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Service minimum

Pour leur reprise d’après Coupe du monde les Bleues ont remporté leurs deux matchs sans convaincre. La qualification pour l’Euro 2017 n’est de toute façon qu’une formalité, l’équipe a plutôt Rio en ligne de mire. Et la Coupe du monde 2019 se prépare plus à l’entraînement que lors des matchs.

L’agenda du sélectionneur de l’équipe de France comporte trois échéances à préparer simultanément et qui peuvent parfois être contradictoires. Il était prévu que Philippe Bergerôo continue jusqu’aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 en cas de qualification (acquise lors de la Coupe du monde). Il a depuis prolongé pour mener les Bleues à l’Euro 2017 dont les éliminatoires viennent de commencer (mais ne seront qu’une formalité). Et s’il n’est pas prévu qu’il prolonge jusqu’à la Coupe du monde 2019, il a à son programme de préparer l’équipe pour cette compétition que les Bleues joueront à domicile.

Sa mission est donc à la fois de préparer une équipe pour une échéance immédiate avec un groupe resserré puisque la liste pour les Jeux ne sera que de 18 noms contre 23 à la Coupe du monde, et d’intégrer au plus vite les jeunes joueuses qui seront les Bleues de 2019. Le tout en essayant aussi de remporter l’Euro 2017 aux Pays-Bas.

Dans la continuité

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le bouleversement de l’équipe type attendra. Entre le quart de finale contre l’Allemagne au Canada et le match contre le Brésil, il n’y a que deux joueuses de différence. Et encore, Sarah Bouhaddi comme Laura Georges sont blessées sans quoi elles auraient sans doute conservé leur place. Puis la même équipe a été alignée contre la Roumanie, à l’exception d’Élodie Thomis, blessée au poignet et remplacée numériquement par Griedge Mbock et sur le terrain par Amel Majri.

Amandine Henry

Amandine Henry

La méthode de Philippe Bergerôo est désormais bien connue, en dehors des tournois à Chypre ou en Algarve où les matchs sont rapprochés, il ne fait pas tourner son effectif même contre les petites équipes (d’autant plus que les matchs contre les petites équipes sont toujours des matchs de qualification). Il ne faut pas en déduire qu’aucune joueuse ne peut entrer dans la rotation, Claire Lavogez, Kenza Dali ou Griedge Mbock ont eu l’occasion d’entrer dans l’équipe depuis deux ans et lors de ces deux matchs, Kheira Hamraoui, Charlotte Bilbaulet et Clarisse Le Bihan sont entrées à chaque match, sans forcément donner l’impression qu’elles pourraient prendre la places des sortantes, ni même que les joueuses habituées à entrer à ces postes jusque là comme Élise Bussaglia ou Gaëtane Thiney n’auraient pas fait mieux.

Sans convaincre

Si le match contre le Brésil a plutôt été de bonne facture au moins pendant une heure, celui contre la Roumanie a été d’une rare médiocrité. On a assez répété que les ingrédients nécessaires pour passer 10 ou 15 buts aux adversaires les plus faibles ne sont pas toujours ceux qui permettront de battre l’Allemagne ou les États-Unis en compétition officielle pour ne pas s’offusquer de battre la Roumanie avec seulement trois buts d’écart. Mais le jeu pratiqué au Mans ne permettrait sans doute pas grand chose contre une adversaire de plus grande valeur.

Bien sûr, l’équipe de France peut avancer plusieurs excuses : si l’objectif était de remporter trois points pour la qualification à l’Euro, le match à enjeu avait été joué trois jours plus tôt au Havre et tant les Parisiennes et que les Lyonnaises (soit toutes les titulaires) avaient sans doute un peu la tête au choc qui les opposera en championnat de France dimanche.

Eugénie Le Sommer double buteuse contre la Roumanie.

Eugénie Le Sommer double buteuse contre la Roumanie.

L’absence de Gaëtane Thiney du terrain contre le Brésil puis de la feuille de match contre la Roumanie a été abondamment commentée. Élise Bussaglia n’a également pas joué une minute (tout comme Aurélie Kaci). L’absence de Sarah Bouhaddi n’a pas été l’occasion de faire tourner le poste de gardienne puisque Méline Gérard a joué les deux matchs.

On n’a pas vraiment vu non plus les deux attaquantes de Montpellier Marie-Charlotte Léger et Valérie Gauvin. La première est entrée dans les arrêts de jeu contre le Brésil, sans avoir le temps de toucher le ballon et les deux étaient en tribune contre la Roumanie. On peut le regretter tant l’impatience est grande de voir les premiers buts chez les Bleues de ces attaquantes prometteuses.

Mais là encore, la manière de faire de Philippe Bergerôo commence à être connue : il accorde une très grande importance à ce qu’il voit aux entraînements ce qui fait qu’il n’hésite pas à faire venir des joueuses non pas pour les faire jouer puisque son équipe change assez peu mais en premier lieu pour les voir à l’entraînement pendant une semaine. C’est aussi la raison de la réactivation de l’équipe de France B qui a permis en partie de voir arriver Charlotte Bilbault, ou Clarisse Le Bihan.

Qui pour Rio ?

Pour l’instant donc les changements dans la liste pour Rio par rapport à celle du Canada dont difficiles à anticiper. On sait qu’il s’agira en premier de retirer 5 joueuses puisque pour éviter l’inflation des sportifs inscrits aux Jeux Olympiques, les équipes de football sont limitées à 18 joueurs ou joueuses. Cela rend d’autant plus difficile d’entrer dans cette liste.

Il semble déjà acquis que la deuxième gardienne ne sera plus Céline Deville qui n’a pas été convoquée cette fois alors qu’elle n’était pas indisponible. La logique voudrait qu’on retrouve les deux Lyonnaises Sarah Bouhaddi et Méline Gérard, mais peut-être qu’enfin Laetitia Philippe aura l’occasion de faire une saison entière et enfin de justifier la flatteuse réputation qui la précède depuis près de 5 ans.



2 commentaires pour “Service minimum”

  1. quelle est votre analyse de la stratégie de Bergerôo (Majri ailière droite, Mbock latérale gauche)?
    Surtout en comparaison de celle de Prêcheur (défense à 3 face à une équipe “tout en défense”).
    On a vu une énorme différence avec presque les mêmes joueuses, même si Hegerberg est nettement plus forte que Delie.

  2. Bergeroo semble de plus en plus miser sur l’effectif lyonnais (hors étrangères) peut-on imaginer un 11 type 100% lyonnai. En effet Thiney n’est plus la bien venue pour X raison, les résultats de Paris n’etant pas probant, les venues de Le Bihan (pour faire plaisir a Le Great) et celles des jeunes montpellieraines et juvisiennes sont plus lié a l’image.

    Peut-on imaginer ce 11 bientôt en EDF malgres Thomis et Lavogez blessées pour longtemps

    Gerard/Bouhaddi - Kaci - M’Bock - Renard - Majri - Henry - Abily - Thomis - Necib - Lavogez - Le Sommer.

    Il semblerait que l’Ol soit plus forte que l’équipe d’Allemagne ou des USA, donc je demande si c’est possible d’avoir a terme ce 11 type.

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