Ni buts ni soumises » Première journée des JO de Rio 2016

« La ruée vers l’or

Deuxième journées des JO de Rio 2016 »

Première journée des JO de Rio 2016

Première journée presque sans surprises pour le tournoi de football des Jeux Olympiques de Rio. Le Canada a surpris l’Australie et la Suède a peiné pour venir à bout de l’Afrique du Sud. Sinon la logique a été respectée et prépare au mieux les chocs de la deuxième journée qui verra s’affronter les favorites dans chaque groupe.

Dans le camp français, les Bleues ont pris leur revanche de la Coupe du monde contre la Colombie à l’issue d’une prestation nette et sans bavure. Toutefois, c’est l’équipe type qui a été mise à contribution contre l’adversaire supposé le plus faible ce qui est peut-être risqué dans une compétition au rythme aussi soutenu.

C’est peut-être parce que la compétition ne dure que quinze jours mais il a semblé que presque toutes les équipes étaient conditionnées pour être en forme dès le premier match. Là où on voit souvent en Coupe du monde des favorites qui montent en régime en utilisant le premier tour comme un tour de chauffe, la première journée du tournoi de football des Jeux Olympiques de Rio n’a pas donné cette impression. Pourtant la qualification des deux tiers des participantes pour le tour suivant laisse le droit à l’erreur. Mais les quarts de finales étant programmés moins de dix jours après l’ouverture et la finale à peine une semaine plus tard, il est sans doute moins difficile de conserver un état de forme optimale pendant toute la compétition que quand elle dure un mois comme la Coupe du monde.

Souvent dans une phase finale, les surprises du premier tour viennent du nivellement des valeurs entre des équipes qui ciblent le premier tour et sont déjà au maximum, et d’autres qui visent plus loin et ne sont pas encore prêtes. C’est peut-être une raison pour laquelle il n’y a eu d’indécision pour aucun match de la première journée de ces Jeux, et quasiment aucune surprise.

Ashley Lawrence félicite Janine Beckie pour son but.

Ashley Lawrence félicite Janine Beckie pour son but.

Preuve en est, le résultat le plus étonnant est la victoire de l’équipe qui était médaille de bronze il y a quatre ans. Face à l’Australie, le Canada a obtenu une victoire qui l’envoie quasiment en quarts de finales. Pourtant bien des éléments ont joué contre les Nord-américaines : elles ont joué en infériorité numérique pendant plus d’une heure face à l’une des équipes qui monte et elles ont même manqué un pénalty en fin de match. Mais elles ont aussi bénéficié d’une erreur de relance entre Laura Alleway et Alanna Kennedy dès la première minute qui a permis à Christine Sinclair de servir idéalement Janine Beckie pour commencer avec un avantage d’un but. Puis une certaine forme de naïveté australienne a permis de conserver se score jusqu’à une contre-attaque où la même Christine Sinclair a doublé la mise.

Le Brésil en favori

L’autre demi-surprise est la difficulté qu’a eu la Suède pour venir à bout de la résistance de l’Afrique du Sud. Il a fallu une faute de main de Roxanne Barker pour permettre à Nila Fischer de marquer à l’issue d’un cafouillage. L’essentiel a été fait et ce qui inquiète le plus les Suédoises est plutôt la forme affichée par leurs futures adversaires brésiliennes. Les Auriverdes ont montré tout l’intérêt de jouer à domicile. Outre le soutien du public, leur fédération leur a pour une fois donné les moyens de se préparer. C’est la Chine qui en a fait les frais pour le premier match. La lourde défaite face à un adversaire qui s’est positionné comme un candidat à une médaille pourrait vite être un problème : avec la victoire du Canada et la résistance de la Nouvelle-Zélande contre les États-Unis, les trois buts encaissés pourraient peser lourd dans la course à l’une des meilleures troisièmes places. Et le match des Sud-Africaines montre qu’elle ne sont pas venues pour permettre à leurs adversaires de soigner leur différence de buts.

Les Zimbabwéennes ne sont sans doute pas non plus là dans ce but mais la différence était trop importante avec l’Allemagne. Toutefois, Kudakwashe Bhasopo a réduit le score à 2-1 en début de deuxième période ce qui est une belle performance. Non seulement ce but permettait de sauver l’honneur (et il est le seul inscrit par une équipe battue) mais il est intervenu alors que le score n’était que de 2-0 et avant que les Allemandes ne puissent être vraiment relâchées.

Résultats et classements

Groupe E

Suède- Afrique du Sud 1-0

Brésil- Chine 3-0

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Brésil 3 1 1 0 0 3 0 3
2 Suède 3 1 1 0 0 1 0 1
3 Afrique du Sud 0 1 0 0 1 0 1 -1
4 Chine 0 1 0 0 1 0 3 -3

Groupe F

Canada- Australie 2-0

Zimbabwe- Allemagne 1-6

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Allemagne 3 1 1 0 0 6 1 5
2 Canada 3 1 1 0 0 2 0 2
3 Australie 0 1 0 0 1 0 2 -2
4 Zimbabwe 0 1 0 0 1 1 6 -5

Groupe G

États-Unis- Nouvelle-Zélande 2-0

France- Colombie 4-0

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 France 3 1 1 0 0 4 0 4
2 États-Unis 3 1 1 0 0 2 0 2
3 Nouvelle-Zélande 0 1 0 0 1 0 2 -2
4 Colombie 0 1 0 0 1 0 4 -4

La revanche des Bleues

Les Bleues sont bien entrées dans leur compétition en jouant à fond leur match contre la Colombie contrairement à l’an dernier. L’avertissement reçu au Canada a donc été entendu même si on ne jurerait pas que ça ne soit qu’une bonne chose.

Lors de la Coupe du monde, la défaite était venue en grande partie de la rotation dans la composition et d’un relâchement après la victoire dans le match au sommet du groupe contre l’Angleterre. Cette fois les circonstances ont été nettement plus favorables avec un but marqué d’entrée de jeu plutôt que concédé sur une incompréhension sur une touche favorable mais les Bleues ont surtout joué à fond avec leur équipe type.

Les Bleues ont bien entamé leurs Jeux Olympiques.

Les Bleues ont bien entamé leurs Jeux Olympiques.

Mais comme le rappelait Gilles Eyquem, le sélectionneur de l’équipe de France M-19 à l’issue du récent titre de championne d’Europe, pour aller au bout dans une compétition de ce genre, il faut faire tourner pour répartir la fatigue et pour concerner tout le monde. C’était sans doute ce que visait Philippe Bergerôo il y a un an et qu’il aura sans doute du mal à faire cette fois. Au prochain match, ce sont les États-Unis qui se présentent et à moins de faire complètement l’impasse sur le match, il alignera à peu près la même équipe. Ce qui ne laissera que le dernier match contre la Nouvelle-Zélande pour faire tourner.

Et encore, quel que soit le résultat de la confrontation face aux Américaines, le dernier match aura un gros enjeu : en cas de victoire1, il serait dommage de la galvauder et de s’éviter une confrontation en quart face à l’Allemagne. Et en cas de défaite, la qualification ne serait sans doute pas complètement assurée.

Dans cette optique, les changements sont intervenus très tard. Il aurait sans doute été envisageable de mettre au repos beaucoup plus tôt une ou deux joueuses puisque la France menait 3-0 à la mi-temps. Mais le staff a sans doute confiance dans sa préparation physique et dans la capacité de ses joueuses à disputer 6 matchs de haut niveau en 15 jours (et 4 matchs en 10 jours dont il faut absolument remporter le quatrième).



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