Ni buts ni soumises » Passage à l’Euro

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Que des nuls sauf les Bleues (et l’Espagne) »

Passage à l’Euro

L’Euro 2013 débute en Suède. L’Allemagne, la Suède et la France font figure de favoris et il serait extrêmement surprenant que le vainqueur final ne soit pas parmi ces trois.

Les Bleues arrivent avec quelques incertitudes suite à leur défaite contre l’Australie, mais elles ont un premier tour abordable pour se remettre.

Le championnat d’Europe féminin de football est sans doute la compétition qui obéit le mieux à la célèbre phrase de Gary Lineker. 7 fois sur 10, à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne, et même 7 fois sur les 8 dernières éditions, et les 5 plus récentes. Bref, l’Allemagne est tenante du titre depuis 1995.

Créée en 1984, la première édition est remportée par la Suède, qui perd en finale trois ans plus tard face à la Norvège. La compétition devient alors bisannuelle pendant 10 ans. La Norvège remporte une deuxième victoire en 1993, les autres étant donc pour l’Allemagne. La compétition se dispute à 4 à la manière des premières éditions du championnat d’Europe masculin jusqu’en 1995 où elle se dispute à 2… La phase finale n’est composée que d’une finale où l’Allemagne bat la Suède 3-2 le 26 mars 1995. Il faut dire que le début de l’été est déjà occupé par la Coupe du monde qui se dispute en Suède.

1997, début de l’ère moderne

À partir de 1997, l’Euro se déroule tous les 4 ans, en alternance avec la Coupe du monde et le format suit la même évolution que chez les garçons : on passe à une phase finale à 8 équipes, deux poules de 4, des demi-finales et un finale.

C’est aussi la première participation de la France à une phase finale officielle, dans une poule qui comprend (déjà) l’Espagne et la Russie, en plus de la Suède qui co-organise avec la Norvège. Avec une victoire contre la Russie, un nul contre l’Espagne et une défaite contre la Suède, les Bleues sont éliminées dès le premier tour pour un but de différence face à l’Espagne.

Mais l’événement est l’élimination de la Norvège, championne du monde en titre et à la maison mais battue par l’Italie et devancée par l’Allemagne, qui seront les deux finalistes.

En 2001, la compétition se déroule en Allemagne avec un plateau où seule l’Angleterre remplace l’Espagne. Les Bleues perdent d’entrée face à la Norvège 3-0, avant un match épique contre le Danemark, perdu 4-3 sur un coup franc et une expulsion de Corinne Diacre où l’on cherche encore quelle faute a bien pu être sifflée. La France sauve l’honneur en battant les vice-championnes en titre italiennes. Mais de toute façon, les meilleures équipes étaient dans l’autre poule, l’Allemagne et la Suède ne font qu’une bouchée de leurs adversaires et se retrouvent en finale.

En 2005, la France arrive comme la troisième meilleure équipe européenne. Malheureusement, les deux premières sont dans sa poule. La compétition se déroule en Angleterre et comme d’habitude l’équipe locale bénéficie d’un tirage particulièrement favorable avec l’équipe la plus faible dans chaque chapeau. Mais cela ne lui porte pas chance, après une victoire sur la Finlande, les Anglaises sont défaites par le Danemark et la Suède, et contre toute attente, c’est la Finlande qui accompagne cette dernière en demi-finales.

Dans l’autre poule, la France bat l’Italie d’entrée, mais ce n’est plus une surprise comme quatre ans auparavant. Elle fait ensuite un match nul contre la Norvège avec un but refusé à Sandrine Soubeyrand qui laisse encore des regrets, d’autant plus que les Bleues avaient battu deux fois cet adversaire en préparation. La France aborde le troisième match contre une Allemagne déjà qualifiée avec 3 points d’avance sur la Norvège, et une avance de 3 buts, ce qui semble dès le début insuffisant : la France perd 3-0 pendant que la Norvège bat l’Italie 5-3. Encore une fois, les deux adversaires du premier tour se retrouvent en finale.

2009, passage à 12

L’édition finlandaise de 2009 marque le passage à 12, avec un format à 3 poules de 4 que l’on retrouve cette année (et aux JO). La France tombe sur un groupe qui ressemble fort au précédent, seule l’Islande remplace l’Italie. Les résultats sont aussi les mêmes, mais grâce à des arrêts de jeu de folie lors d’Allemagne-Norvège (un doublé de Fatmire Bajramaj et un but d’Anja Mittag qui portent le score à 4-0), les Bleues devancent la Norvège à la différence de buts, et de toute façon, avec le passage à 12, le troisième du groupe était aussi qualifié.

La Finlande réédite à domicile sa performance de sortir de poule, accompagnée des Pays-Bas, tandis que dans le dernier groupe, la Suède, l’Italie et l’Angleterre éliminent la Russie. Lors des premiers quarts de finales de l’histoire, l’Allemagne passe sans problème face l’Italie, et les troisième de poules Anglaises et Norvégiennes se hissent en demi-finales. Enfin, la France ne parvient pas à battre les Pays-Bas et se fait sortir aux tirs aux buts.

Dans la demi-finale surprise, c’est l’Angleterre qui gagne au dépend des Pays-Bas le droit de perdre la finale face à l’Allemagne, ce qui est fait sur le score de 6-2.

Le plateau

Cette année, le format est toujours le même, avec trois groupes de quatre équipes qui qualifient les deux premiers de chaque groupe plus les deux meilleurs troisièmes. Autant dire qu’une victoire et un nul assurent pratiquement la qualification.

Dans le groupe A, la Suède partira largement favorite face à l’Italie, au Danemark et à la Finlande. Les quatre équipes peuvent espérer se qualifier, ce qui définit en général le groupe qui fournira le moins bon troisième (mais le meilleur quatrième). L’Italie part avec la faveur des pronostics pour accéder en quarts de finales.

Le groupe B est bien sûr déjà promis à l’Allemagne qui semble nettement supérieur à la Norvège, aux Pays-Bas et à l’Islande. En dehors des tenantes du titre, ce groupe semble le plus faible.

Enfin, le groupe C est celui de la France qui bénéficie du rang de tête de série grâce à ses résultats à la Coupe du monde et aux Jeux Olympiques. Elle affrontera l’Angleterre, l’Espagne et la Russie, qui ne devraient pas lui poser de problème en théorie. Sur les dernières impressions, la Russie pourrait subventionner tout le monde et permettre à ce groupe de s’assurer l’une des deux places de meilleures troisièmes.

Qui va gagner ?

La liste des favoris se limite à trois noms. On aurait presque envie de la limiter à un seul tant le palmarès est éloquent, mais cela n’a pas fonctionné lors de la Coupe du monde dont les Allemandes étaient double tenantes.

L’Allemagne reste malgré tout la principale favorite à sa propre succession. Malgré les blessures en particulier qui ont mis une moitié de son équipe type sur le flanc. Malgré les mauvais résultats lors des dernières compétitions. Il faut dire que ces « mauvais résultats » se résument en fait à une défaite 1-0 après prolongation contre le Japon. Comme elle est intervenue en quarts de finales de la Coupe du monde, elle a gâché à la fois cette compétition et la suivante, puisqu’elle a empêché la Mannschaft de disputer les Jeux Olympiques. On verra si le mal est plus profond, mais les prestations lors des matchs amicaux ne l’indiquent pas vraiment.

Le facteur X Pia Sundhage

La Suède est bien sûr candidate au titre. D’abord parce qu’il s’agit d’une des deux ou trois meilleures équipes européenne, ensuite parce qu’elle joue à domicile et qu’elle possède quelques unes des meilleures joueuses du monde, au premier rang desquelles la Lyonnaise Lotta Schelin. Mais un autre facteur augmente la confiance des Suédoises : Pia Sundhage est de retour. Championne d’Europe en 1984 avec la Suède, et joueuse mythique, elle a surtout remporté deux titres olympiques à la tête des Etats-Unis. Elle est donc arrivée en début de saison avec un aura toute particulière pour mener son équipe à une victoire à domicile.

Les Bleues pour une première finale

Fortes de leur présence dans le dernier carré des deux dernières compétitions internationales, et de leur place de meilleure équipe européenne des Jeux Olympiques, les Bleues de France visent ouvertement le titre. Une bonne partie de l’effectif a déjà remporté des titres européens, en club avec Lyon, en battant des adversaires Suédoises et Allemandes.

La défaite contre l’Australie ne change pas grand chose1, le problème des Bleues est au niveau de l’efficacité ce qui pourrait les pénaliser dans les matchs au sommet, mais elles semblent avoir de la marge pour le premier tour. Attention toutefois, une deuxième place les enverrait en quart contre l’Allemagne (et une troisième contre la Suède).

Enfin, on se rappellera qu’il y a 21 ans, l’équipe de France de Michel Platini abordait son Euro suédois après avoir remporté tous ses matchs éliminatoires et partait largement favori avec l’Angleterre pour sortir de poule. Mais ces Bleues ci sont sans doute mieux armées que ces Bleus là.



3 commentaires pour “Passage à l’Euro”

  1. contrairement au match insipide des u20, l’euro feminin commence avec un bon petit match, italie-finlande 0-0, avec du jeu et des italiennes mal récompensé

  2. Pour moi, le groupe B est le plus relevé et non le plus faible. Même si l’Allemagne est vraiment au-dessus et l’Islande très en-dessous, Norvège et Hollande sont deux vraies bonnes équipes, difficiles à jouer.
    Dans le groupe A ,je voyais déjà le Danemark devant l’Italie, les deux matches de ce soir confirment mon impression. Les Danoises m’ont impressionné.
    La France doit se débarrasser de la Russie et de l’Espagne sans trop de problème. Contre l’Angleterre, même si elle lui est intrinsèquement supérieure, ce n’est pas joué d’avance. La dominer est une chose, la battre en est une autre. Tout dépendra de l’efficacité de nos attaquantes (et là…) et de quelle Angleterre on aura en face : celle (très bonne) qui a joué le Japon, ou celle (très mauvaise) qui a affronté la Suède dans ses deux derniers matches de préparation…

    Quant à l’Allemagne, les Bleues devront de toutes les façons se la coltiner, en 1/4 ou en 1/2… Pour moi, les Allemandes restent les favorites (leur niveau de jeu dans leurs trois matches de préparation contre l’Écosse, le Canada et le Japon était impressionnant malgré les 6 absentes), mais la France peut les battre, il faudra bien le faire un jour ou l’autre sur un match déterminant… Je ne crois que modérément à la Suède, même si l’équipe a de réelles qualités.

    Pour ce qui est des “23 matches sans défaites”, la citation est tronquée, ceci expliquant cela. J’ai vu et entendu Bini, et il avait bien précisé “23 matches amicaux”. Après, la télé………… et Balbir n’a pas encore commencé à parler, en plus ! ;o) (d’ailleurs, je crois que je regarderai W9 pour la qualité d’image TNT, avec le son de Eurosport récupéré sur le net. En espérant qu’il n’y ait pas de décalage…)

  3. la gardienne anglaise dans la plus pure tradition, sinon cette euro est parti sure de bonne base avec un jeu vraiment sympa sur tout les matchs.

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