Ni buts ni soumises » Caramba, encore raté

« Une chance au tirage

Allemagne-Norvège, la revanche »

Caramba, encore raté

Malgré un statut de favorites et un tableau dégagé, ce n’est pas encore cette fois que les Bleues joueront une finale. Avec un scénario prévisible dès la lecture de la composition d’équipe, les Bleues ont rejoué leur refrain habituel de l’équipe qui domine mais ne parvient pas à marquer. L’habituelle recherche d’excuse a commencé mais il sera difficile cette fois de faire croire qu’il s’agit d’un bon résultat.

Pendant ce temps, l’Euro continue. Les favorites Suédoises et Allemandes s’affronteront dans une sorte de finale avant la lettre, tandis que l’autre demi-finale opposera des Norvégiennes et des Danoises que l’on n’attendait pas à si belle fête.

Eugénie Le Sommer et Wendie Renard

Eugénie Le Sommer et Wendie Renard

Une finale avant la lettre

La première demi-finale opposera la Suède à l’Allemagne. On dirait bien « sans surprise » si ce n’est que la Suède avait pourtant tout prévu dans le tableau de son Euro pour éviter l’Allemagne et la France avant la finale1, tout prévu sauf que l’Allemagne ne serait pas première de son groupe.

Les Suédoises se sont qualifiées très facilement face à l’adversaire la plus faible possible en quart2. Ouverture du score au bout de trois minutes, 3-0 au bout de vingt, le pays organisateur n’a jamais été en danger. Lotta Schelin en a profité pour marquer un doublé qui porte son total à 5 buts, qui en font la meilleures buteuse de la compétition. Pour mémoire, la meilleure buteuse de la précédente édition (la seule à 12 équipes) était Inka Grings qui avait marqué 6 fois. Les mauvaises langues diront qu’elle vient de marquer deux doublés clôturant des scores de 5-0 et 4-0 en plus du deuxième but contre l’Italie. Sans doute est-ce parce que son jeu fait d’appels en profondeur s’accommode mieux d’un jeu de contre que les adversaires ne permettent général pas avant d’être menées.

Après avoir été accroché par le Danemark, en manquant toutefois deux pénalties, la Suède vient de marquer 12 buts en trois matchs et atteint finalement facilement les demi-finales. Le jeu suédois n’est pas tout à fait convaincant, souvent stéréotypé avec du jeu long à destination de Lotta Schelin et la défense a souvent semblé à la limite mais n’a concédé que deux buts et peu de vraies occasions. Les adversaires n’étaient pas d’un très haut niveau, mais surtout parce qu’on considère depuis le début qu’il n’y a que trois équipes de très haut niveau3.

La Suède dispose d’une vraie équipe type, ce qui est à la fois un avantage parce que le fond de jeu est clairement établi, et un inconvénient parce que 8 joueuses ont joué plus de 300 minutes en 10 jours. Du toute la base arrière (4 défenseuses et 2 milieux défensives ou relayeuses), seule Jessica Samuelsson a été relayée contre la Finlande par Lina Nilsson, même si Marie Hammarström et Caroline Seger n’ont pas fin tous les matchs.

Lotta Schelin

Lotta Schelin

Devant, il y a classiquement plus de rotation en cours de match, mais Lotta Schelin n’a pu souffler que pour la fin du quart de finale et Kosovare Asllani qui l’accompagne en attaque a surtout manqué la deuxième mi-temps contre l’Italie pour une légère blessure. Il n’y a donc que sur les ailes qu’il y a une légère incertitude. À droite, Josefine Öqvist a toujours démarré et presque jamais fini. À gauche, trois joueuses se sont partagé la place. C’est sans doute la seule place où la titulaire de la demi-finale n’est pas connue, il s’agira sans doute de Sofia Jakobsson ou d’Antonia Göransson.

L’Allemagne éternelle

La principale surprise du premier tour (en dehors du fait que l’UEFA considère que le tirage au sort est une solution prioritaire pour désigner un quart de finaliste) est le replacement de l’Allemagne dans la première moitié de tableau. Si sur le papier, cela ne change pas grand chose pour les Allemandes ni pour les Norvégiennes, c’est une mauvaise surprise pour l’Italie, qui s’attendait à un quart difficile mais jouable contre la Norvège et qui s’est retrouvée à jouer contre l’Allemagne.

En début de match, le coup a d’ailleurs semblé difficile mais jouable, mais après une dizaine de minutes équilibrée, les Italiennes n’ont plus vu le ballon. L’Allemagne n’a marqué sur une frappe de Simone Laudehr déviée par Elisa Bartoli alors que Sara Marchitelli semblait sur la trajectoire, mais elle s’est aussi procurée quelques occasions très franches et a touché la barre.

Sans génie, mais sans vraiment de crainte, l’Allemagne rejoint les demi-finales comme à chaque fois depuis 1987. Le fond de jeu reste encore à construire, ce qui est assez compréhensible pour une équipe qui est non seulement en reconstruction avec un changement de génération, mais qui doit en plus le faire avec une kyrielle d’absentes, voire de blessées présentes. Du coup, si la hiérarchie semble nette derrière (d’autant plus que Luisa Wensing n’a pas vraiment convaincu contre la Norvège), et si Celia Okoyino Da Mbabi est indiscutable en pointe, entre les deux, c’est un grand chantier. Si le duo de récupératrice de Wolfsbourg formé de Nadine Keßler et de Lena Goeßling semble à peu près sûr, le choix des trois joueuses offensives reste à faire.

Il faut dire qu’en l’absence de Kim Kulig, Linda Bresonik et Alexandra Popp, et dans la mesure où Fatmire Bajramaj est arrivée à l’Euro sans avoir repris la compétition après sa blessure, Silvia Neid a fait appel à la jeunesse. Anja Mittag n’émarge pas à cette catégorie avec ses 28 ans et ses 95 sélections. Titulaire, puis sur le banc, puis de nouveau titulaire en quart, on ne jurerait pas qu’elle le reste pour la suite. Du coup, c’est Lena Lotzen, 19 ans, qui occupe le flanc droit ; Dzsennifer Marozsán, 21 ans, qui est l’alternative à Anja Mittag, et qui doit dans ce cas mener l’offensive, et Melanie Leupolz, 19 ans aussi, concurrence Simone Laudehr à gauche. On ajoutera que Sarah Däbritz, 18 ans est entrée lors des deux derniers matchs.

Dans ce contexte, les 27 ans de Simone Laudehr en font une ancienne. Remplacée dès la mi-temps contre les Pas-Bas et non titularisée contre l’Islande, elle semble avoir repris sa place. On n’écartera pas l’hypothèse d’une nouvelle composition pour la demi-finale parce qu’aucune organisation offensive n’a pour l’instant vraiment convaincu et que Celia Okoyino Da Mbabi est incertaine, blessée à la cuisse. Elle serait sans doute remplacée par Anja Mittag.

La faillite méditerranéenne

La composition des demi-finales est un vrai coup porté à l’hypothèse déjà évoquée ici d’une émergence des nations méditerranéennes et d’un recul des Scandinaves. Comme l’Italie, l’Espagne n’a fait illusion qu’une dizaine de minutes, et aucune des deux n’a jamais été en mesure de mettre hors de position une équipe adverse solide mais sans génie. Les deux équipes ont manqué à la fois de rythme et d’idées collectives, et ne pouvaient pas vraiment compenser par des différences individuelles, en dehors de quelques coups d’éclats de Melania Gabbiadini, de Jennifer Hermoso ou de Veronica Boquete.

Pourtant, on annonçait le quart de finale entre la Norvège et l’Espagne comme le plus indécis. Sans doute parce qu’il était le seul sans favori dedans. L’Espagne n’avait finalement pas beaucoup plus de références que l’Islande, ni dans cet Euro où les deux équipes avaient des bilans assez proches, ni au classement Fifa où l’Islande devance l’Espagne d’une place.

La Norvège à onze

Et de fait, la Norvège a déroulé tranquillement, avec un peu de réussite pour ouvrir le score sur un centre de la revenante Solveig Gulbrandsen puis le doubler sur un superbe lob contre son camp d’Irene Paredes. On n’en parle toujours pas comme d’une favorite à la victoire finale, mais il faudrait peut-être y songer après une place de première de groupe devant l’Allemagne et un quart de finale parfaitement maîtrisé. Comme en Suède, la désignation tardive de l’icône Even Pellerud, champion du monde et vice champion olympique, semble avoir placé l’équipe sur une très bonne dynamique4. Son coup de poker pour le troisième match a nettement mieux fonctionné que celui d’Antonio Cabrini (les deux étant liés) puisqu’il lui a permis de battre l’Allemagne, de rejoindre une moitié de tableau moins encombrée finalement, et qu’il aborde les demi-finales avec une équipe dont une grande partie a pu se reposer en plein milieu de compétition (face à l’équipe la plus entamée physiquement d’ailleurs).

En dehors du match contre l’Allemagne, les 11 titulaires ont toujours été les mêmes, et le quart de finale n’a pas dérogé à la règle. L’équipe type est donc très nette, et la victoire contre l’Allemagne n’a pas remis les statuts en cause. La Norvège se dispose sur le papier en 4-3-3 mais c’est plutôt une équipe « bien en place ». Les trois attaquantes sont Ada Hegerberg, 18 ans, Caroline Hansen, 18 ans et Kristine Hegland, 20 ans qui ont poussé Elise Thorsnes sur le banc et Isabell Herlovsen à la maison. Elles ont pour l’instant eu plutôt un rôle ingrat dans cet Euro, qui a sans doute permis à leurs aînées trentenaires Ingvild Stensland et Solveig Gulbrandsen de s’exprimer. Enfin, l’âge venant, Trine Rønning joue désormais en défense.

Le Danemark toujours en vie

Le football est ce sport merveilleux où l’on peut arriver en demi-finale sans avoir remporté un match. C’est ce qu’a réalisé le Danemark qui affrontera la Norvège en demi-finale après avoir perdu contre l’Italie, et concédé le nul face à la Suède, la Finlande et la France. Un tirage au sort et une séance de tirs aux buts plus loin, les Danoises sont encore là. Bien sûr, on évoque l’équipe de 1992, qualifiée de dernière minute par l’ONU pour un Euro en Suède qu’elle remportera. On pourra aussi évoquer le PSV Eindhoven de 1988, vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions avec 5 matchs nuls en quarts, demi et finale, et 2 buts marqués seulement.

Elles ne sont bien sûr pas favorites dans ce carré final, mais on ne jurerait de rien pour une équipe qui a tenu en échec deux des principaux favoris.

Si le plan de jeu n’a guère changé durant la compétition, la composition a un peu évolué. Kenneth Heiner-Møller a démarré les deux premiers matchs avec la même équipe, et deux fois il a changé dès la mi-temps en remplaçant dès la mi-temps la récupératrice Sofie Pedersen par l’attaquante afghane Nadia Nadim, provoquant un replacement en chaîne : Mariann Knudsen à la récupération, Pernille Harder en meneuse et Katrine Veje en pointe. Comme d’autre, il a fait quelque ajustements lors du troisième match. Mais si les changements d’ailières n’ont servi qu’à faire souffler les titulaires Johanna Rasmussen et Katrine Veje, il a tiré les conséquences du fait qu’il devait sortir Sofie Pedersen au bout d’une mi-temps à chaque match en faisant monter à sa place Mia Brogaard. Cette configuration sera aussi employée contre la France, même si du coup le poste d’arrière gauche ne semble pas stabilisé entre Cecilie Sandvej qui a joué contre la Finlande et Janni Arnth contre la France.

La patronne de l’équipe et du milieu de terrain est l’expérimentée Katrine Søndergaard Pedersen, 36 ans et 210 sélections. Elle affrontera en demi-finale plusieurs de ses coéquipières de Stabæk.

Pas de projet de jeu

Après l’élimination, on se demandait ce que le facétieux Bruno Bini pourrait trouver pour expliquer que l’Euro est une grande réussite. On glissera aimablement sur les récriminations envers l’arbitre (quelques fois largement suggérées par les journalistes) et celles sur les deux jours de récupération pour s’intéresser à un constat partagé : la France n’a pas réussi à battre le Danemark à cause un début de match manqué (d’une demi-heure à une mi-temps, c’est selon). La suite a été habituelle, avec des Bleues qui dominent et qui frappent au but mais qui ne marquent que sur un pénalty. On relativisera le chiffre de 26 tirs à 4 par le fait qu’il compte beaucoup de tirs de loin et hors de position qui n’ont pas inquiété une Stina Petersen par ailleurs impeccable.

La constatation est connue, les Bleues sont vites en difficulté dans les matchs à élimination directe : depuis 2009, elles n’ont remporté qu’une seule victoire et une qualification aux tirs aux buts contre deux éliminations par le même moyen et quatre défaites.

Cette difficulté à se sortir des matchs serrés étant connue, pourquoi donc se donner un handicap supplémentaire et commencer le match au bout de 45 minutes avec un déficit d’un but ? Sandrine Soubeyrand a été une grande joueuse, et c’est peut-être le pire puisqu’avec la médiatisation croissante, beaucoup de spectateurs n’auront d’elle que l’image de la joueuse qui a fait la (ou les) compétition de trop. On le sait depuis longtemps, la juvisienne n’a plus 90 minutes dans les jambes au plus haut niveau, et même nettement moins, et elle est en difficulté dès que le jeu s’accélère et que le pressing augmente. Cela avait été le cas contre le Brésil à Rouen, contre l’Espagne, cela a été le cas contre le Danemark. Cette insistance à vouloir aligner d’entrée la capitaine est d’autant plus étonnante que ce secteur de jeu est particulièrement fourni chez les Bleues.

C’est d’ailleurs sans doute une autre raison de l’étrange composition de départ5 où comme contre l’Espagne, les trois meneuses étaient alignées : il fallait coûte que coûte mettre certains noms sur le terrain et tant pis pour la cohérence d’équipe. On passera sur la tentative de bluff avec Gaëtane Thiney dans l’axe et Eugénie Le Sommer à gauche. En espérant que c’était bien un coup de bluff et pas une erreur rattrapée en catastrophe au bout d’un quart d’heure.

Corinne Diacre console Camille Abily

Corinne Diacre console Camille Abily

Il arrive à tous les entraîneurs de se tromper, voire de tenter des coups qui ne marchent pas. Mais dès 17h quand la composition est sortie, un certain nombre d’éléments étaient déjà connus : désorganisation du milieu et incapacité à faire le jeu et nécessité d’un changement dès la mi-temps.

Le coaching est une autre source d’émerveillement à l’issue du match (on ne parlera pas d’étonnement au bout de 6 ans) : Bruno Bini a déploré la blessure de Laura Georges (remplacée par Sabrina Delannoy qui a été brillante) qui lui ôtait une possibilité de changement. On se demande s’il ne serait pas en train de tester jusqu’à quel point il peut se moquer de son interlocuteur. Parce que pour conserver des possibilités d’intervention en cours de match, il aurait sans doute été judicieux de ne pas démarrer avec un composition dont on savait d’emblée qu’il faudrait la modifier à la mi-temps. Et ensuite parce qu’après la blessure de Laura Georges, il restait encore un changement que l’on attend toujours.

Mais alors qu’il s’apprêtait à faire entrer Marie-Laure Delie, l’égalisation lui a fait changer d’avis et il a visiblement considéré que le score lui convenait et qu’il n’était plus nécessaire de marquer. Là encore, pas d’étonnement, le procédé avait été le même, en pire, contre l’Angleterre en 2011 : entrée avant l’égalisation, Sandrine Brétigny était ressortie ensuite en cours de prolongation alors que le score était toujours de parité. De même en 2009 contre les Pays-Bas, seuls deux changements avaient été effectués et Sandrine Brétigny était restée sagement sur le banc en compagnie de Laetitia Tonazzi. On ne demande d’ailleurs l’intérêt de sélectionner une joueuse capable « de marquer en entrant en cours de match » selon les propres mots du sélectionneur si c’est pour ne pas la faire entrer même quand le match est serré.

Bref, après une phase de poule réussie, les Bleues ont buté sur le premier obstacles et ne sont toujours pas parvenu à entrer dans le dernier carré d’un Euro, restant au même niveau depuis 1997. Ce qui est une déception au regard des attentes suscitées par l’effectif disponible et par les résultats en Coupe du monde et aux Jeux Olympiques.



7 commentaires pour “Caramba, encore raté”

  1. J’ ai lu il y a quelques semaines une excellente interview (1) d’ un obscur joueur de basket espagnol jouant dans une petite division française. Il expliquait que la grande force du sport espagnol était que dès le plus jeune âge on enseignait l’ intelligence de jeu. On formait en quelque sorte des entraineurs qui jouaient. Le résultat on le voit avec des joueurs français qui manquent souvent d’ intelligence dans le jeu, de sens de l’ anticipation, de capacité de modifier leur jeu en fonction de l’ adversaire ou de l’ adversité. Notamment en fin de match.
    On l’ a encore vu avec l’ EDF ou le staff qui n’ a, hormis le replacement en attaque du début de match, jamais modifié leurs attitudes dans le jeu. On a l’impression qu’ on suit les consignes stratégiques décidées la veille sans jamais modifier la tactique de jeu ; “ça va finir par rentrer”.
    Certes Bini illustre, comme Domenech, le principe de Peter (2), mais il illustre aussi le refus inconscient de certains dirigeants de gagner. Car gagner c’ est battre l’ autre. C’ est, parabole guerrière, tuer l’ autre. Un gentil gagne toujours moins souvent qu’ un méchant. C’ est immoral et statistique. Anquetil gagnait, Poulidor moins souvent.
    Bompastor l’ avait compris et l’ avait dit. Elle avait donc été sanctionnée. Quel gâchis.
    D’ autre part j’ ai eu l’ impression dans ce tournoi que la France perdait quasiment tous les ballons sur ses touches et n’ en gagnait quasiment aucun sur touches adverses.

    1 : http://www.catch-and-shoot.com/basket-europe/itw-carlos-cherry-la-face-cachee-du-basket-espagnol/2013/
    2 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter

  2. ” La France écartée aux tirs aux buts ” titre le site de la FFF ce 23 juillet 2013 suite à l’élimination de l’équipe de France de l’Euro féminin. Notons la forme passive du verbe ” écartée ” chère aux spécialistes en communication : façon de déresponsabiliser les différents protagonistes et la faute à pas de chance ! “Ecartelée” semble être un terme plus adapté tant le fossé entre les intentions proclamées depuis le début du tournoi par les joueuses et une partie du staff se sont révélées abyssales au vu du jeu, du mental, du potentiel réel et du déroulement de ce quart de finale.
    Il est certainement opportun que l’actuel sinon futur entraîneur se livre à certains éclairages afin de mettre fin à ces scénarios catastrophes et d’arrêter de gâcher tant de belles qualités lors de rencontres largement à leur portée. Certes la majorité des joueuses cadres de cette équipe accumulent 3 saisons pleines auxquelles il faut ajouter un Mondial 2011, les Jeux Olympiques de 2012 et enfin cet Euro 2013(mais la Suède et l’Angleterre également direz-vous).
    Si face à des adversaires de moindre niveau l’équipe semble inspirée et déterminée à produire du jeu, la maîtrise collective semble souvent faire défaut face à des concurrentes plus affirmées au classement: c’est un festival de passes manquées, la décrépitude du milieu de terrain, le recul de la ligne d’arrières, l’isolement de l’attaquante de pointe abonnée à d’incessants allers-retours qui se payent en fin de match. Une perte chronique des base de leur fond de jeu, de la circulation de balle et de leurs moyens qui se traduit au plus haut niveau de la compétition par l’encaissement d’un but et des françaises obligées de recoller au score dans la précipitation dans en débauche d’énergie conséquente. Imaginons qu’elles eussent du jouer la demi-finale deux jours plus tard ! Il en est de même lorsque l’adversaire (Espagne, Danemark) se structure pour les faire déjouer. S’ensuit un manque flagrant de solutions et de repères, l’impression que le mental de certaines joueuses peine à élaborer des solutions et que la réactivité débridée ne saurait être la réponse adéquate. Il manque certainement une ou deux véritables leaders dans cette équipe. Depuis quelques années on peine à observer de réels progrès dans cette équipe, peut-être parce que rien de nouveau n’est tenté et que cette équipe est désormais archie-connue de ses adversaires (bien que Mr . Le Graët énonce le contraire).
    Si les choix tactiques de l’entraîneur, du staff et apparemment des cadres de l’équipe ne regarde que ces derniers et sont assumés, la composition de l’équipe de ce quart de finale effraie dès le premier coup d’œil : THINEY en numéro 9 poste pour poste en remplacement de DELIE devant LE SOMMER. Est-il bien raisonnable d’aligner une joueuse qui lors des matches de poules n’a pas pesé significativement sur le jeu offensif et joué avec le frein à main ? Bien que FRANCO ait agréablement surpris lors du match contre l’Angleterre par sa puissance et sa présence dans les duels, la joueuse manifeste un manque de technique et d’impact ainsi qu’un déficit de vitesse : souvent spectatrice lors du départ de l’attaquante adverse, elle prends quelques mètres dans la vue et contraint les deux arrières centrales à intervenir et ainsi de libérer de leur marquage les autres attaquantes adverses(cf. les matchs olympiques en 2012). Déficit flagrant également concernant BOULEAU et THOMIS qui couvrent le terrain en un temps record mais dont le punch ne compense pas les a peu près techniques. SOUBEYRAND largement critiquée a été épatante contre la Russie puis a tenté comme elle a pu en fonction de ses moyens. C’était bien à l’entraîneur et au staff de mettre plus de ressources et de mixer expérience et jeunesse au sein de cette équipe, d’autant plus que le troisième match de poule le permettait : à cette occasion HOUARA et DELANOY dépassent déjà certaines titulaires poste pour poste dans tous les compartiments du jeu. On aurait aimer voir de jeunes attaquantes histoire de mettre au repos les titulaires.
    Souhaitons désormais que cet nième épisode profite à l’ensemble de l’EDF féminine mais aussi que les mentalités alentours évoluent quelques peu afin de ne plus les assujettir à ces campagnes ” neuneu ” de sponsors et autre plans promotionnels de la Fédération elle-même, aux commentaires de sites web et chaînes télés tout acquis à leur cause, que de ” Reines des poules “, elles
    maîtrisent crescendo leur discipline telles des sportives de haut niveau et non plus des pleureuses.
    Une autre bonne nouvelle est la concurrence faites à Lyon par le renforcement du PSG et de Juvisy au niveau du recrutement et le resserrement des équipes de tête.

  3. Ce qui me choque le plus dans cette Euro, c’est pas Balbir, ça on connait.
    Non ce qui m’attriste le plus c’est quand Eurosport fait du TF1 avec tout l’incompétence qui va avec. Exemple clé: le commentateur précise, pendant France-Danemark, que Sarah Bouhhadi avait fait les match de poules pendant la cdm 2011 et à coté personne ne réagi ( pauvre Bérengère) et des exemple comme ça y en a des tonnes .

  4. Ce qui m’a le plus choqué dans le match d’hier de l’équipe de France a été le jeu de passes : combien d’occasions manquées de faire la différence parce que la porteuse de balle a été s’empaler sur la défense au lieu de faire la passe.
    Certes il faut défier le défenseur, il faut tenter de perforer la défense, mais perdre la balle bêtement alors qu’on a 2 copines à côté c’est dommage. Surtout quand cela se répête de nombreuses fois dans le match… avec des joueuses différentes, c’est extrêmement frustrant depuis son canapé.
    On a l’impression qu’il manque une cohésion d’équipe, de jeu collectif à cette équipe pour passer le petit palier qui leur manque pour devenir très fortes.

  5. [...] A lire ailleurs >> « Caramba, encore taré », sur cahiersdufootball.net [...]

  6. Tophe je suis d’accord avec vous sur à peu près tout sauf sur Laure Boulleau ! Elle a fait un match super, pour moi les meilleures joueuses étaient Boulleau, Delanoy et Bussaglia ! Marie Laure Delie et Amandine Henry se sont échauffées pendant plus de 45 minutes, on se demande pourquoi aucune des deux n’est rentrée, même pas pendant les prolongations ! Le Sommer s’est bien battue mais plus petite que les Danoises sur les centres. Franco était à la rue, autant lors de France Angleterre elle avait été meilleure, autant contre le Danemark elle ne maîtrisait pas du tout son marquage ! Heureusement que Delannoy a fait un match costaud. J’aurais aimé voir Catala apporter de la fraicheur à l’équipe aussi. Thiney n’a commencé a bien jouer que lorsqu’elle a eu le brassard de capitaine, et Nécib manquait clairement d’intentions collectives, les egos sont bien présents même dans le foot féminin…

  7. Laure Boulleau ressemble beaucoup à Trémoulinas dans son jeu … une petite mobylette qui se fait souvent surprendre dans son dos … sinon quel match, la meilleure bleues contre les danoises. Par contre, Bini aurait pu passer sa soirée à crier: ” leve ta tête avant de centrer ”
    Tout à fait d’accord avec vous, Henry, une des meilleures joueuses du championnat scotché au banc, ça fait mal et que dire de ML Delie qui même uniquement en prolongation aurait pu en planter un … Mauvaise compo dans l’animation offensive à mon gout !
    En dehors de son penalty ( le réussi ) et deux-trois grigri, Louisa Necib n’a rien apporté ( sur ce match la )

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