Ni buts ni soumises » Où joue-t-on en D1 ?

« Rodez, l’équipe de la saison

Des lionnes contre les louves, la revanche »

Où joue-t-on en D1 ?

La Division 1 a déjà joué au Parc des Princes, à Gerland, à Geoffroy-Guichard ou à la Mosson. Mais ce n’est pas son quotidien. La plupart des stades qui accueillent les matchs sont assez loin des standards de ceux des clubs professionnels masculins et cela les rend sans doute d’autant plus agréable avec un proximité et une simplicité qui a un peu disparu ailleurs.

La demi-finale de Ligue des Championnes entre l’OL et le PSG se sera jouée au Parc OL et au Parc des Princes, deux des plus grands stades de France. Si les Lyonnaises sont sans doute amenées à en faire une habitude puisque ce stade succède à Gerland où elles avaient jusqu’au tour précédent joué tous leurs matchs à domicile en Coupe d’Europe et plusieurs affiches de championnat par saison1, c’est plus exceptionnel pour les Parisiennes qui n’avaient eu ce droit que l’an dernier contre Glasgow (et une fois il y a six ans en D1). Mais de toute façon, ce genre de stade n’est pas le quotidien des joueuses de D1.

Le règlement de la FFF impose aux équipes de D1 de disposer d’un stade au moins de niveau 42 (sur 6). Dans la classification des installations sportives, cela correspond au minimum requis pour la CFA2 ou la DH masculine. L’affluence moyenne étant autour de 650 spectateurs depuis cinq saisons3, il n’y a sans doute pas besoin de trop grands stades en général d’autant plus que ce chiffre est fortement tiré vers le haut par quelques rares affluences au-delà de 7 000 ou 10 000.

Des équipements partagés

Si les clubs masculins se plaignent de ne pas être propriétaires de leur stade, ils en sont en général l’utilisateur principal et en définissent l’agenda. Ce n’est pas le cas pour les clubs de D1 qui ne sont souvent qu’un utilisateur parmi d’autre. Le PSG a dû recevoir Montpellier au Camp des Loges parce que Charléty était occupé par une compétition d’athlétisme. Juvisy est désormais le club résident du stade Robert-Bobin de Bondoufle mais il a été obligé de retourner dans son historique Stade Georges-Maquin pour accueillir Soyaux, là aussi parce qu’une réunion d’athlétisme était prévu ce week-end là. Rodez a régulièrement avancé ses matchs au samedi, le Stade Paul-Lignon étant occupé le dimanche par l’équipe de rugby du Stade Rodez Aveyron.

Laurie Cance au Stade Paul-Lignon

Laurie Cance au Stade Paul-Lignon

Dans l’autre sens, la possibilité d’une grosse affluence pour quelques matchs particuliers incite les clubs à délocaliser des matchs vers un stade plus adapté. Lyon quitte depuis plusieurs saisons la Plaine des Jeux de Gerland pour occuper le Stade de Gerland à quelques centaines de mètres de là à l’occasion des grosses affiches. De même, Nîmes a reçu Montpellier et Lyon au Stade des Costières, Guingamp également Lyon au Stade du Roudourou. Les saisons précédentes, Montpellier avait aussi joué à la Mosson, Saint-Étienne à Geoffroy-Guichard et le PSG au Parc des Princes.

Dans le même ordre d’idée, Saint-Maur a ouvert sa saisons à Bonneuil-sur-Marne parce que son Stade Adolphe-Chéron n’était pas homologué pour la D1 au moment de recevoir Lyon, et Soyaux joue tous les ans quelques matchs au Stade Camille-Lebon d’Angoulême, légèrement plus grand que son Stade Léo-Lagrange.

L’impact de la cohabitation avec d’autres clubs ne se limite pas à des questions de calendrier. Un tiers de terrains de D1 est entouré d’une piste d’athlétisme parce qu’il s’agit de stades omnisports et les pelouses sont en général beaucoup plus utilisées que celles de Ligue 1, parfois donc pour du rugby. On se souvient des critiques émises à l’occasion du PSG-Lyon de la saison dernière, joué le lendemain d’un match de Ligue 2 du Paris FC sur une pelouse en piètre état. Malgré cette utilisation importante, aucun club ne joue régulièrement cette saison sur une pelouse synthétique4.

La plupart du temps, le coût d’entrée est assez réduit. En dehors des matchs de gala, les prix sont en général entre 5 € et 10 €. On note une étonnante différence de politique entre les deux clubs les plus riches. En dehors de trois ou quatre gros matchs à Gerland, on peut voir jouer l’OL gratuitement que ce soit sur le terrain numéro 10 de la Plaine des Jeux de Gerland ou au Stade de Gerland5. Au contraire, tous les matchs du PSG coûtent 10 €. Avec une affluence moyenne autour de 1 000 spectateurs6, la recette n’est sans doute qu’une goutte d’eau dans le budget total du club parisien et il attirerait sans doute beaucoup plus de monde en baissant ses prix7. Partout ailleurs, on entre en général pour 5 € pour voir un match de première division nationale.

Une ambiance bon enfant

Corollaire de cette tarification, l’ambiance dans les stades est assez loin de celle du football professionnel masculin. En dehors des périodes d’attentats (et des stades où les agents de sécurité sont les mêmes que pour les matchs masculins), les fouilles et contrôles sont assez sommaires, il n’y a en général pas de parcage visiteur ni de place numérotée.

Le supporter de D1 est en général moins vindicatif que son homologue de L1 mais les faibles affluences font qu’il n’y a pas toujours de groupes organisés pour mettre de l’ambiance. Souvent une poignée de personnes tentent de lancer l’ambiance. Lyon fait exception avec non pas un mais deux groupes de supporters, les OL Ang’Elles et le Kop Fenottes, rivaux comme de bien entendu. Mais le meilleur groupe de supportrices est sans conteste celui des filles de Saint-André (petite ville de Vendée) dont le répertoire de chants de soutien à l’ESOF La Roche-sur-Yon est nettement plus évolué que celui de l’ensemble des clubs de L1.

Si la plupart des stades disposent d’une tribune couverte, on peut en général aussi rester derrière la main courante. Dans le meilleur des cas comme au Stade Maurice-Rigaud d’Albi ou au Stade Léo-Lagrange de Soyaux8, le spectateur peut se trouver à quelques mètres du terrain, sans piste d’athlétisme et sans grillage.

Le football derrière un grillage

Le football derrière un grillage

Cette forme de proximité avec le jeu est certainement l’un des atouts de la D1 mais elle est sans doute assez contradictoire avec la professionnalisation en cours. L’irruption des clubs professionnels masculins s’accompagne de l’introduction des méthodes de gestion des spectateurs de ces clubs. D’ailleurs s’ils ne sont en général pas propriétaires du stade où joue leur équipe fanion, ils font souvent en sorte de faire jouer leur équipe féminine au sein de leur centre d’entraînement. Montpellier a rénové il y a un peu plus d’un an son centre d’entraînement de Grammont et a mis en place un terrain d’honneur, le Stade Mama-Ouattara, où son équipe féminine joue tous ses matchs9. Saint-Étienne dispose aussi à l’Étrat d’un centre d’entraînement comprenant le flambant neuf Stade Aimé-Jacquet ainsi que d’autres terrains homologués. Lyon poursuit le développement autour de son nouveau stade avec la construction d’un stade destiné à l’équipe féminine et à la CFA. Le projet de centre d’entraînement du PSG est beaucoup moins avancé puisqu’on n’en est qu’à l’étape de choix du site10 mais il prévoit également un terrain d’honneur pour les autres équipes que les professionnels masculins.

Tous ces stades auront sans doute le mérite de disposer de pelouses de qualités, de tribunes plus confortables et d’être intégrés à la politique commerciale des clubs mais ils n’auront jamais le charme du Stade Adolphe-Chéron où quand il y a de la fumée sur le terrain, ce ne sont pas des fumigènes, c’est le barbecue qui tire mal.

Le barbecue d'Adolphe-Chéron

Le barbecue d'Adolphe-Chéron

Stades utilisés en D1 en 2015-2016
Club Stade Matchs Moyenne Capacité Remplissage
* Estimation pifométrique faute de chiffre certifié
Nîmes, Lyon, Guingamp, Saint-Étienne, Saint-Maur et le PSG ont encore un match à domicile à jouer.
Albi Albi (Stade Maurice-Rigaud) 11 616 3 000 21%
Guingamp Saint-Brieuc (Stade Fred-Aubert) 9 590 10 600 6%
Guingamp Guingamp (Stade du Roudourou) 1 3379 18 256 19%
Juvisy Bondoufle (Stade Robert-Bobin) 10 850 18 500 5%
Juvisy Viry-Châtillon (Stade Georges-Maquin) 1 176 2 600 7%
La Roche-sur-Yon La Roche-sur-Yon (Stade Henri-Desgrange) 11 1091 7 000 16%
Lyon Lyon (Plaine des Jeux de Gerland - Terrain n°10) 6 723 2 000* 36%
Lyon Lyon (Stade de Gerland) 4 3358 42 000 8%
Montpellier Montpellier (Stade Bernard Gasset - Mama Ouattara) 10 321 1 500* 21%
Montpellier Montpellier (Stade Bernard Gasset - JM Valadier) 1 70 400* 18%
Nîmes Nîmes (Stade annexe des Costières) 7 143 400* 36%
Nîmes Nîmes (Stade des Costières) 2 600 29 497 2%
Nîmes Nîmes (Stade de la Bastide) 1 100 500* 20%
PSG Paris (Stade Charléty) 9 888 20 000 4%
PSG Saint-Germain-en-Laye (Stade Georges-Lefèvre) 1 1066 3 000* 36%
Rodez Rodez (Stade Paul-Lignon) 11 593 6 000 10%
Saint-Étienne Saint-Étienne (Stade Léon-Nautin) 3 133 1 500 9%
Saint- Étienne Chasse-sur-Rhône (Stade de Moleye) 2 336 1 500* 22%
Saint- Étienne Feurs (Stade Maurice-Rousson) 2 123 2 800 4%
Saint- Étienne L’Étrat (Stade Aimé-Jacquet) 1 600 800* 75%
Saint- Étienne L’Étrat (Stade des Ollières) 1 100 300* 33%
Saint- Étienne L’Étrat (Stade Georges-Bereta) 1 210 300* 70%
Saint-Maur Saint-Maur-des-Fossés (Stade Adolphe-Chéron) 9 137 3 500 4%
Saint-Maur Bonneuil-sur-Marne (Stade Léo-Lagrange) 1 775 1 629 48%
Soyaux Soyaux (Stade Léo-Lagrange) 7 430 4 800 9%
Soyaux Angoulême (Stade Lebon) 4 1020 6 500 16%

Le tour de France des stades

Albi

L’ASPTT Albi est l’une des rares équipes de D1 à jouer systématiquement à domicile dans le même stade, le Stade Maurice-Rigaud qu’elle partage avec l’équipe masculine de DH de l’US Albi. Mais le club de rugby de Pro D2 du SC Albi joue à quelques mètres de là au Stadium municipal ce qui facilite le planning.

Une grand tribune d’un côté, un abri de l’autre, une main courante très proche du terrain et sans grillage tout autour, c’est le type même du stade convivial. Avec près de 600 spectateurs, Albi est dans la moyenne des affluences de D1.

Le Stade Maurice-Rigaud d'Albi, proximité et convivialité

Le Stade Maurice-Rigaud d'Albi, proximité et convivialité

Guingamp

L’En Avant Guingamp joue normalement au Stade Fred-Aubert, héritage de l’histoire, le club Guingampais ayant repris en 2011 le Stade Briochin11. C’est donc assez naturellement que les filles de Guingamp partagent leur terrain avec les garçons de Saint-Brieuc qui évoluent en CFA 2 mais qui sont brièvement passés par le monde professionnel et la D2 à la fin des années 90. Ce passage explique la configuration du Stade Fred-Aubert avec deux tribunes latérales permettant d’accueillir 10 000 personnes et un grillage tout autour du terrain plutôt qu’une main courante.

La capacité du stade n’est jamais mise à contribution puisque les gros matchs12 sont délocalisés au Stade du Roudourou de Guingamp qui contient 18 000 places et qui accueille donc la plupart des affluences qui dépassent le millier. Le stade guingampais détient d’ailleurs toujours le record13 d’affluence pour un match de D1 avec les 12 263 spectateurs venus assister au premier match de l’EAG au Stade du Roudourou contre Lyon le 8 octobre 2011, peu de temps après le changement de nom.

Le Stade Fred-Aubert de Saint-Brieuc

Le Stade Fred-Aubert de Saint-Brieuc

Juvisy

Depuis deux ans et demi, Juvisy a quitté le Stade Georges-Maquin pour occuper le Stade Robert-Bobin14. Le club conserve certes son siège social à l’adresse de celui de Viry-Châtillon15 mais il joue et s’entraîne sur la pelouse de celui de Bondoufle. Il y a certainement un grand nombre de bonnes raisons qui expliquent ce choix qui vont de la qualité des installations à celle de la pelouse. Mais pour le spectateur, l’amélioration est difficile à constater. Le Stade Robert-Bobin n’est desservi par à peu près aucun moyen de transport et une fois arrivé, le spectateur se retrouve face à une piste d’athlétisme qui ferait presque regretter Charléty.

Au contraire, le spectateur du Stade Georges-Maquin peut voir ce qui se passe sur le terrain sans jumelles avec un main courante située à 2m de la ligne de touche. Certes, outre sa pelouse en général déplorable, il ne peut accueillir qu’un peu plus de 2 500 personnes contre plus de 18 000 à Bondoufle. Mais les matchs où cette limitation se ferait sentir sont assez peu nombreux16 et pourraient comme à Lyon, Soyaux ou Guingamp faire seuls l’objet d’une délocalisation. D’ailleurs on ne note pas vraiment d’évolution de la moyenne des spectateurs entre depuis le déménagement, sachant que les affiches étaient de toute façon déjà jouées à Bondoufle.

Cette saison, Juvisy a quand même fait son retour à Maquin pour recevoir Soyaux pendant que Robert-Bobin était occupé par une compétition d’athlétisme.

Ce déménagement est assez symbolique de la croissance de la D1 et de l’éloignement qu’elle va fatalement générer d’avec les supporters même si bien entendu on reste encore à des années lumières de la situation du football professionnel masculin. Mais on ne peut sans doute pas espérer à la fois professionnaliser les clubs et les joueuses, augmenter les affluences et conserver des stades aussi conviviaux.

Le Stade Georges-Maquin de Viry-Châtillon

Le Stade Georges-Maquin de Viry-Châtillon

Lyon

Le stade historique de l’OL n’est pas à vraiment un stade. D’ailleurs on dit « le Terrain numéro 10 ». Il est consubstantiel à l’existence même de l’OL puisque c’est au cours d’une vaste opération où les joueuses du FC Lyon ont laissé le Stade Vuillermet à l’usage exclusif des rugbymen du LOU pour regrouper le football du côté de Gerland et le rugby dans le 8e arrondissement que le premier rapprochement entre le FC Lyon Féminin et l’Olympique Lyonnais à eu lieu. Cette histoire est à présent terminée puisque les joueuses lyonnaises finissent la saison à quelques centaines de mètres dans le Stade de Gerland déserté par les masculins et qu’elles joueront normalement la saison prochaine dans un stade flambant neuf situé à quelques encablures du grand stade à Décines.

Le Terrain numéro 10 de la Plaine des Jeux de Gerland n’est pas vraiment un stade mais l’un des terrains d’un complexe destiné à l’entraînement et à la compétition des divers clubs locaux et des scolaires. Avec le temps, il est naturellement devenu une sorte de terrain d’honneur avec une vague tribune et un dispositif d’éclairage obligatoire pour y disputer les matchs de CFA. Mais c’était le seul stade de D1 où l’entrée était toujours gratuite. Et c’était aussi avec celui de Nîmes le seul où il n’était pas possible de s’abriter de la pluie.

Par beau temps, c’est un stade très conviviale où il était possible de voir de très près une équipe championne d’Europe à domicile. Le futur stade aura sans doute un standing plus conforme à celui du club et s’il sera sans doute plus convivial que le Stade de Gerland pour les grosses affiches, il n’est pas certain qu’elles se jouent là et non pas au Parc OL comme les derniers matchs de Coupe d’Europe.

Le Terrain numéro 10 de la Plaine des jeux de Gerland

Le Terrain numéro 10 de la Plaine des jeux de Gerland

Montpellier

Montpellier a longtemps été un club itinérant trouvant refuge suivant les saisons à Sussargues ou à Villeneuve-lès-Maguelone. Tout cela est révolu depuis l’ouverture du Centre Bernard-Gasset de Grammont où le MHSC est désormais installé, filles comme garçons. Bien sûr les joueuses montpelliéraines jouaient déjà à l’occasion à Grammont mais elles disposent désormais d’un terrain avec une belle pelouse naturelle et une tribune, le terrain numéro 7 Mama-Ouattara du nom d’un ancien joueur de Montpellier à l’époque de la Paillade.

Le club fait de ce terrain le fief de son équipe féminine au point de ne plus délocaliser de match au Stade de la Mosson.

Situé à l’ombre du Zénith de Montpellier, il dispose d’une tribune en hauteur – les gradins sont à l’étage – et les spectateurs peuvent aussi rester derrière un grillage sur le côté du terrain où se trouve celle-ci. Et c’est sans doute son plus gros défaut de conception : alors que ce terrain est prévu pour accueillir les matchs de D1 et de CFA, soit principalement des matchs disputés l’après-midi, les spectateurs sont placés face à l’ouest donc face au soleil, dans un pays où il brille assez souvent. Autant dire que le spectateur montpelliérain passe régulièrement son match à plisser les yeux.

Contre-jour sur le terrain Mama-Ouattara

Contre-jour sur le terrain Mama-Ouattara

Nîmes

Le Football Féminin Nîmes Métropole n’est pas le Nîmes Olympique mais il y a un partenariat entre les deux clubs et l’équipe de D1 joue cette saison sur le terrain annexe du Stade des Costières. Deux gradins engoncés derrière un grillage, il s’agit vraiment d’un terrain d’entraînement et en dehors du fait qu’il s’agit du Stade des Costières, on ne jurerait pas qu’il y a une vraie amélioration par rapport au Stade du Mas-Praden à Margueritte où les Nîmoises jouaient en D2.

Les matchs contre Montpellier et Lyon ont été joués au Stade des Costières lui-même sans attirer la grande foule. Et le match contre Guingamp a été disputé sur un troisième terrain, le Stade de la Bastide.

Échauffement sur le terrain annexe du Stade des Costières

Échauffement sur le terrain annexe du Stade des Costières

PSG

Avec l’arrivée du nouveau projet incarné par Farid Benstiti, le PSG a quitté le Stade Georges-Lefèvre du Camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye pour le Stade Sébastien-Charléty dans Paris intra muros. Le stade du 13e arrondissement est une belle réussite architecturale mais n’est certainement pas un stade de football. Il est prévu pour accueillir des réunions d’athlétisme17 et dispose donc d’une piste d’athlétisme qui met le spectateur à très longue distance du terrain, d’autant plus que la forme du stade fait que la tribune n’est pas très proche non plus de la piste. Bref il faut s’équiper de jumelles pour voir correctement le match. De plus, la cohabitation avec le Paris FC masculin qui évolue en Ligue 2 et joue donc en général le vendredi n’aide pas toujours à la qualité de la pelouse pour les matchs de D1 du dimanche.

Contrairement à d’autres clubs adossés à un club professionnel masculin, le PSG ne délocalise pas ses affiches au Parc des Princes, sauf exception européenne18. Il faut dire qu’avec 20 000 places, Charléty est le stade le plus vaste des domiciles réguliers de la D119 et même les matchs contre Lyon ne remplissent guère plus que la tribune ouest. Il faut dire qu’il s’agit sans doute du stade le plus cher de D1 avec l’intégralité des matchs à 10 €.

Dans le cadre du projet de nouveau centre d’entraînement du PSG qui pourrait voir le jour à Grignon ou à Poissy, le club a prévu un stade de 5 000 places destiné entre autre à son équipe féminine qui pourrait donc quitter Charléty d’ici à un ou deux ans.

Le Stade Sébastien-Charléty et sa piste d'athlétisme

Le Stade Sébastien-Charléty et sa piste d'athlétisme

La Roche-sur-Yon

L’Étoile Sportive Ornaysienne de La Roche-sur-Yon est comme son nom l’indique le club de Saint-André-d’Ornay, devenu en 1964 un quartier de La Roche-sur-Yon. La maison traditionnelle de l’ESOF est donc le Stade de Saint-André-d’Ornay. Mais pour les affiches et pour toute cette saison de D1, l’équipe prend possession du Stade Henri-Desgrange. D’une capacité de 7 000 places il est bien suffisant pour les plus grosses affiches qui le remplissent à moitié.

Comme son nom l’indique, il est entouré d’une piste cycliste20 qui éloigne légèrement les tribunes de la pelouse mais bien moins que ne le ferait une piste d’athlétisme. Il s’agit de la version maximaliste des stades où les spectateurs sont proches du terrain dont ils ne sont pas séparés par un grillage. Et bien sûr c’est le stade qui possède la meilleure ambiance sauf quand l’équipes de speakers s’impose un peu trop.

Le Stade Henri-Desgrange et sa piste cycliste

Le Stade Henri-Desgrange et sa piste cycliste

Rodez

Le Rodez Aveyron Football évolue au Stade Paul-Lignon qu’il partage non seulement avec son équipe masculine qui évolue en CFA mais aussi avec le club de rugby du Stade Rodez Aveyron qui joue en Fédérale 1. Ce contexte explique d’une part que la moitié des matchs s’y sont déroulés le samedi, la plupart du temps pour permettre au SRA de jouer le dimanche. D’autre part il permet de comprendre l’aspect de bric et de broc de du stade qui a eu par le passé besoin d’augmenter sa capacité.

Situé à deux pas du tout nouveau musée Soulages, le Stade Paul-Lignon comporte 6 000 places sur deux tribunes latérales et quelques gradins supplémentaires. Le stade est donc assez rustique mais bien qu’entouré d’un imposant grillage, il permet au spectateur d’être assez proche de l’action.

Le Stade Paul-Lignon de Rodez

Le Stade Paul-Lignon de Rodez

Saint-Étienne

L’AS Saint-Étienne est un club sans stade fixe. Officiellement, les Vertes jouent au Stade Léon-Nautin situé à l’ombre de Geoffroy-Guichard. Mais elles n’y auront joué que quatre fois cette saison21 et auront joué à domicile sur six pelouses différentes. Pourtant il n’y a pas eu cette année de match de gala au Stade Geoffroy-Guichard.

Deux matchs se sont joués au Stade Maurice-Rousson de Feurs et deux autres sur le complexe flambant neuf de Moleye à Chasse-sur-Rhône (qui se situe en Isère), soit dans les deux cas à un peu moins de 50km de Saint-Étienne. L’idée est sans doute de promouvoir les Vertes dans le département (et au-delà) mais c’est sans doute légèrement prématuré et peut-être même légèrement contre productif puisque les affluences joué dans l’agglomération stéphanoise ne dépassent que rarement les 200 spectateurs et qu’un peu de stabilité permettrait peut-être déjà de fidéliser un public à Saint-Étienne même.

Mais la réorganisation du centre d’entraînement de l’Étrat dont le club est désormais propriétaire pourrait changer la donne avec en particulier la construction du Stade Aimé-Jacquet destiné à devenir le terrain d’honneur pour l’équipe réserve et l’équipe féminine de l’ASSE. Cette année, les Vertes ont accueilli Lyon sur ce terrain et ont joué deux autres matchs sur les terrains de l’Étrat.

Le Stade Aimé-Jacquet n’est annoncé que d’une capacité de 500 places qui doit correspondre aux places assises en tribune mais pour les grosses affluences au moins, il devrait être possible d’en accueillir plus derrière la main courante comme cela a été le cas pour l’unique match qui s’y est tenu cette saison.

Le Stade Aimé-Jacquet sur le centre d'entraînement de l'Étrat

Le Stade Aimé-Jacquet sur le centre d'entraînement de l'Étrat

Saint-Maur

Le Stade Adolphe-Chéron de Saint-Maur est un stade qui a une histoire depuis 1922 mais surtout pour sa piste d’athlétisme sur laquelle plusieurs records du monde ont été battus notamment par Michel Jazy et Guy Drut. L’unique tribune porte d’ailleurs le nom du premier.

Il s’agit d’un stade très atypique qui ressemble plutôt à un parc dans lequel on aurait mis une tribune, une piste d’athlétisme et une pelouse. Ainsi en face de la tribune Michel-Jazy, il y a quelques gradins en escalier mais surtout des bancs et des arbres. Ce n’est certainement pas adapté pour de grosses affluences mais donne un cachet unique à l’après-midi passée à regarder le match. La buvette participe aussi à ce côté dimanche à la campagne avec un barbecue qui sert de fumigène.

La présence d’une piste d’athlétisme éloigne un peu du terrain mais largement moins qu’à Charléty ou à Bondoufle.

S’il n’y avait qu’une seule raison de regretter la relégation de la VGA Saint-Maur, ça serait la relégation du Stade Adolphe-Chéron. Toutefois, il est probable qu’en cas de maintien, le club aurait dû trouver un autre terrain où jouer à domicile. En effet, il n’est pas homologué pour la Division 1, les dimensions du terrains étant insuffisante (et la place manquant pour l’agrandir). C’est aussi pourquoi le premier match de la saison contre Lyon s’est déroulé au Stade Léo-Lagrange de Bonneuil-sur-Marne.

Les bancs du Stade Adolphe-Chéron de Saint-Maur

Les bancs du Stade Adolphe-Chéron de Saint-Maur

Soyaux

Vieil habitué de la D1, Soyaux a un dispositif bien rodé : il joue dans son Stade Léo-Lagrange et délocalise les gros matchs (cette saison contre le quatuor de tête) au Stade Camille-Lebon d’Angoulême. Soyaux étant la banlieue d’Angoulême, il n’y a pas très loin d’un stade à l’autre.

L’historique Stade Léo-Lagrange est un modèle de convivialité avec une tribune où s’abriter de la pluie, une main courante pour être au plus près du jeu et une baraque à frites où s’accouder pour voir le match. Annoncé à près de 5 000 places, il serait sans doute suffisant aussi pour les gros matchs mais sans doute pas pour asseoir tout le monde.

C’est pourquoi ces derniers se jouent au Stade Camille-Lebon, stade qui a connu les grandes heures de l’AS Angoulême et en particulier le match de Coupe de l’UEFA contre le Vitória Guimarães en 1970. Avec une tribune de chaque côté, il ressemble plus à l’image traditionnelle du stade de première division. Sans l’être tout à fait autant que Léo-Lagrange, il reste assez accueillant.

Allison Blais devance Salomé Alberbide au Stade Léo-Lagrange de Soyaux

Allison Blais devance Salomé Alberbide au Stade Léo-Lagrange de Soyaux

  1. Et où elles finissent la saison en cours.
  2. Il y a même une tolérance d’une saison pour un club promu qui peut jouer sur un terrain de niveau 5.
  3. Elle était inférieure à 200 auparavant.
  4. C’était le cas d’Issy l’an dernier et de Montpellier auparavant.
  5. Cela changera sans doute quand les Lyonnaises joueront dans leur nouveau stade à Décines, à l’ombre du Parc OL.
  6. Dont 4 000 pour le match contre Lyon qui peut lui être légitimement considéré comme un match de gala justifiant ce prix.
  7. Mais la volonté d’empêcher les ultras de se replier sur les matchs de l’équipe féminine a sans doute à voir avec la politique d’entrée systématiquement payante.
  8. Et aussi au Stade Georges-Maquin ou à la Plaine des Jeux de Gerland, mais où Juvisy ne joue presque plus et où Lyon ne jouera plus.
  9. Ce qui a donné lieu à une passe d’arme à l’occasion du match contre le Lyon puisque ce terrain n’était pas équipé pour une diffusion télévisée et qu’Eurosport demandait à ce que le match se joue à la Mosson. Le club avait répondu que le Stade Mama-Ouattara était le terrain où son équipe jouait tous ses matchs. Puis il a réalisé des travaux qui ont permis la diffusion des matchs contre le PSG et Juvisy.
  10. On parle de Thiverval-Grignon et de Poissy.
  11. D’ailleurs le nom complet du club féminin est « En Avant Guingamp – Ville de Saint-Brieuc ».
  12. Comprendre la réception de Lyon, celle du PSG ayant bizarrement eu lieu à Fred-Aubert cette saison et à Pabu la saison dernière.
  13. Pour les données disponibles soit depuis 10 ou 15 ans.
  14. Après avoir déjà joué au Stade Robert-Bobin durant la saison 2011-2012 pendant que le Stade Georges-Maquin était en travaux.
  15. Mais à 250m de Juvisy.
  16. Huit matchs seulement ont attiré plus de 1000 spectateurs à Bondoufle depuis la prise de possession par le FCF Juvisy, ceux contre le PSG, Lyon et Guingamp.
  17. Ce qui a provoqué le déplacement au Camp des Loges du match du PSG contre Montpellier cette saison.
  18. Et un match contre Juvisy en 2009.
  19. C’est à dire sans compter Gerland et les Costières.
  20. Henri Desgrange est le créateur du Tour de France.
  21. Si le match contre Albi n’est pas délocalisé d’ici là.


Un commentaire pour “Où joue-t-on en D1 ?”

  1. [...] de la Division 1 féminine (650 spectateurs de moyenne lors de la saison 2015/2016 selon le très documenté article des « cahiers du football« ) et celles de la Ligue 1 (20 893 spectateurs lors de la même saison 2015/2016). Ce rapport de [...]

Répondre