Ni buts ni soumises » Suspens meurtrier au bout des quarts

« Elles avaient rendez-vous le 9 juillet

Nous ne serons pas championnes du monde »

Suspens meurtrier au bout des quarts

Les États-Unis, seuls anciens vainqueurs en demi-finales: le grand ménage du week-end a profité aux challengers…

Le tableau des quarts de finale, assez inattendu, avait été le résultat paradoxal d’un premier tour sans trop de surprise. Les matches auront confirmé cette impression avec une seule (grosse) surprise, mais qui marque un vrai renouvellement. Et encore, on est passé à quelques secondes – et à un but d’Abby Wambach au bout des arrêts de jeu de la prolongation contre le Brésil – de se passer en demi-finales de tous les anciens vainqueurs de la compétition : les Américaines ont ainsi failli rejoindre Norvégiennes et Allemandes dans le convoi des éliminées précoces.

Les États-Unis sont donc l’unique rescapé du trio d’ultra favoris (composé avec le Brésil et l’Allemagne), à l’issue d’un match qui aura valu plus pour son scénario (ouverture du score dès l’entame, retour des Brésiliennes qui prennent l’avantage en prolongation et égalisation tout à la fin), que par la qualité de jeu. Et bien sûr pour Marta, qui ne remportera pas encore de titre mondial cette fois-ci, mais qui a confirmé son statut de meilleure joueuse du monde, marquant les deux buts du Brésil et offrant des caviars gâchés par ses partenaires.

Bleues : une victoire logique plus qu’un exploit

Autre particularité de ces quarts de finales, qui confirme le resserrement des valeurs: trois des quatre équipes premières de poule ont été sorties (même si les deuxièmes qui sont passées ont toute lâché la première place lors de la dernière journée, étant déjà qualifiées). Seule la Suède a donc assumé son rang en battant assez facilement l’Australie qui était sans doute l’équipe la plus faible de ces quarts de finales. Sans faire de bruit, les partenaires de Lotta Schelin sont donc les seules à compter quatre victoires et peuvent viser le titre qui leur a échappé dans la prolongation en 2003.

On aura beau vendre la victoire de la France contre les vice-championnes d’Europe comme un exploit, c’est finalement un résultat parfaitement logique. Dans le jeu d’abord, nettement dominé par les Bleues (lire “Elles avaient rendez-vous le 9 juillet”). Mais aussi dans le statut réel des deux équipes: la place de finaliste de l’Angleterre il y a deux ans à l’Euro était au moins autant en trompe l’œil que le quart de finale de la France lors de la même compétition: sortie troisième de leur poule derrière la Suède et l’Italie, les Anglaises avait bénéficié d’un tableau ultra favorable avec la Finlande puis les Pays-Bas1, avant de se faire pulvériser en finale par l’Allemagne. Ce qui permettait toutefois de mettre en exergue la principale qualité de l’Angleterre, sa capacité à tirer profit de toutes ses situations favorables et à ne jamais gâcher d’occasion. Cette qualité aura semblé en mesure de faire la différence jusqu’à la 88e minute, voire jusqu’au tir de Faye White.

L’Allemagne sans stars ni ressort

La vraie surprise est donc venue du match de l’Allemagne, et au poids de la surprise, elle en vaut bien trois ou quatre. Les Allemandes étaient doubles tenantes du titre, et évoluaient à domicile. Les Japonaises n’avaient pas réussi à remporter la Coupe d’Asie par manque de réalisme et elles sortaient d’un match contre l’Angleterre durant lequel elles avaient semblé au bout du rouleau.
Mais tout au long du match, les locales ont semblé totalement incapables de donner du rythme et de servir correctement Inka Grings. Bien sûr, avec ce résultat, Silvia Neid aura du mal à justifier la mise au ban(c) de Birgit Prinz – même si l’attaquante vedette avait semblé hors de forme lors des deux premiers matches –, ainsi que celle de Fatmire Bajramaj, qui aurait peut-être pu apporter un peu de variété au jeu allemand. Quand on se passe de deux des trois joueuses nommées pour le titre de meilleure joueuse du monde, il vaut mieux gagner.

Mercredi 13 juillet à 20h45, le stade de Francfort sera le théâtre de Japon-Suède. Ces deux équipes se sont rarement croisées (4 victoires de la Suède, 2 défaites et 2 nuls). Mais les victoires suédoises, dont deux en Coupe du monde (8-0 en 91 et 2-0 en 95), datent d’un autre temps, où le Japon n’était pas un prétendant au titre. En 2011, les deux équipes se sont rencontrées deux fois, une victoire 2-1 pour le Japon et un nul 1-1 à Bochum, quelques jours avant l’ouverture de la Coupe du monde.

France-États-Unis, ce sera pour mercredi à 18h00 à Mönchengladbach. Là, le bilan est simple : 13 matches, 12 victoires américaines et un seul 0-0, lors de l’avant dernière rencontre en 2006. Autant dire qu’une victoire française serait une grosse cote. Mais sur le début de compétition, ça ne semble pas impossible.



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