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Demi-finales des JO de Rio 2016

Les demi-finales du tournoi féminin de football au Jeux Olympiques de Rio ont confirmé que la compétition ne serait pas un sommet du jeu. Les deux finalistes ont éliminé une équipe qui les avait battues au premier tour confirmant la règle qui veut qu’on ne bat pas deux fois la même équipe dans un tournoi.

La finale se disputera entre l’Allemagne et la Suède, deux équipes qui n’avaient pas vraiment convaincu pour leur entrée. La forte coloration de D1 des deux finalistes ne fera qu’aviver les regrets des Françaises.

Le nombre de but marqué n’est pas l’unique indicateur de la qualité du jeu pratiqué dans une compétition mais il n’est pas tout à fait anodin de n’avoir vu que six buts dans les six matchs à élimination directe déjà joués. La moyenne du premier tour était de trois buts par match, certes aidée par les score de ceux du Zimbabwe1. Mais depuis seule l’Allemagne est parvenue à marquer deux buts dans un match, lors de la demi-finale contre le Canada. Et en dehors de la Mannschaft (mais c’était contre le Zimbabwe), les équipes qui avaient présenté les prestations les plus abouties au premier tour ont été incapables de les reproduire ensuite pour s’imposer.

Marta et Lotta Schelin s'affrontent depuis plus d'une décennie.

Marta et Lotta Schelin s'affrontent depuis plus d'une décennie.

Les États-Unis et la France avaient montré de belles choses en poule mais ont été totalement stériles en quart de finale. De même le Brésil qui avait commencé en trombe en passant huit buts à la Chine et à la Suède, pas exactement des faire-valoir, n’a plus marqué lors des trois matchs suivant. Ironiquement, c’est exactement le parcours opposé de son équipe masculine qui avait commencé par deux 0-0 avant de passer la marche avant en marquant douze buts en trois matchs pour atteindre la finale.

Au-delà du fait qu’il ne faut bien sûr jamais tirer de conclusion définitive au bout de deux match, c’est aussi symptomatique du fait que plus encore que dans un Euro ou une Coupe du monde où les matchs sont plus espacés avec un effectif plus étoffé, il est quasiment impossible de commencer et de finir fort dans un format comme ce tournoi olympique.

Les revanches aux revanchardes

Cette évolution des états de forme explique sans doute en partie pourquoi quand une affiche se reproduit dans une compétition, le résultat du premier match est rarement confirmé par le second. Les deux demi-finales ont été des revanches de matchs du premier tour et dans les deux cas, l’équipe qui avait perdu la première manche s’est qualifiée pour la finale.

Paradoxalement, la Suède avait été plus convaincante dans le jeu au premier tour lors de la défaite 5-1, au moins avant d’encaisser deux buts coup sur coup. En demi-finale, elle a défendu et résisté aux nombreuses attaque des coéquipières de Marta, ne procédant que par de rares contre attaques et semblant attendre la séance de tirs aux buts. Son bilan est donc d’une courte victoire contre l’Afrique du Sud, d’une défaite contre le Brésil et de trois matchs nuls.

Et grâce aux nerfs de ses tireuses de pénalties elle se retrouve en finale olympique pour la première fois avec l’une des équipes les plus faibles de son histoire alors qu’elle avait jusque là participé à toutes les éditions sans jamais obtenir de médaille. On verra là l’influence de Pia Sundhage qui sait bien sûr comment gérer les Jeux Olympiques où elle visera une troisième victoire consécutive avec deux équipes différentes.

Silvia Neid

Silvia Neid

La finale opposera les deux sélectionneuses les plus expérimentées du plateau. Silvia Neid n’a jamais remporté les Jeux mais elle a ramené la médaille de bronze en 2008 et elle a remporté une Coupe du monde et deux Euros.

Sa Mannschaft n’a pas réédité son erreur du premier tour contre le Canada. Après avoir à nouveau ouvert le score sur un pénalty de Melanie Behringer, elle n’a cette fois-ci pas laissé les joueuses à la feuille d’érable revenir dans la partie. Ces dernières souffrent sans doute également de la longueur du tournoi et de la répétition des matchs. Déjà contre la France, elles n’avaient pas vraiment été en mesure de se procurer beaucoup d’occasions et n’avaient dû leur salut qu’à l’incapacité des Bleues à faire mieux.

Déjà une finale mondiale et une finale européenne

Allemagne-Suède, c’est une finale qui fleure bon le début des années 2000. C’était l’affiche de l’Euro 2001 et de la Coupe du monde 2003. À chaque fois c’est l’équipe allemande qui s’était imposée. Elle partira encore favorite de cette opposition européenne, la première en finale des Jeux Olympiques où la Norvège était jusque là la seule équipe européenne à être arrivée. Mais entre deux équipes très expérimentées – trop croyait-on – où plusieurs joueuses font sans doute leur dernier tour de piste en sélection comme Lotta Schelin ou Anja Mittag et sont loin du niveau qui a fait leur gloire, on se gardera d’avoir trop de certitudes. Il est probable que la victoire ne passera pas par le jeu. La Suède a bâti son parcours aux tirs aux buts et il est symbolique que la meilleure buteuse allemande – et quasiment la seule de le phase à élimination directe – soit Melanie Behringer.

Résultats

Brésil- Suède 0-0 (3 t.a.b. à 4)

Canada- Allemagne 0-2

Des regrets pour les Bleues

Les Bleues sont déjà rentrées à la maison mais la suite de la compétition n’est pas totalement dénuée d’enseignements pour la France.

En premier lieu, la grande médiocrité d’ensemble dans le jeu dans cette phase à élimination directe ne donne finalement pas entièrement tort à Philippe Bergerôo dans son choix d’un jeu très restrictif. D’ailleurs il était loin d’être le plus fermé de l’ensemble des participants. Mais dans un format de compétition aussi compact, il était sans doute nécessaire de pouvoir jouer à l’économie. Par contre dans ce cas, les choix de joueuses et de rotation n’ont sans doute pas été en accord avec cet objectif.

Ensuite la Suède a fini la demi-finale avec une majorité de joueuse qui avait joué cette saison en D1 : Caroline Seger, Lisa Dahlkvist et Kosovare Asllani au PSG, Linda Sembrant et Sofia Jakobsson à Montpellier et Lotta Schelin à Lyon. Si les Montpelliéraines et Caroline Seger ont plutôt donné satisfaction, les autres Parisiennes sont reparties sans être tellement regrettées et Lotta Schelin aura géré sa fin de parcours dans l’ombre d’Ada Hegerberg. Bref, il ne s’agit pas de joueuses qui ont éclaboussé cette saison la D1, signe que le niveau individuel des joueuses suédoises n’est certainement pas supérieur à celui des joueuses françaises. Et que ce qu’ont fait les scandinaves, les Bleues auraient dû pouvoir le faire.

Le même genre de remarque pourrait être fait avec Anja Mittag, fantômatique à Paris et indéboulonnable en sélection ou Annike Krahn, partie en début de saison, lassée d’occuper le banc parisien mais toujours régulièrement titulaire pour Silvia Neid.



Un commentaire pour “Demi-finales des JO de Rio 2016”

  1. [...] Théorème démontré lors de la Journée 11 et signalé par ailleurs s’est encore vérifié dans les finales de sports [...]

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