Ni buts ni soumises » La tournée du patron

« Le PSG prend date pour l’avenir

10e journée de D1 : Veillées d’armes »

La tournée du patron

Bilan presque trop beau pour les Bleues dans une tournée aux Antilles conçue autant comme une session de travail que comme une récompense pour les demi-finalistes de la Coupe du monde.

Un soir de victoire 5-1 contre la Pologne à Poznan, le sélectionneur Michel Platini avait fait la fine bouche : « 3-1, c’est bien, c’est qu’on a été bon. 5-1 c’est que l’adversaire a été mauvais ».

C’est le genre de réflexion que pourrait faire Bruno Bini après les deux larges victoires de l’équipe de France contre l’Uruguay (8-0) et contre le Mexique (5-0). Et si le faible niveau de la Celeste ne fait pas de doute, le Mexique était annoncé comme un adversaire difficile, vainqueur des États-Unis en tournoi qualificatif à la Coupe du monde où il avait fait plutôt bonne figure (nul contre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, courte défaite contre le Japon).

Entre l’épouvantail annoncé et le faire valoir que laisserait croire le score, la vérité est sans doute intermédiaire : le Mexique est une équipe en construction avec pas mal de jeunes joueuses et la motivation pour un match amical en Martinique n’est pas la même que pour un match qualificatif à Cancún.

Mais le 5-0 est trompeur car il met plus la lumière sur la faiblesse supposée de l’adversaire que sur la qualité de l’équipe de France. Et on a pourtant vu une très belle équipe de France, capable comme toujours de très beaux mouvements, de maîtriser les changements de rythmes sous un climat qui ne permettait pas d’accélérer pendant 90 minutes, et surtout traduire sa domination au score.

Comme un air de déjà vu

Une tournée aux Antilles à l’automne précédant une grande compétition internationale, le parallèle était tentant celle de l’équipe de Raymond Domenech en 2005, il ne manquait ni la décision assez tardive, ni les grincements de dents de l’entraîneur de l’OL. Mais si cela avait été en quelque sorte le début de l’aventure Allemande pour les garçons dont le groupe s’était sans doute cimenté là, pour les filles cela ressemble à la conclusion de la Coupe du monde en Allemagne.

Noël Le Graet, président de la FFF l’a présenté comme une « récompense » aux Bleues pour leur demi-finale et les 17 joueuses parties en tournée faisaient bien partie de la liste lors de la Coupe du monde1. D’ailleurs il n’y a pas vraiment besoin de construire un groupe qui existe déjà, c’est même l’une des préoccupations majeures de Bruno Bini. Mais cela permet de l’entretenir.

L’émotion était bien entendue beaucoup plus forte pour les joueuses originaires de Guadeloupe (Laura Georges) et de Martinique (Wendie Renard et Élodie Thomis, même si elle est née à Colombes). Chacune a d’ailleurs eu l’occasion de porter le brassard.

Rotation à l’arrière

Sur le plan du jeu, on n’aura du coup pas vu beaucoup de nouveautés, mais quelques variantes. Tout d’abord la malédiction de l’arrière droite a encore frappé avant le match contre le Mexique avec les blessures de Laure Lepailleur et de Corine Franco, obligeant Wendie Renard à déserter l’axe pour montrer qu’elle savait aussi jouer latérale, agrémentant une impeccable prestation défensive de nombreuses montées et d’un but de vraie ailière.

Par ricochet, on a aussi pu voir que la rotation en défense centrale était potentiellement sans limite : Sabrina Viguier à la maison, Wendie Renard à droite, Laure Lepailleur préservée, Laura Georges sortie à la mi-temps, il ne restait plus aucune habituée du poste pour tenir compagnie à Ophélie Meilleroux. La place a donc été occupée successivement par Sandrine Soubeyrand (qui a joué quelques saisons à ce poste à Juvisy) et par Sonia Bompastor (qui ne devait y avoir joué qu’une seule fois en sélection, lors d’une défaite assez laide contre les Pays-Bas).

Contrecoup du contrecoup, cela a aussi permis de confirmer qu’une solution pour faire jouer à la fois Élise Bussaglia, Camille Abily, Louisa Necib et Gaëtane Thiney était peut-être de mettre les deux premières à la récupération. Cela suppose de se passer de la capitaine Sandrine Soubeyrand, mais c’est une solution qui a régulièrement été employée en cours de match lors de la Coupe du monde.

L’ouverture du groupe déjà entrevue contre le Pays de Galles et Israël se poursuivra sans doute au printemps avec le retour des éliminatoires de l’Euro et les matchs contre l’Écosse, et peut-être enfin un match contre une équipe de haut niveau, au moins un avant les JO.



11 commentaires pour “La tournée du patron”

  1. superbe article CHR$ mais petite précision le Mexique a perdu plus largement contre le Japon en CDM (4-0).

  2. Un grand bol d’air frais cette équipe de France féminine, ça joue, c’est technique, de beaux mouvements collectifs, l’inverse absolu de leurs collègues masculins. C’est dommage que la concurrence n’ait pas été flamboyante, mais j’ai vu du vrai football et rien que pour ça, merci et chapeau mesdemoiselles. Ah et Delperrier aux commentaires est pénible et je suis poli, ce n’est pas faire honneur à ces joueuses et leurs qualités que de préposer ce pathétique individu aux commentaires…

  3. Pour l’instant, le groupe vit bien et se met en place. J’ai bien aimé la performance de Louisa Necib contre l’Uruguay: elle a un potentiel énorme et elle me donne l’impression d’avoir progressé dans sa vision du jeu, elle cherche moins l’exploit individuel, sollicite davantage ses partenaires. Pas encore de quoi justifier son surnom de “Zidane au féminin”, mais elle apporte plus dans le jeu au sein d’un collectif qui commence à bien tourner. Et les Bleues qui pêchaient souvent dans la finition se trouvent de plus en plus réalistes…

  4. Plutôt d’accord avec toi sur le milieu sans Soub’. Peut-être inverser ce qui se fait actuellement, et faire rentrer Soubeyrand en milieu de seconde mi-temps? En tout cas, si on inclut Franco (que je prefere en milieu def. qu’en latérale), si nous donne 6 “vraies” titulaires en puissance, de quoi faire une rotattion et palier aux blessures éventuelles.
    Tiens, une question tu as peut-être vu plus souvent jouer le PSG que moi: Laure Boulleau, elle peut pas jouer du tout à droite? Au vu de ses prestations actuelles, et de sa rentrée contre l’Uruguay, ce serait dommage de s’en passer…mais on peut pas se passer de Bompastor non plus :-/

  5. Ou alors on met Bompastor en 6, en plus ça lui plairait.
    Sinon, je crois que Laure Boulleau à droite, ça n’est pas prévu. Et du coup, il n’y a vraiment pas d’arrière droite disponible, parce que même Corine Franco, Wendie Renard ou Laure Lepailleur ne le sont pas vraiment non plus.
    Vivement le retour de Sandrine Dusang.

  6. Je vous suis sur la qualité du groupe et les commentaires télé de direct 8.Un peu énervé quand même par le rendement des centres qui montre une lacune technique indésirable à ce niveau.

  7. Jamais léquipe de France “Féminine A” n ‘a été aussi belle dans son évolution technico tactique et dans ses performances .
    Qu’on se le dise, à défaut de pouvoir le lire!
    Ne crachons pas dans la soupe et respectons le travail des uns et des autres
    bonne journée

  8. Tiens je me demandais au bout de combien de temps on aurait ici un commentaire de commissaire politique expliquant qu’il n’était pas autorisé de critiquer telle ou telle équipe. C’est fait.
    Je suis d’accord qu’il faut respecter le travail de tout le monde, y compris celui d’Élisabeth Loisel, par exemple en évitant de faire croire qu’avant l’équipe de France jouait mal et n’avait pas de résultats.
    Avant on avait *aussi* une belle équipe de France et ses performances entre les barrages contre le Danemark et l’Angleterre en 2002 et la défaite contre les Pays-Bas en 2005 n’avaient rien à envier à la période actuelle.
    Non au “c’était moins bien avant”. Avant c’était déjà bien.

  9. Choix judicieux de passer France-Uruguay sous silence; Courbis dit que les femmes jouent au niveau cadets, (où est le mal?) mais là, franchement, à part leur n°13 pas une ferait l’affaire au jardin public un dimanche matin. Sur un terrain qui ne les inspiraient pas (on les comprend!) les bleues ont joué les mains dans les poches, sinon ça finit 20-0. Mais les Méxicaines étaient toute autre chose; elles en prennent 2 avant de piger que la france était sur le terrain, non pas à l’écran, et il fallait jouer au lieu de regarder. Une fois le marquage réglé, elles n’ont pris (et d’une France vraiment fringante) que 3 en 83′ et ont solicité de Deville une journée de travail honnête (les Uruguayennes, elles, n’ayant même pas réussi une sortie de but). Vu que presque toutes les Méxicaines sont aux universités US (donc, primo, ont 22 ans au plus, et secundo, suivent une formation de qualité) je pense qu’elles feront TRES bonne figure en 2015.

  10. “Plutôt d’accord avec toi sur le milieu sans Soub’. Peut-être inverser ce qui se fait actuellement, et faire rentrer Soubeyrand en milieu de seconde mi-temps?”
    Sans prétendre être un spécialiste, il me semble que la place de Soubeyrand dans l’équipe ne se justifie plus que par son rôle de capitaine, et une capitaine qui n’est pas titulaire, ça me parait difficilement envisageable… Donc je ne pense pas qu’on verra cela tant que Bini voudra la maintenir dans l’équipe.

  11. Il est où l’article du JDD sur le gourou Bini ?

    Une tournée qui n’a pas servi à grand-chose à part faire plaisir à Le Graët et à un public des antilles qui ne semblaient pas si intéressé que ça ( j’ai vécu dans les iles je peux en parler ).

    Il serait peut-être temps qu’on se mette d’accord sur de vrais matchs amicaux telle que la Suède, l’Angleterre et autre pour voir réellement si l’équipe est en progresse ou même parfois en perdition ( impression mitigée des qualifications de l’Euro malgré le peu qu’il y a en face ) !

    On a sincèrement un autre problème, la gardienne. Je n’ai rien contre Deville mais mettre une gardienne remplaçante en club n°1 en EDF on aura tout vu je pense !