaux. Et pendant longtemps elles ont été déçues.

Après un nul à Bordeaux et une courte défaite assez encourageante contre le PSG, les Marseillaises ont enchaîné quatre défaites et un nul arraché contre Rodez à l’issue de prestations peu abouties.

Le tournant est intervenu avec la réception de Juvisy qui a vu la victoire des Marseillaises à l’issue d’un match qu’elles ont plutôt dominé. Si la victoire à Metz s’est ensuite apparenté à un minimum vital – tout le monde bat Metz – les joueuses de Christophe Parra ont terminé l’année en allant s’imposer sereinement à Feurs contre Saint-Étienne.

Dynamique opposée

Saint-Étienne a connu une trajectoire à peu près inverse. Après un nul à Rodez, les joueuses d’Hervé Didier sont allé s’imposer très largement à Bordeaux dans le sillage d’une Maëlle Garbino intenable. Mais la suite a été moins brillante. Les défaites contre Lyon et Montpellier ne sont pas en cause. Mais l’ASSE n’a remporté que le match contre Metz, concédant le nul dans toutes les confrontations directes contre Soyaux, Guingamp et Albi avant donc de perdre contre Marseille. Le potentiel pourtant assurément là mais Saint-Étienne peine saison après saison à le convertir au classement. Et si les Vertes comptent deux matchs en retard, ils se joueront contre Juvisy et le PSG.

Soyaux pas payé

Le bilan de Soyaux est également en demi-teinte. Les Charentaises n’ont perdu que contre le quatuor de tête supposé2 mais elles n’ont remporté que deux matchs contre des promus. Face à Bordeaux, elles ont été mené deux fois au score avant de le renverser ; contre Marseille c’est Vivane Asseyi qui avait ouvert la marque et Pamela Babinga n’a donné la victoire aux Bleues que dans les arrêts de jeu.

Julie Thibaud

Julie Thibaud

Les Sojaldiciennes ont concédé le nul lors des quatre autres matchs. Elles sont en particulier les seules à avoir laissé un but et un point à Metz.

Pourtant, en dehors du match d’ouverture contre Lyon, elles n’ont jamais été dépassées et n’ont concédé de défaite par deux buts d’écart que contre le PSG et Montpellier. Le retour de Lydia Belkacemi puis celui de Gwendoline Djebbar pourraient donner à Soyaux de quoi faire basculer ces matchs en sa faveur.

Lyon perd la tête

Lyon est actuellement en tête du championnat avec 52 buts marqués et 4 encaissés. L’intégration de sa recrue star du début de saison Dzsenifer Marozsán se passe au mieux, l’Allemande devrait postuler au titre de meilleure joueuse de la saison. On n’en dira pas autant de la colonie parisienne où Caroline Seger a certes une place de titulaire et où Jessica Houara se retrouve à un étrange poste de défenseuse centrale mais où Kenza Dali a été à nouveau blessée et où Kheira Hamaroui ne joue quasiment pas.

Pourtant il semble qu’un grain de sable se soit glissé dans la belle mécanique. La défaite contre le PSG n’en est peut-être que le symptôme, le match précédent contre Montpellier n’ayant pas été d’une très grande qualité alors qu’il s’agissait des deux parties où l’OL doit faire la preuve de son talent.

La suite de la saison montrera3 s’il ne s’agissait que de la fatigue d’une trop longue année pour des joueuses dont beaucoup étaient à Rio (mais pas Ada Hegerberg dont la première moitié de saison n’est pas au niveau de la précédente).

La difficulté pour Lyon est que son effectif est largement surdimensionné pour à peu près tous les matchs qu’il doit jouer en France ou en Europe et qu’il n’est donc jugé que sur les quelques matchs au sommet comme ceux contre Montpellier ou le PSG.

Rodez, la saison d’après

Comme Guingamp l’a expérimenté, la saison qui suit une prometteuse cinquième place peut être difficile surtout si on perd une bonne partie de sa défense. Rodez a perdu en début de saison Marine Haupais, partie à Montpellier et son alter-ego Manon Alard n’a joué que 19 minutes jusque là. Habitué l’an dernier à aligner une équipe type très stable, Sébastien Joseph doit cette année tâtonner pour trouver un équilibre. Son équipe a réussi à battre les trois derniers et à obtenir le nul contre les trois précédents, confirmant ainsi son profil de l’an dernier où elle avait principalement pris ses points dans les matchs à sa portée plutôt que de faire des exploits contre les équipes de tête. Cela lui permet de se trouver à la sixième place mais en étant la seule équipe avec Bordeaux et Montpellier à compter onze matchs. Les matchs en retard de Marseille et Soyaux étant contre Albi, la probabilité de voir Rodez huitième assez vite n’est pas mince. Mais le fait de ne pas vraiment se sentir concerné par la relégation est déjà une victoire pour le RAF.

Bordeaux continue d’y croire

Malgré le maillot marine au scapulaire et le match contre Rodez au Grand Stade, Bordeaux est un promu sans expérience. Quelques joueuses ont connu la D1 mais l’expérience de son effectif n’a rien à voir avec celle de Marseille et même de Metz.

C’est à l’aune de ce constat qu’il faut analyser la première moitié de saison des Girondines. Leur objectif est clairement le maintien et s’il doit être obtenu à la différence de buts lors de la dernière journée, la saison sera une grande réussite.

Andrea Lardez

Andrea Lardez

Les coéquipières de Sarah Cambot ont fait l’essentiel en battant à l’extérieur les deux autres équipes présumées les plus faibles, Albi et Metz. Elles ont cédé lourdement contre Lyon et le PSG mais aussi contre Saint-Étienne mais elles ont aussi su résister contre Marseille, Guingamp et surtout Juvisy lors du dernier match pour obtenir autant de matchs nuls, nettement plus rentable que d’avoir limité la casse à chaque fois4.

Bien entendu, malgré la satisfaction de finir l’année en dehors de la zone de relégation, tout reste à faire lors de la phase retour puisque Bordeaux n’a pris aucune marge sur ces adversaires, étant même l’une des rares équipes qui ne compte aucun match en retard.

L’incertitude albigeoise

Albi n’a battu que Metz cette saison grâce à un but en contre et en fin de match de Tatiana Solanet (le seul pour l’ASPTT jusque là). Il n’a obtenu qu’un nul 0-0 contre Saint-Étienne. Autant dire que les trois points obtenus sur tapis vert contre le PSG sont les bienvenus. Mais à vrai dire on voit mal comment le club albigeois pourrait s’en sortir.

Bien sûr, il compte encore deux matchs en retard et ils se joueront contre des adversaires directs pour le maintien. Mais ce type de match n’a pas apporté de points jusque là cette saison.

L’effectif n’a pourtant pas beaucoup bougé depuis l’an dernier en dehors du remplacement de la gardienne portugaise Patricia Morais par Cindy Perrault. Kimberley Cazeau qui portait l’attaque albigeoise l’an dernier n’a pas encore trouvé le chemin des filets.

Albi devra clairement retrouver au moins son niveau de jeu de la saison passée pour espérer se maintenir, avec une forte incertitude sur les trois points du match contre le PSG qui resteront indécis jusqu’à l’épuisement des recours.

Metz déjà en D2

À la 92e minute du match contre Soyaux, Simone Jatoba est venu dribbler Romane Munich pour égaliser pour Metz. Cette action pour revenir dans un match que Soyaux aurait largement dû gagner est à peu près la seule note positive de la première moitié de saison messine.

L’équipe grenat ne compte que des défaites, en général par au moins trois buts d’écarts – l’une des plus encourageantes étant celle contre Lyon, conclue seulement sur le score de 3-0. Et même les deux défaites d’un seul but sont finalement plutôt inquiétantes puisqu’elles ont été concédées face aux concurrentes directes d’Albi et de Bordeaux dans les dernières minutes des matchs, comme si Metz avait moins de ressources mentales pour tenir en fin de match que ses principales adversaires directes.

Avec seulement un point pris en dix matchs, il faudrait un miracle pour en rattraper huit. Finir la saison à la hauteur actuelle d’Albi ou de Bordeaux serait déjà un exploit.

L’annus horribilis de Juvisy

Quatre défaites et un nul en une demi-saison, cela n’était jamais arrivé à Juvisy depuis la création de la D1 à poule unique en 1992. L’équipe essonnienne a terminé quasiment comme elle avait commencé en concédant le nul sur sa pelouse contre une équipe de Bordeaux vaillante mais limitée. Elle était certes privée de Gaëtane Thiney blessée, mais comme cette dernière jouait depuis quelques semaines à un étrange poste de milieu relayeuse, il n’est pas sûr que cela ait constitué un handicap très important.

Juvisy visait clairement le titre ou au moins une place européenne en début de saison. Le recrutement de Clara Matéo mais aussi d’Estelle Cascarino et Léa Declercq était une bonne manière de rajeunir un peu un effectif vieillissant et de préparer l’avenir avec les jeunes joueuses déjà au club comme Théa Gréboval, Aïssatou Tounkara ou Kadidiatou Diani.

Mais la mécanique tourne à vide et Juvisy ne se contente plus de ne pas battre les équipes de tête, il perd désormais contre les autres. Il peut ne s’agir que d’une mauvaise passe mais le club a jusque là beaucoup bénéficié de son image de club de haut de tableau pour attirer des joueuses intéressées par le challenge. En finissant en milieu de tableau, cette image pourrait être écornée et il n’est pas sûr que certains espoirs ne préfèrent pas aller dans des filiales de clubs pros où les salaires sont plus attractifs.

Juvisy compte deux matchs en retard mais cela ne constitue qu’un maigre espoir dans un championnat où presque tout le monde en compte au moins un et où dans ceux-là, il y a la réception de Lyon.

Le mercato

Lors de la période de trêve hivernale, les clubs ont à nouveau la possibilité d’engager des joueuses. Les transferts entre équipes de D1 sont impossibles puisqu’une joueuse ne peut pas jouer pour deux clubs différents dans la même compétition. Cela empêche par exemple des joueuses en manque de temps de jeu dans un club du haut de tableau d’aller en chercher ailleurs en D1.

Il est par contre un terrain de chasse qui a particulièrement intéressé les clubs du trio de tête. En dehors de la France et de l’Allemagne, les principaux championnats ont un calendrier calé sur l’année civile5. Les (nombreuses) joueuses concernées sont donc entre deux saisons et la tentation est grande pour les clubs français (et allemands) d’engager tout de suite celles qui les intéressent sans attendre leur propre fin de saison qui serait peut-être trop tard.

C’est la raison pour laquelle la recrue star du championnat de France et du football européen, Alex Morgan, arrive à ce moment de la saison. Sa saison avec Orlando est terminée (depuis le mois d’octobre) et son contrat avec la fédération américaine vient également de s’achever6.

Si l’arrivée de l’Américaine a été la plus médiatisée, elle est loin d’être la seule. Se trouvant sans doute trop démuni en défense centrale avec les Wendie Renard, Gridge Mbock, Saki Kumagai et Corine Petit7, au point d’y faire jouer régulièrement Jessica Houara, Lyon a recruté l’Allemande Josephine Henning en provenance d’Arsenal (et passée par le PSG) et la Canadienne Kadeisha Buchanan annoncée un peu partout à 21 ans comme la future meilleure défenseuse du monde en concurrence avec Griedge Mbock.

Kadeisha Buchanan

Kadeisha Buchanan

Le nombre de joueuses extra-communautaires sous contrat étant limité à trois, Lyon a même dû prêter Erin Nayler, sa troisième gardienne néo-zélandaise au Grenoble Foot 388 pour libérer une place aux deux Nord-Américaines.

S’il y a une rationalité dans ces arrivées, cela signifie sans doute que l’OL prévoit du mouvement en fin de saison avec d’éventuels envies de départ de Wendie Renard et Saki Kumagai. Et que sinon, toutes les arrivantes ne resteront pas : Josephine Henning n’a un contrat que pour six mois9. Son maintien dans l’effectif dépendra certainement autant de la situation de l’effectif en fin de saison que de son adaptation à l’équipe.

Ces recrutements renforcent bien entendu la position de favori de Lyon en France et en Europe, à condition que le sureffectif ne vienne pas créer des tensions chez celles des 22 internationales A en activité qui non seulement ne joueront plus les matchs importants, mais qui ne joueront sans doute pas beaucoup les autres et fréquenteront plus les tribunes que le banc.

Le retour d’Amandine Henry

Les adversaires de Lyon ne sont pas restés inactifs pendant ce temps10. Le PSG a renouvelé l’expérience de faire revenir un joueuse pendant la trêve du championnat américain, méthode qui lui avait réussi avec Camille Abily et Sonia Bompastor, ce qui avait marqué l’entrée du PSG parmi les équipes de tête, avant même l’arrivée de QSI.

Cette fois, c’est Amandine Henry qui revient. Sans doute plus proche de Patrice Lair que de Gérard Prêcheur, elle arrive dans un club où son apport pourra être utile pendant trois mois. Et il semble déjà prévu qu’elle revienne définitivement de Portland au PSG après la prochaine saison NWSL en octobre prochain.

Ashley Lawrence au duel avec Amandine Henry

Ashley Lawrence au duel avec Amandine Henry

Elle n’est pas seule à traverser l’Atlantique vers Paris puisque le PSG a aussi recruté la Canadienne Ashley Lawrence qui avait été particulièrement en vu lors des Jeux Olympiques. Gauchère capable de jouer aussi bien latérale qu’attaquante, elle vient renforcer un côté qui était certes occupé principalement par la droitière Ève Périsset depuis le début de saison, mais où Perle Morroni est de retour et Laure Boulleau ne tardera pas.

La filière suédoise de Montpellier

Montpellier a également fait son marché outre-atlantique en rapatriant la Belge Janice Cayman bien connue en D1 pour avoir passé cinq saisons à Juvisy. Elle était partie en fin de saison dernière pour tenter l’aventure américaine au Western New York Flash. L’expérience n’a pas été très concluante et la joueuse a choisi de revenir en Europe pour préparer au mieux le prochain Euro auquel participera la Belgique pour la première fois et qui se déroulera presque à domicile. Les dirigeants montpelliérains ont flairé la bonne affaire et ont su l’attirer.

Stina Blackstenius

Stina Blackstenius

Depuis le passage de Josefine Öqvist, Montpellier a pris l’accent suédois. Sa capitaine est Linda Sembrant et sa meilleure buteuse Sofia Jakobsson. Il va l’avoir encore un peu plus avec l’arrivée de Stina Blackstenius. Championne d’Europe des moins de 19 ans l’an dernier, la joueuse de Linköpings était annoncé dans tous les meilleurs clubs allemands et anglais. Avant-centre et buteuse, elle aussi fait partie des futures stars mondiales annoncées et son arrivée chez un club vu comme « le troisième de D1 » qui ne joue donc pas régulièrement l’Europe11, est un indicateur intéressant de l’attractivité du championnat.

À deux vitesses

L’intérêt éventuel des joueuses n’est pas tout, il faut aussi avoir les moyens de les recruter. Le mercato est clinquant pour les plus riches, il est un peu moins agité chez les autres. Il faut dire que quand on ne peut pas payer des stars internationales, il faut miser sur des joueuses de divisions inférieures ou acceptant de venir de l’étranger à des conditions financières nettement moins avantageuses qu’à Lyon, Paris ou Montpellier.

Guingamp a choisi la première solution en faisant revenir Léa Le Garrec de Saint-Malo. L’histoire retiendra qu’elle aura justement joué son premier match pour son retour contre l’équipe malouine en Coupe de France et qu’elle aura marqué un doublé.

Albi et Soyaux ont cherché à l’étranger des solutions permettant de compenser le départ de l’une de leur joueuse. Après le départ pour Dijon de Tatiana Solanet, Albi est allé chercher à l’Étoile Rouge de Belgrade la meneuse de l’équipe de Serbie Milica Mijatovic. Il a aussi recruté la nîmoise Laurie Saulnier.

De son côté, Soyaux à compensé le retour aux États-Unis de Madison Krauser en recrutant Anne-Laure Davy en provenance de l’Angleterre et de Watford (WSL 2, deuxième division du championnat anglais). Il s’agit d’une française passée par les États-Unis avant l’Angleterre.

Résultats

11e journée

Juvisy-Bordeaux 0-0

Metz-Guingamp : reporté

PSG-Lyon 1-0 : Delie (83’)

Rodez-Albi 1-0 : Lemaître (71’ pen.)

Saint-Étienne-Marseille 0-2 : Lozé (32’), Asseyi (56’)

Soyaux-Montpellier 0-2 : Jakobsson (9’), Thomas (18’)

7e journée

Montpellier-Albi 7-0 : Jakobsson (34’, 72’, 81’, 88’), Toletti (42’), Dekker (78’), Thomas (83’)

Classement

Classement général
Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 27 10 9 0 1 52 4 48
2 Montpellier 27 11 9 0 2 33 5 28
3 PSG 26 10 9 0 1 25 3 22
4 Guingamp 15 10 4 3 3 13 18 -5
5 Juvisy 13 9 4 1 4 23 9 14
6 Rodez 12 11 3 3 5 12 30 -18
7 Marseille 11 10 3 2 5 12 22 -10
8 Saint-Étienne 10 9 2 4 3 13 12 1
9 Soyaux 10 10 2 4 4 10 22 -12
10 Bordeaux 9 11 2 3 6 7 30 -23
11 Albi 7 9 2 1 6 4 20 -16
12 Metz 1 10 0 1 9 1 30 -29


2 commentaires pour “Tapis et billets verts”

  1. Bonne année CHR!
    J’en profite pour te remercier pour ces comptes-rendus.
    Sinon, pour le match perdu par pénalité, on en parlait depuis longtemps (j’avais fait un commentaire en forme de clin d’oeil lors du CR de la 3e journée).
    Sinon j’ai vu que le PSG a gagné 19-0 en coupe. Quelle mentalité de m… (ceux qui doivent comprendre comprendront!)

  2. au passage, parmi les matches en retard, l’ASSE a battu Juvisy 2-0

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