Ni buts ni soumises » Mi-temps

« Mauvaise suprise colombienne

Une bonne chose de faite »

Mi-temps

La moitié des matchs ont pratiquement été joués dans cette Coupe du monde canadienne. L’élargissement du plateau a permis a bien permis la participation de quelques équipes qui ne sont pas au niveau mais ce n’est pas la majorité.

Et à un seul match de la fin du premier tour, il n’y a que deux qualifiés et aucun éliminé même si toutes les équipes qui comptent déjà quatre points devraient passer.

Après le deuxième match de poule pour l’ensemble des équipes, on en est à peu près à la moitié de la compétition. Largement de quoi se faire des idées générales.

En premier lieu, l’élargissement du plateau a fait revenir des scores qu’on ne voyait plus. Il y a quatre ans, le plus gros score avait été de 4-0 (France-Canada et Japon-Mexique). Cette année, deux équipes ont déjà encaissé 10 buts en un match et les deux sont des débutantes (Côte d’Ivoire et Équateur).

Le bal des débutantes

Mais l’élargissement trouve sa justification dans le fait que toutes les équipes qui participent pour la première fois ne sont pas hors sujet, très loin de là. Les équipes européennes sont bien sûr au niveau même si leur qualification est loin d’être assurée : après une courte défaite contre le champion du monde en titre, la Suisse a fait exploser l’Équateur et devrait se qualifier au minimum grâce à cette différence de buts. Les Pays-Bas ont cédé dans les arrêts de jeu contre la Chine mais confirment que le groupe A est bien le plus serré. L’Espagne est la seule des trois à ne pas avoir encore remporté de match mais si tant le nul contre le Costa Rica que la défaite face au Brésil sont le résultats de matchs où les Espagnoles ont beaucoup tenté. Une victoire dans le troisième match contre la Corée du Sud suffirait pour sortir de la poule.

L'équipe équatorienne connaît des débuts difficiles.

L'équipe équatorienne connaît des débuts difficiles.

La zone sud-américaine est très hétérogène. L’Équateur passe totalement à travers en encaissant des raclées contre des équipes aussi novices qu’elle. Mais la Colombie qui n’est guère plus expérimentée a déjà réussi son mondial avec un qualification quasiment acquise pour les huitièmes de finales.

L’Asie et l’Amérique centrale et du Nord sont traditionnellement plus des terres de football féminin que masculin. La densité est moindre qu’en Europe mais il n’est pas étonnant que les équipes novices ou presque soient globalement au niveau. Le Costa Rica et la Thaïlande ne sortiront peut-être pas de leur groupe mais un soupçon de réussite pourrait le leur permettre. Tout comme le Mexique et la Corée du Sud qui ne sont pas tout à fait novices.

En Afrique, la Côte d’Ivoire a bien redressé la barre avec un match assez convaincant face à la Thaïlande, qui n’est pas non plus l’adversaire le plus redoutable. Et le Cameroun a confirmé sa victoire face à l’Équateur avec un match contre le Japon qui, bien que terminé par une défaite, a donné plus d’assurances sur le niveau des Camerounaise que le précédent face à un adversaire bien trop faible. Contre les championnes du monde en titre1, les coéquipières de Gaëlle Enganamouit ont certes encaissé deux buts très rapidement mais elles ont ensuite plutôt dominé, sont revenues au score en fin de match et n’ont pas été loin d’égaliser. Le match contre la Suisse sera sans doute l’un des plus intéressants de la troisième journée.

Un peu de prospective

Avec 16 qualifiés sur 24, on aurait pu imaginer qu’une bonne dizaine d’équipe seraient mathématiquement qualifiées au bout de deux journées. Pourtant deux équipes seulement ont déjà validé leur billet : le Japon et le Brésil sont les deux seules équipes qui ont remporté leurs deux premiers matchs et les autres résultats de leurs groupes leur assurent une place dans les deux premiers (le Brésil est même assuré d’être premier).

Aucune autre équipe n’est mathématiquement qualifiée, même avec quatre points. Tous les groupes peuvent encore fournir un troisième à quatre points. Toutefois cette hypothèse est assez peu probable. Il faudrait une conjonction très particulière de résultats dans chaque groupe. Par exemple, pour le groupe B, il faudrait que la Thaïlande ne perde pas contre l’Allemagne. Pour le groupe D, il faudrait une victoire du Nigeria contre les États-Unis. Dans le groupe E, du Costa Rica sur le Brésil.

Le Japon d'Aya Miyama est déjà qualifié pour les huitièmes de finale.

Le Japon d'Aya Miyama est déjà qualifié pour les huitièmes de finale.

Bref il est à peu près certain qu’avec quatre points, un troisième sera qualifié. Le Canada, l’Allemagne, la Norvège, les États-Unis et la Colombie peuvent déjà quasiment se considérer comme qualifiés puisqu’ils ont déjà quatre poins (et ne peuvent pas se retrouver quatrième en raison des autres résultats de leurs groupes respectifs).

Pour les équipes à trois points, beaucoup de choses vont dépendre des groupes D et E : il s’agit des deux seuls groupes où le troisième pourra ne compter que deux points. Dans le premier cas, il faudrait que la Suède perde contre l’Australie et que le Nigeria ne batte pas les États-Unis pour que le troisième reste à deux points. Dans le deuxième cas, il faudrait que un nul entre l’Espagne et la Corée du Sud.

Ces conditions restent assez plausibles et si ces groupes restent avec un troisième à deux points, ce dernier sera éliminé et ceux des autres groupes seront qualifiés. Mais il est possible sans trop de surprise que le classement des troisièmes à trois points se fasse sur la différence de buts. Et là, il vaudra mieux avoir remporté ses trois points par une large victoire comme le Cameroun ou la Suisse et ne pas avoir concédé de trop lourde défaite comme la Thaïlande. Pour les équipes qui auront finis leurs matchs avec des scores d’un ou deux buts d’écart seulement, il faudra sortir sa règle à calculs.

Corollaire de ces considérations sur les qualifiés, aucune équipe n’est déjà éliminée mathématiquement. Mais certaines n’ont plus beaucoup de chances entre leur nombre de points et le match qui leur reste à jouer.



Un commentaire pour “Mi-temps”

  1. Si l’on soustrait l’anomalie Yamane (l’une des trois gardiennes, 187 cm qui fausse la perspective) de l’effectif japonais, la moyenne de taille du Japon est de 163 cm… Les moyennes des équipes citées (USA, Norvège, France, Canada), une fois retiré par équité leur joueuse la plus grande (Wambach, Hegerberg, Renard, Lawrence) sont toutes identiques à 168 cm… Je veux bien que 5 cm ne soient pas le bout du monde, surtout à l’échelle du Cosmos et de l’infiniment grand, mais enfin, ce n’est pas “aussi grand”.

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