Ni buts ni soumises » Bilan à la trêve – Le quatuor de tête

« Faut-il s’inquiéter pour les Bleues ?

Bilan à la trêve – Le ventre mou »

Bilan à la trêve – Le quatuor de tête

Cette année, il reste encore (un peu) d’incertitude à tous les étages en D1. Lyon, Montpellier et le PSG se tiennent en trois points pour le titre et la deuxième place européenne, Albi, Rodez, Soyaux et Saint-Étienne se disputent pour un point l’honorifique titre de premier des autres et enfin Guingamp et La Roche-sur-Yon sont de part et d’autre de la ligne de relégation mais avec le même nombre de points.

Tour d’horizon de la D1 en trois étapes. Premièrement, la lutte pour l’Europe.

Au soir de la quatrième journée, la victoire 5-0 de Lyon sur le PSG, qui avait déjà perdu des points en concédant le nul à Montpellier, scellait le sort du championnat et donnait déjà le titre à l’OL. Mais c’était enterrer un peu vite les Montpelliéraines qui ont continué à engranger les points et qui ont contraint les Lyonnaises au nul alors qu’elles restaient sur près de deux ans de victoires en D1.

Il y a donc trois équipes en trois points en tête du championnat qui se battent pour les deux places européennes et bien sûr pour le titre.

Lyon, vers le dixième titre

L’ambition de l’OL est plus européenne que nationale. Après deux saisons à manquer le passages des huitièmes de finale de la Ligue des Championnes, les Lyonnaises vont retrouver au printemps les quarts de finale avec pour objectif affiché de remporter à nouveau le titre. Pour autant, la D1 ne leur est pas encore acquise et il faudra aller chercher le dixième sacre consécutif.

Lyon a commencé pied au plancher avec des scores appelés à dépasser tous les records, y compris quand l’adversaire était le PSG. Mais l’accumulation de matchs a fini par se faire sentir et l’OL a semblé moins souverain durant le dernier mois, concédant le nul à Montpellier et peinant à garder le rythme en deuxième mi-temps après des premières périodes en fanfare. Ou alors, Lyon a obtenu un bon nul sur la pelouse d’un adversaire direct pour le titre et a su gérer ses forces et son effectif dans les autres matchs en faisant tourner après la pause, une fois qu’un écart conséquent de 6 ou 7 buts était fait.

Lyon reste bien évidemment largement favori pour le titre mais l’œil du club est sans doute rivé sur l’avant-dernière semaine de mai : le 21 aura lieu un Lyon-Montpellier qui pourrait être décisif, cinq jours avant la finale de la Ligue des Championnes.

L’équipe type

Méline Gérard – Griedge Mbock, Wendie Renard, Saki Kumagai, Amel Majri – Camille Abily, Amandine Henry, Louisa Necib – Eugénie Le Sommer, Lotta Schelin, Ada Hegerberg

La joueuse

Ada Hegerberg

Ada Hegerberg

Ada Hegerberg est bien sûr la joueuse lyonnaise de la première partie de saison, et plus généralement la meilleure joueuse de D1. Elle caracole en tête du classement des buteuses devant Cristiane (tout comme en Ligue des Championnes) mais son apport va bien au-delà pour peser sur les défenses et débloquer les situations difficiles.

La révélation

Griedge Mbock

Griedge Mbock

Griedge Mbock n’est pas vraiment une révélation : meilleure joueuses de Guingamp et internationale A depuis deux saisons, on connaissait sa valeur. Mais elle a réussi à s’imposer comme titulaire, poussant régulièrement Gérard Prêcheur à faire monter Saki Kumagai au milieu pour lui permettre de jouer à son poste de défenseuse centrale. Le reste du temps, elle joue plutôt arrière droite. Ce n’est pas son poste mais c’est une manière de faire ses gammes qui avait réussi à sa capitaine Wendie Renard. Le moment où les deux formeront la charnière centrale de l’OL et des Bleues n’est sans doute pas très éloigné.

Montpellier, l’outsider

Depuis deux saisons, Montpellier a démarré un nouveau projet où les joueuses formées au club sont moins nombreuses et ne sont plus encadrées par les glorieuses anciennes (qui sont maintenant à Nîmes) mais par des étrangères de talent.

Il a fallu un peu de temps pour que la mécanique se mette en route mais déjà la saison dernière Montpellier avait impressionné après la trêve, en particulier en battant Juvisy trois fois et en poussant Lyon dans ses retranchements en finale de Coupe de France. Habilement renforcé à l’intersaison par l’Espagnole Virginia Torrecilla et la Brésilienne Andressa Alves, Montpellier est toujours invaincu et a encaissé aussi peu de buts que Lyon. L’espoir de titre est toujours présent mais plus encore, c’est l’Europe qu’on vise dans l’Hérault. Pour cela, la reprise sera décisive avec la réception du PSG : avec une victoire, la qualification serait en bonne voie.

L’équipe type

Laetitia Philippe – Marion Torrent, Kelly Gadea, Linda Sembrant, Sakina Karchaoui – Sandie Toletti, Virginia Torrecilla, Andressa Alves – Laetitia Tonazzi, Marie-Charlotte Léger, Sofia Jakobsson

La joueuse

Laetitia Philippe

Laetitia Philippe

Laetitia Philippe a joué l’intégralité des matchs avant la trêve. C’est une bonne nouvelle pour une joueuses qui a rarement pu disputer une saison complète sans blessure. Longtemps annoncée comme la future gardienne de l’équipe de France, son éclosion a été retardé par ses nombreux passage à l’infirmerie mais si elle a débuté en D1 il y a déjà 8 ans et en équipe de France il y a 6 ans (elle était de la Coupe du monde 2011), elle n’a pas encore 25 ans. Son début de saison n’est pas étranger aux bons résultats de Montpellier, en particulier lors des deux matchs au sommet contre le PSG et Lyon où elle a permis à son équipe de conserver le 0-0. Cela lui a aussi valu de retrouver l’équipe de France et de jouer l’intégralité du match face aux Pays-Bas.

La révélation

Marie-Charlotte Léger

Marie-Charlotte Léger

Marie-Charlotte Léger n’était pas tout à fait une inconnue en début de saison. Pistée par Lyon, elle avait choisi de rejoindre Montpellier où elle aurait plus de possibilité de s’exprimer. Le choix s’est avéré payant puisqu’elle est la meilleure buteuse française du championnat et l’arme offensive principale d’une équipe qui en compte pourtant beaucoup (Sofia Jakobsson, Laetitia Tonazzi, Viviane Asseyi, Valérie Gauvin). Après avoir surnagé à Hénin-Beaumont et montré de belles promesses à Metz, elle confirme dans une équipe qui offre plus d’occasions à ses attaquantes ce qu’elle avait montré dans les sélections de jeunes où elle est depuis longtemps annoncée comme la perle de la génération 96. L’an prochain, il y a la Coupe du monde M20 en Papouasie-Nouvelle-Guinée où elle devrait mener les Bleuettes. Mais d’ici là, elle sera peut-être allée aux Jeux Olympiques de Rio avec les Bleues : régulièrement convoquée, elle n’a pas encore beaucoup eu l’occasion de jouer mais ce n’est à coup sûr qu’une question de temps.

PSG, la fin d’un cycle

Au début de la saison 2012-2013, la section féminine du PSG obtenait enfin du club professionnel les moyens lui permettant de lutter pour le titre. Le travail effectué depuis trois saison ayant installé l’équipe dans le quatuor de tête et permis de participer pour la première fois à la Ligue des championnes trouvait ainsi son aboutissement.

Dans la foulée du remplacement de l’entraîneur Camillo Vaz par Farid Benstiti, une dizaine de nouvelles joueuses arrivaient au club : quelques joueuses prometteuses de D1 comme Karima Benameur, Saïda Akherraze, Kheira Hamraoui, Aurélie Kaci ou Allison Blais et des stars internationales comme Annike Krahn, Linda Bresonik, Tobin Heath ou Kosovare Asllani, Shirley Cruz émargeant aux deux catégories et Lindsey Horan étant une prometteuse future star internationale.

Un peu moins de quatre ans plus tard, Lindsey Horan vient de retourner aux États-Unis et Kosovare Asllani est annoncée sur le départ pour manque de temps de jeu. De toutes ces joueuses, il ne reste plus que Shirley Cruz et Kheira Hamraoui1. La première devrait arrêter à la fin de la saison et la seconde ne fait plus vraiment partie des plans du PSG. Bref, il ne reste que six mois pour enjoliver le bilan de ce premier cycle professionnel au PSG.

Le club parisien a clairement changé de catégorie en devenant un participant régulier à la Coupe d’Europe mais s’il a réussi à en atteindre la finale l’an dernier en éliminant les deux derniers vainqueurs, il a buté sur la dernière marche contre Francfort. Une victoire aurait permis de faire oublier l’absence de titre en France et le fait que malgré quelques victoires de prestige, le PSG n’a toujours pas rejoint Lyon.

Hawa Cissoko entre Anja Mittag et Erika

Hawa Cissoko entre Anja Mittag et Erika

Mais les six prochains mois sont pleins de promesses : avec seulement trois points de retards sur Lyon, le PSG a (presque) toutes les cartes en main en France. En remportant tous ses matchs, il n’aurait qu’à espérer un faux pas lyonnais (par exemple contre Montpellier) pour passer devant2. Et en Coupe d’Europe, l’obstacle barcelonais ne devrait pas lui faire peur et une victoire en demi-finale de Coupe d’Europe contre Lyon (après celle du huitième de finale l’an passé) changerait la perspective du rapport de force entre les deux équipes et offrirait aux Parisiennes une deuxième chance de remporter le titre européen.

Ce ne sont encore que des plans sur la comète mais Farid Benstiti pourra s’appuyer sur une équipe qui semble avoir enfin trouvé le bon rythme, en particulier lors de sa victoire 5-0 contre Juvisy. Et peut-être qu’il pourra aussi aligner un jour Josephine Henning cette saison, et pourquoi pas une ou deux nouvelles joueuses venues remplacer les partantes.

L’équipe type

Katarzyna Kiedrzynek – Jessica Houara, Erika, Laura Georges, Laure Boulleau – Caroline Seger, Shirley Cruz, Lisa Dahlkvist – Lindsey Horan, Cristiane, Anja Mittag

Comme c’est désormais classique au PSG, la joueuse qui a le plus joué, Sabrina Delannoy, ne fait pas vraiment partie de l’équipe type : elle n’est titulaire ni dans l’axe ni à droite. Mais au gré des absences et des mises au repos, elle finit par jouer quasiment tous les matchs.

La joueuse

La Brésilienne Cristiane n’a pas eu besoin de temps d’adaptation au PSG. Avec 13 buts elle est en tête du classement des buteuses qui ne sont pas norvégiennes. Ses 5 buts en Ligue des Championnes la mettent dans la même position (à égalité avec Marta). Elle a porté le PSG dans les premières semaines de la saison où il peinait à trouver son jeu. Son absence lors du match contre Lyon n’explique sans doute pas la déroute mais y a sans doute contribué.

La révélation

Ouleymata Sarr

Ouleymata Sarr

À moins de considérer les Brésiliennes Érika ou Cristiane comme des révélations (ce qui serait un peu exagéré pour des joueuses comptant respectivement une cinquantaine et une centaine de sélection en équipe du Brésil), il est difficile de trouver une joueuse qui se serait révélée en ce début de saison dans l’imposant effectif parisien. Toutefois, quelques jeunes joueuses comme Hawa Cissoko en défense, Marie-Antoinette Katoto ou Ouleymata Sarr en attaque ont eu l’occasion de se montrer dans l’importante rotation du PSG.

Juvisy, un monde à part

Malgré le passage au semi professionnalisme et la génération des contrats fédéraux, Juvisy peine à suivre le rythme des clubs professionnels. Cette saison, il ne fait plus vraiment de doute que le quatuor de tête est en fait un trio de tête et Juvisy derrière. L’an dernier, le club essonnien avait profité du retard à l’allumage de Montpellier pour conserver la 3e place mais sa dernière victoire contre un adversaire direct remonte maintenant à près de deux ans (une victoire 2-1 contre Montpellier) et il reste sur dix défaites consécutives contre Lyon, Montpellier et le PSG.

Mais si l’équipe de Juvisy peut difficilement suivre les équipes qui la précèdent, elle n’est vraiment pas menacée par celles qui la suivent. Albi est déjà à 12 points, un gouffre insurmontable. Bref, sauf cataclysme, Juvisy finira la saison quatrième.

L’équipe type

Karima Benameur – Janice Cayman, Sandrine Dusang, Aïssatou Tounkara, Julie Soyer – Camille Catala, Inès Jaurena, Charlotte Bilbault, Kadidiatou Diani – Gaëtane Thiney, Tatiana Coleman

La joueuse

Gaëtane Thiney

Gaëtane Thiney

Gaëtane Thiney ne fait plus partie de l’équipe de France. Mais elle s’obstine à montrer chaque week-end qu’elle a encore les jambes pour. On concèdera qu’elle ne porte plus tout à fait son équipe comme il y a deux ans mais elle reste celle par qui passe tout le jeu offensif de Juvisy.

La révélation

Aïssatou Tounkara

Aïssatou Tounkara

Aïssatou Tounkara est avec Gaëtane Thiney la seule joueuse de Juvisy qui a joué tous les matchs. Elle a seulement été économisée une demi-heure à la fin d’un match contre Nîmes. Pourtant, elle est l’une des rares joueuses de l’effectif qui ne compte aucune sélection (la seule avec Tatiana Coleman parmi les titulaires). Lui accorder le statut de révélation est peut-être exagéré puisqu’elle avait déjà fait sa place dans la défense juvisienne la saison dernière mais cette année, elle a franchi un palier. La question qui se pose désormais pour Emmanuel Beauchet au moment de composer sa défense est : quelle joueuse va jouer à côté d’Aïssatou Tounkara.

Les places en défenses centrales sont chères chez les Bleues mais on devrait rapidement la voir arriver après Rio, d’autant plus qu’elle peut aussi jouer en milieu récupératrice.



Un commentaire pour “Bilan à la trêve – Le quatuor de tête”

  1. J’ai lu que le contrat de Henning avec le PSG avait été résilié.

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