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Abasourdi par le départ de Bielsa, refroidi par les refus (même Pascal Dupraz a préféré signer au Canal Football Club !), Vincent Labrune a trouvé une idée de génie pour relancer son OM.

La Star Academy, que dis-je, le Koh Lanta des entraîneurs : ils sont 19 sur la ligne de départ et, sélectionnés selon des critères bien précis, ils ont un match, un seul, pour faire leurs preuves.

À l’issue de la phase aller du championnat, un jury composé d’Avy Assouli, Rolland Courbis et René Malleville choisira celui qui a été le plus convaincant et qu’ils estiment le plus à même de mener l’OM vers les sommets.

En exclusivité, voici les 19 noms retenus.

1ère journée : SM Caen. Marcelo Bielsa.

2nde journée : Stade de Reims. Sidney Govou, qui devait assurer ce déplacement, n’a pas résisté à la mise au verre. Et si le choix a été difficile entre lui et la glacière, c’est donc Franck Passi qui a pris la première tournée.

3ème journée : ES Troyes AC. Oubliez les Prandelli, Montella et autres Spalletti. Quitte à ne pas “renier ses gènes ou sa race”, autant prendre le meilleur. Et je veux bien sûr parler de Fabrizio Ravanelli, pas de Roberto Benigni.

4ème journée : En Avant Guingamp. Non José, on ne pourra pas les envoyer en Ligue 2 en les battant fin août, mais ça sera toujours ça de pris.

5ème journée : SC Bastia. Les propos de François Ciccollini ne pouvaient rester impunis. Et Lorik Cana s’y connait en punition.

6ème journée : Olympique Lyonnais. Il a longtemps tenu la corde, mais Volker Finke doit finalement s’incliner devant Michel, homme de la situation, même s’il trouve Sarr doux et que Koné marrave.

7ème journée : Toulouse FC. Pour un mec qui a joué à Francfort, la saucisse, c’est une question d’honneur. Jürgen Klopp se fait donc un plaisir de remettre les Toulousains à leur place.

8ème journée : Angers SCO. Il n’y a pas que José Anigo qui a des clauses particulières à l’OM. Il y a aussi Albert Emon. Et puis bon, personne d’autre ne voulait y aller.

9ème journée : Paris Saint-Germain. À court de challenges, Zlatan Ibrahimovic décide de se confronter au dernier adversaire à sa mesure : lui-même.

10ème journée : FC Lorient : Abedi Pelé ayant refusé le poste (c’est possible, des bons souvenirs à Lorient ?), c’est un Pascal Dupraz revanchard du 3-5 de l’année dernière qui prend ce match en charge. Et comme lui aussi peut se moquer du football, il ramène Kassim Abdallah et Saber Khalifa avec lui.

Et moi et moi et moi !

Et moi et moi et moi !

11ème journée : Lille OSC. S’ils avaient eu de l’humour à la Ligue, ils auraient fait jouer ce match pendant la CAN. Avec des effectifs au complet, la confrontation manquera de piquants, mais Claude Leroy ira malgré tout chercher le titre de meilleur entraîneur français d’Afrique.

12ème journée : FC Nantes. Comment ça, Charles Aznavour n’est pas entraîneur de foot ? Parce que vous croyez que Bernard Casoni, c’était quoi ? Et puis au moins, comme ça, nous saurons qui est l’Arménien préféré des Français.

13ème journée : OGC Nice. Au chômage depuis son licenciement, Grégoire Puel décide de régler son Oedipe avec un diplôme d’entraîneur.

14ème journée : AS Saint-Étienne. Ils me font rire les Américains avec leur Mayweather - Pacquiao. Il aura fallu 15 ans pour l’organiser, mais le voilà le vrai combat du siècle : le second round entre Marcelo Gallardo et Christophe Galtier, live from les couloirs de Geoffroy Guichard. Je peux vous l’avouer dès maintenant : le match (de foot) n’aura même pas lieu, les deux entraîneurs n’arrivant jamais jusqu’au terrain.

15ème journée : AS Monaco FC. Lassé de s’en prendre à Arsène Wenger, Rafael Benitez ou Eva Carneiro, José Mourinho décide de s’attaquer au seul entraîneur au monde qui a un président multimilliardaire et qui ne parvient qu’à se faire prêter El Shaarawy par le Milan AC.

16ème journée : Stade Rennais FC. D’accord ce n’est pas le même sport (mais peut-on encore considérer Rennes comme une équipe de foot ?), d’accord ce n’est pas une finale, mais qui mieux que Vern Cotter maîtrise la science de la lose ?

17ème journée : Montpellier HSC. Inquiet à l’idée que son fils croise la route de Romao, Christian Gourcuff accepte le poste juste pour mettre ce dernier sur le banc. C’est un peu oublier les probabilités (que l’un soit blessé et l’autre suspendu) mais toutes les raisons sont bonnes pour voir un serpent de mer entraîner l’OM.

18ème journée : Gazélec Ajaccio. Parce que seul un anaconda peut succéder à un serpent de mer : Claude Makelele.

19ème journée : Girondins de Bordeaux. Cette série dure depuis bien trop longtemps, et le Grand Patron m’en devait une. Il fait donc revenir Ivan Markovic.

Bob-Loulou.

J’ai beaucoup hésité dans la semaine mais finalement, je vais rester, moi. On ne pourra pas couler indéfiniment, et puis si on y parvient, au moins, on devrait rigoler.

Et je ne pouvais pas rater ce déplacement à Reims : il y aura du champagne, et ma femme est dans les tribunes.

-10e J’ai d’ailleurs l’impression qu’elle rajeunit d’année en année. Ce doit bien être la seule supportrice de l’OM à ne pas avoir pris 10 ans depuis samedi dernier.

-9e Mon fils est en tribunes lui aussi. J’espère qu’il s’est mis au poker…

-8e Un short de foot, un perfecto en cuir et des pompes en toile. Cela fait plaisir de voir que cet enfant tient de moi, au moins là dessus.

-7e Pas dans l’OM, pas dans les fringues. Mais où passe donc tout mon argent ?

-2e Pendant ce temps, à Rosario, Marcelo s’installe dans son canapé avec une bonne canette. Malgré l’horaire tardif, il rattrape sa novela, et il est bien.

Coup d’envoi. Minute de silence pour saluer la mémoire de Bielsa et du football à Marseille. Ça y est, les mecs gagnent à Bordeaux et ils pensent pouvoir chambrer.

1e Thauvin essaye d’y aller seul. Il va être long ce match…

4e Faute sifflée sur Bulot. Lemina avait pourtant envoyé la sauce.

9e Frappe acrobatique d’Alessandrini, heureusement que le Rémois l’a prise avant lui.

10e Nouvelle frappe manquée d’Alessandrini, décidément plus doué dans ses sorties dans la presse.

12e Donc cette saison, nous n’allons encaisser que des frappes d’en dehors de la surface, c’est ça ? 1-0

13e En plus, ce Traoré est leur arrière droit.

16e Transparent contre Caen, Romao a décidé de se montrer cette semaine : magnifique tacle en retard.

19e Nouvelle tentative de débordement d’Alessandrini, mais Bulot s’accroche.

23e Batshuayi ne cadre pas. C’est une consigne pour éviter les fausses joies : il était hors-jeu.

31e Traoré place encore une reprise de volée mais ne la cadre pas. Vu notre dynamique, je la voyais déjà au fond.

34e Avec l’habitude de ne rentrer qu’en seconde période, j’ai l’impression que Batshuayi ne sait pas quoi faire des 45 premières minutes.

39e Oniangué place sa frappe juste à côté de la lucarne de Mandanda. Bon, où est la blague ?

41e À force de s’entraîner avec des mannequins gonflables, les joueurs marseillais sont perdus face à des adversaires de plus d’1m80 qui sautent et sont capables de faire un pas.

42e Et non, ce n’était pas une vanne sur Doria !

Le football champagne n'est pas près de nous exciter.

Le football-champagne n'est pas près de nous exciter cette saison.

Mi-temps. Le seul Marseillais satisfait à l’issu de cette première mi-temps doit être Passi qui, jusqu’ici, fait aussi bien que Bielsa. Une statue doit donc l’attendre à Marseille.

46e Agassa s’excuse, il vient de faire un arrêt en se replaçant. En même temps, ça aurait été louche que Romao en mette un.

53e Lemina fait un excellent retour sur De Préville, il ne devrait pas tarder à sortir.

54e Tous les chemins mènent à Rome, et les impasses à Romao.

55e Batshuayi prend un jaune sur un beau tacle d’attaquant. Personne d’autre que Romao ne peut le conseiller ?

56e Pendant ce temps à Rosario, Bielsa ouvre une bouteille de champagne chilien.

57e Entrée de Mfulu. Dans les tribunes Labrune enrage : lui aussi, il l’aurait raté ?

58e Mendy centre sur Mandi. Cela commence à devenir très compliqué.

60e Alessandrini remplacé par Sarr : avec Bielsa, on aurait crié au génie, mais là, on sent plutôt le désarroi.

61e Pas étonnant que Bielsa n’ait pas serré la main d’Alessandrini avant de partir, c’est un coup à choper ses maladies.

63e Et on parle d’un mec dont le dernier geste réussi est un centre raté contre la Juventus.

63e Rekik se replie en moonwalk, je l’aime déjà ce garçon. Moins Mandanda, qui lui sauve la mise.

63e Le saviez-vous : avant mon retour, l’OM avait un coach et une attaque de feu. Ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi.

68e Gros tacle de De Préville , il abat un Bulot énorme.

74e En parlant de Bulot, Romao nous prouve encore une fois son intelligence tactique en récoltant un rouge. Enfin une bonne nouvelle pour l’OM. En plus la rentrée de Nkoudou est reportée, CHAMPAGNE !

75e Mais du coup, Ocampos reste sur le terrain. SHAMPOING !

76e Entrée de Sparadra à la place d’Ocampos, j’espère que ça va accrocher.

78e Je vais essayer d’être optimiste et je vais voir tous ces coup de pieds arrêtés tirés au ras du sol comme un hommage au retour de Valbuena en Ligue 1

80e Franck Passi tente le tout pour le tout et lance un “Muchacho !”.

81e Dans la foulée, il manque de peu de se faire expulser. Guy Cazadamont s’apprêtait à prendre le relais sur le banc.

83e Sortie de Batshuayi pour Kevin-George Nkoudou. Adieu.

84e Ah oui, c’est cela que je ne trouvais plus : c’est Nkoudou qui est pire qu’Ocampos.

85e Ce n’est pas de bol quand même, Passi a récupéré l’allant offensif de Baup et la solidité défensive de Bielsa. Le succès tient à peu de choses parfois.

87e Rekik a compris et tente par tous les moyens de blesser un Rémois pour finir à 10 contre 10. Il se rate et nous passons à un cheveu du 9 contre 11.

90e Quand je pense à tous ces gens qui sont au stade pour voir cette purge. Moi je m’en fous, je suis mort.

90+4 Moralité du jour : Devaux valent mieux qu’un, surtout s’il s’appelle Romao.

90+5 Moralité du jour, bis : en fait, Margarita avait raison, cela ne servait absolument à rien de prolonger Bielsa, Passi peut faire pareil pour moins cher.

90+6 Margarita, qui réussit d’une pierre deux coups aujourd’hui : après ce match, Kyril est enfin débarrassé de son enthousiasme.

90+7 Passi entraîneur, c’est un peu comme Avi Assouly qui devient député : un accident historique qui vire à l’accident industriel.

90+8 En tout cas, le club a appris à rendre hommage à ses anciens : deux journées, et l’OM est toujours Fanni.

90+12 Sinon Aston Villa n’a pas envie de sortir 80 M€ pour racheter les restes du club ?

Bob-Loulou.

Salut les vivants,

Après le Trophée Moi, c’est bien l’heure de la reprise. En une semaine, nous serons donc passés de la Juventus de Turin au Stade Malherbe de Caen. C’est un peu comme passer d’Adriana Karembeu à Mimi Mathy : au début, tu penses que ça va être plus facile, puis tu te rappelles que ça va peut-être être un plan galère. Et ce n’est pas en ayant changé tous les joueurs à l’intersaison que nous risquons d’apprendre de la défaite de l’an passé.

-10e Si le doute était permis la semaine dernière, c’est bien confirmé ce soir : l’OM a également attiré René la Taupe au cours de ce mercato. Pour s’occuper de la pelouse du Vélodrome.

-3e Bielsa est déçu, Caen n’aligne qu’un seul attaquant. Du coup, son schéma de jeu est affreusement classique.

-2e En tribunes, Abou Diaby et Lassana Diarra sont suivis de près par un employé de la CPAM des Bouches-du-Rhône, papier bulle à la main.

Coup d’envoi.

2e Un contrôle à cinq mètres, un ballon rendu à l’adversaire : gros début de match de Mendy. À croire que Morel a laissé un peu plus que prévu derrière lui.

3e Sympa cette larme tatouée au coin de l’œil d’Andy Delort. Comme ce n’est sûrement pas pour les matches qu’il a tués, c’est pour quoi ? Les mouettes ?

6e Cet aperçu de ce que serait notre défense sans Nkoulou fait froid dans le dos. J’espère que Jean-Michel Aulas regarde ailleurs ce soir.

7e Bonne ouverture de Barrada, Batshuayi est tellement surpris qu’il ait eu la force de la pousser jusqu’à lui qu’il en rate le cadre.

13e Sur son côté, Appiah fait bien des misères à Mendy. Heureusement que la pelouse est là pour le ralentir.

16e En fait, c’est drôle, mais je crois bien que nos joueurs se sont habitués à jouer en 3-1-3-1… Euh, non, en 3-1-5… Ouais enfin n’importe comment quoi…

19e C’est marrant, quand Alessandrini rate un centre, ça finit dans la lucarne de Buffon. Et quand Barrada en réussit un, ça finit en six mètres derrière Vercoutre.

21e Du coup, Alessandrini centre de partout, mais surtout n’importe comment.

22e Et voilà que Mendy fait des reprises de volée des 30 mètres sur le poteau ! Hâte de voir le centre en coup du foulard de Romao.

28e Alors que re-voici l’habituel cachou dans la lucarne d’un attaquant qui n’a pas marqué depuis 20 matchs 0-1 Dire que la vanne de l’or dans les pieds était prête à être dégainée…

29e En tout cas, les Caennais ne nous referont pas le coup de l’an passé, c’est déjà ça de pris.

30e Superbe horizontale de Vercoutre devant Batshuayi. Depuis quand il fait des choses comme ça ?

36e Non Michy, tu n’es pas étrangement seul, tu es hors-jeu. André-Pierre et Djibril à jamais dans nos cœurs.

39e Après la parade miraculeuse, le sauvetage sur la ligne… Des fois je me demande si j’ai bien fait de revenir.

42e Gros temps fort marseillais. J’ai très peur, c’est exactement l’heure d’en prendre un deuxième en contre.

Mi-temps. Un but aussi splendide qu’improbable et une défense héroïque pour les Caennais. À ce rythme-là, l’addition risque d’être salée pour les Olympiens. Le fameux sel de Garande.

Mais si, avec un peu de sel, ça va très bien cicatriser, vous verrez.

Mais si, avec un peu de sel, ça va très bien cicatriser, vous verrez.

46e Ocampos remplace Alessandrini. Et l’OM reste donc à 10 contre 11 avec Romao.

51e En tout cas, on peut remercier Arema qui fait vraiment du bon boulot. 60 000 spectateurs pour un match de beach soccer, c’est un record.

52e Je sais pas ce que Bielsa voit en Ocampos, mais un truc que Lucas ne voit pas, c’est le but. Même Benoît Cheyrou l’aurait cadrée cette reprise…

57e Lemina est le joueur le plus dangereux offensivement pour les Marseillais. Elle va être longue cette saison… Heu, cette mi-temps.

62e Le seul débordement qu’Ocampos a réussi jusqu’ici, c’est avec ses cheveux.

63e Louche de Thauvin dans les six mètres pour une tentative de ciseau de Batshuayi. Qui s’en tient finalement à pierre-feuille. Pendant ce temps, Monchi-fu-mi.

64e Lemina sort alors que Romao court toujours. Enfin, court… Trottine, quoi.

70e C’est vrai qu’il bouge beaucoup, mais il ne peut pas non plus être au four et au moulin, Sarr.

72e Frappe de la cheville, contrôle du tibia, tête de la carotide… Lucas Ocampos est en fait le Docteur Maboul du football.

75e Pour l’instant, Nkoudou a touché plus de ballons à l’échauffement que depuis sa rentrée. Et vous n’avez pas vu l’échauffement…

77e Rentrée de Nkololo côté caennais. Labrune se demande comment il a pu manquer le chaînon manquant entre Nkoulou et Nkoudou.

84e Déjà 33 ans mais il continue à maintenir le cap, Féret. Même si Barrada est sur son chemin.

86e Ce petit Nkoudou m’a l’air très sympathique, mais ça serait bien qu’il arrête de m’envoyer tous ses ballons.

88e Frappe de Barrada détournée du bout des doigts par Vercoutre sur son poteau. Soit Caen a la réussite du champion, et le PSG n’a qu’à bien se tenir. Soit on veut me faire passer un message.

89e Batshuayi rate à son tour, mais Michy a le droit, il est hors-jeu.

90+1 14e corner pour l’OM et pas un seul n’a été mal tiré. Je perds tous mes repères.

90+2 Nouveau record d’invincibilité à domicile à battre : environ 30 minutes.

Fin du match. Perdre 1-0 en dominant quasiment tout le match face à une défense héroïque. I’M BACK BITCHES !

90+8 Vincent Labrune reçoit un SMS : “Monchie sur ton club, bisous”

90+30 Vincent Labrune reçoit une lettre de Bielsa : “Tout pareil”

Marcello ? Marcellooooooooo ????

Marcelo ? Marcelooooooooo ????

90e+33 Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais José Anigo pourrait revenir plus vite que prévu.

90+45 Promis, je n’y suis pour rien. La dernière fois que je me suis senti aussi floué, c’est quand on m’a fait signer Christanval. Ou Montenegro. Ou Marcelinho. Bref, je n’y suis pour rien.

90+60 Et bien, si c’est comme ça, moi aussi je démissionne.

Bob-Loulou.

Après la guirlande de titres de 2010, j’ai immédiatement senti le bon filon. Pas seulement celui de votre audience, grandiose et fidèle malgré tout durant trois années et quelques 145 matches commentés, mais surtout celui du virage d’un club qui entrait dans une nouvelle phase. Un club sérieux et une équipe imprenable, lissés par la communication de Deschamps et Dassier, c’était bien trop beau : l’image imperméable n’a pas tenu longtemps dans ce club sans toit ni loi.

Changer d’ère

Je n’aurais jamais imaginé que l’avènement de Labrune signe le début d’une nouvelle ère. J’avais plutôt parié sur son enterrement en règle, en queue de liste des prétendants éconduits et frustrés du club, derrière Bouchet et Diouf. À voir la mutation physique de Labrune, devenu en quelques mois bouffi et hirsute, je n’aurais même pas été étonné de le voir rapidement me rejoindre. Mais il faut croire que, pour une fin de vie, bouffi et hirsute, c’est plus sain qu’amaigri et chauve. Margarita a dû changer sa recette…

Lorsque j’ai commencé à m’ouvrir à vous - enfin, “commencé”, cela faisait quinze années déjà que je vous ouvrais mon portefeuille -, j’ai béatement cru que le club allait se donner le temps de repenser ses fondations : rénovation de l’enrhumeur, chantier de la formation, virages technologiques (désigne aussi l’ambition d’avoir des ultras intelligents), départ des parasites (chauves ou velus), et surtout construction d’un vrai projet de jeu.

Une rue de l’OM à Barcelone, certes, mais à quand un peu de Barça à l’OM ?

Une rue de l’OM à Barcelone, certes, mais à quand un peu de Barça à l’OM ?

Mais, surtout sur ce dernier point, ces dernières saisons ont été dramatiques, à en décourager Raymond, d’autant plus que les effectifs successifs pouvaient malgré tout s’appuyer sur de très bons joueurs de ballons. Certes, il est impossible de faire la même chose avec un Raspentino qu’avec un Valbuena, mais l’histoire du club est autant faite d’Ingessons que de Luchos - du calme André-Pierre, cela ne se mange pas…

Le fond de jeu inexistant et l’envie perdue des joueurs m’ont atterré (un comble, vu du ciel !), abattu (encore !), et condamné (et encore !) : mon épuisement a été à la hauteur de leur fainéantise (puis de la mienne) ; leur désinvestissement proportionnel aux investissements de Margarita (qui n’a pas eu que l’amour en héritage).

toutes les ambitions ont un prix.

Plutôt que l’Europe en soldes, l’OM a soldé l’Europe : toutes les ambitions ont un prix.

Talkin’ bout a revolution

L’espoir, s’il en est, est la volonté de Labrune de faire sa révolution, de rentrer dans l’Histoire. Pompidou a eu son centre artistique, Giscard son Vulcania (avec Lady Di ?), Mitterrand son grand Louvre, Chirac le Quai Branly, Sarkozy a voulu le Grand Paris (il y a même fait rentrer le Qatar), Hollande a eu Julie Gayet… Labrune, lui, veut l’OM nouveau.

Labrune veut “remettre les Marseillais au travail”.

Et les éboueurs sont inquiets : Labrune veut “remettre les Marseillais au travail”.

Pour cela, il entend imposer une révolution, qui doit se concrétiser, après le recrutement ambitieux pour l’avenir de l’été dernier, avec l’arrivée d’un entraîneur de renom : Marcelo Bielsa.

Je ne sais trop qu’en penser. Comme il se dit à Marseille, «Après l’attaquant venu du Pérou, voici donc l’entraîneur passé par le Chili, con, carnet d’adresses à l’appui».

Ce carnet d’adresses devra sans doute pallier le départ de certains joueurs désormais historiques du club, là bien avant Labrune, qui ont connu l’ivresse de la passion de Gerets et des trophées de Deschamps avant la gueule de bois de Baup. Et non, je ne parle pas que de Diawara.

Il faudra aussi réussir à mobiliser certains joueurs, afin qu’ils répondent aux espoirs qu’ils ont pu susciter. Je pense par exemple à Payet. Quand on me demande comment je l’ai trouvé lors du dernier match, je ne sais jamais répondre autre chose que : «Par hasard, derrière Romao».

Valbuena vers d'autres cieux ?

Valbuena vers d'autres cieux ?

Catharsis

Le clou du spectacle - prenez le comme mon ultime cadeau, à la fois inespéré et incomplet, un peu comme mon passage à l’OM - est le vrai-faux départ d’Anigo. Il n’a pas eu de chance le pauvre ; sans doute paie-t-il le vice d’avoir envoyé son fils me surveiller. Lors de la réunion du conseil d’administration chargée de déterminer la peine du petit José, j’ai beaucoup ri.

- José, pour l’ensemble de ton oeuvre, nous te condamnons au bagne dans les colonies.

- Aubagne ? Qui je vais superviser là-bas ? Il y a bien le fils de Denis le Dingo, mais bon…

- Non José, le bagne, dans les anciennes colonies, en Afrique.

- L’Algérie, la Tunisie, la Corse, tout ça ?

- Oui, tout ça.

- Et le Maroc aussi ?

- Aussi.

- Le pays du crachat de Barthez et du Trophée des Champions contre Lille ?

- Oui, c’est bien cela, le Maroc.

- Con, c’est un lieu historique du club ! Je vais avoir une augmentation ?

- Évidemment.

- Et une voiture avec chauffeur ?

- Avec climatiseur, oui.

Anigo, émir de Qatar VI.

Anigo, émir de Qatar VI.

Merci donc à tous ceux qui ont suivi ce blog, à ceux qui y ont contribué, et surtout à ceux qui m’ont donné envie de poursuivre une aventure qui ne devait durer qu’une saison. L’OM n’est peut-être pas toujours une formidable raison d’être heureux, mais il restera toujours une magnifique occasion de rire.

De mon côté, je vais profiter de mon temps libre pour dormir, enfin ! Je vais dormir ! Et pas forcément devant un match de l’OM !

Bob-Loulou.

PS : Pour patienter jusqu’à la Coupe du monde, je vais vous offrir en bouquet final deux bonus historiques exceptionnels, à venir ces prochaines semaines. Ensuite, vous retrouverez ce blog dans les “Archives” des Cahiers du football.