Wayne Rooney a ceci de fascinant qu’il est intrinsèquement moyen. Petit, trapu et chauve, Rooney est un joueur rustre. A la différence des Ronaldo, Messi ou Van Persie, pour ne citer que ceux à qui on le compare trop souvent, Wayne Rooney n’est pas doté d’affriolantes facultés techniques, et encore moins de cette élégance qui fait les joueurs de classe mondiale.

Ses passes comme ses dribbles sont rarement surprenants, la faute à un pied gauche très limité et à une silhouette de boxeur alcoolique. On le connaît surtout pour ses tirs de loin et son jeu de bourrin, qui lui valent l’admiration ou le dénigrement des spectateurs. On évoque ainsi son esprit de “guerrier”, de “mort de faim” prompt à se sacrifier pour son équipe, idéal mythifié du football à l’anglaise : un joueur “tout en puissance”, disent les commentateurs qui voient là sa principale - et unique ? - qualité. Mais Rooney est bien plus que cela, et surtout : il n’est rien de cela.

VOLONTÉ D’IMPUISSANCE

Archétype de l’hybridation des postes dans le football moderne, Rooney n’a toujours pas trouvé son rôle ultime sur le terrain, malgré dix ans et bientôt cinq cent matchs de carrière pro. Parfois attaquant de pointe, second attaquant, ailier droit ou ailier gauche, voire même trequartista ou faux numéro 9 (cf. Rooney demonstrates the value of a ‘false nine’), on le retrouve aussi régulièrement au milieu de terrain pour accompagner la remontée du ballon sans que personne ne s’en étonne.

Surtout, Rooney aura connu tous les types de partenaires envisageables, du renard des surfaces (Caroll, Defoe) au renard des couloirs (Ronaldo, Nani) en passant par le numéro 10 à l’ancienne (Kagawa), le bovidé belliciste (Tevez), l’attaquant polyvalent (Welbeck) ou le buteur anachronique (Berbatov). Une diversité de profil qu’il a su - qu’il a dû - apprendre à gérer au cours de sa carrière mancunienne.

(photo : cc toksuede / Flickr)

A ce titre, Rooney est un paradoxe vivant. Tandis que la plupart des joueurs de son rang voient leur équipe s’adapter à leur jeu, Shrek a choisi la voie inverse, en faisant évoluer son jeu en fonction de ses partenaires. “I have to change my style“, dit-il dans une interview sur le sujet. Plus que de style, c’est toute sa mentalité qui change sur le terrain selon sa position et le rôle qu’on exige de lui, dans une obéissance presque aveugle aux volontés du plan de jeu. Cette faculté d’adaptation est une chose rare dans le football moderne ; elle est aussi et surtout synonyme d’une acuité tactique sans précédent, faisant de Rooney l’un des joueurs les plus intelligents de la scène européenne.

L’APOLLINIEN

C’est précisément ce qui explique sa longévité à Manchester, et sa contribution aux succès nationaux d’une équipe qui continue d’empiler les titres quand d’autres encaissent les pétrodollars. Malgré deux campagnes honteuses en Ligue des Champions et Ligue Europa, Manchester est encore une équipe de légende, statut uniquement égalé par Barcelone sur la dernière décennie. Et Wayne a forcément une immense responsabilité dans la capacité qu’a cette équipe à se maintenir au dessus de la plèbe.

Plus que tactique, son rôle est surtout psychologique. Rooney est en effet l’un des derniers survivants de l’équipe qui dominait l’Europe il y a encore quelques années (cf. Team of the decade : Manchester United 2006-2009) ; c’est du moins l’un des rares à être majoritairement titulaire, aux côtés de Carrick ou d’Evra, voire Vidic et Ferdinand lorsque les blessures les épargnent (Scholes et Giggs sont hors catégories). Plus précisément, Rooney est le seul joueur offensif à tenir son rang depuis 2006. Ce faisant, il est aujourd’hui le seul liant du rajeunissement d’effectif qu’effectue Ferguson depuis deux ans.

Le retour en grâce de son équipe en championnat (titrée dès la 34e journée) mais aussi en Ligue des Champions (Madrid a été sauvé par un carton rouge) témoigne de la maturité progressivement acquise par les jeunes pousses et les nouvelles recrues à l’ego difficile. Remercions Rooney d’avoir accepté l’arrivée de cette concurrence sans broncher, et surtout d’avoir accepté tel ou tel changement de rôle pour leur permettre de s’émanciper là où tant d’autres auraient pesté pour préserver leur pré carré.

ÉTERNEL RETOUR EN GRÂCE

C’est là la plus grande vertu du Britannique. Derrière ses allures pataudes, ses velléités salariales et ses errements capillaires, l’homme a su s’effacer au profit de ses partenaires et des choix parfois difficiles de son coach (à l’instar de sa non-titularisation lors du match retour contre Madrid cette saison).

C’est d’ailleurs peut-être son seul défaut : en se plaçant à ce point en retrait des nouveaux arrivants, Rooney en vient à minimiser son apport dans le jeu mancunien, et plus particulièrement sa reconstruction post-Ronaldo. Au point que certains supporters en viennent à ne pas craindre son départ…

Ce serait une erreur grossière, tant l’équipe est à l’orée de sa reconquête européenne. N’en déplaise aux hipsters hispano-germanophiles, Manchester United s’annonce peut-être plus fort que jamais, capitalisant sur l’expérience des anciens pour mettre les nouveaux dans les meilleures conditions possibles. La versatilité tactique de Rooney est précisément ce qui aura permis à Kagawa de trouver sa place dans l’équipe, à Van Persie d’exploiter l’étendue de son talent technique, à Welbeck de franchir le pallier tant attendu…

HUMAIN, TROP HUMAIN

C’est l’une des externalités positives de l’hybridation des postes : en facilitant l’intégration des recrues plus “spécialisés”, les joueurs polyvalents tels que Rooney permettent la pleine expression de leurs capacités. Et peu importe qu’ils soient plus limités techniquement : ils l’assument pleinement, et compensent par une intelligence tactique inédite.

“La réalité n’est pas pour eux chose étrangère ni lointaine ; elle se confond avec eux : ils ont en eux tout ce qu’elle a d’effrayant et de problématique car c’est à ce prix seul que l’homme peut être grand.”

Nietzsche, Ecce Homo

En prenant acte de ses limites techniques et de la toute-puissance de ses concurrents, Rooney a grandi en tant qu’homme, pour mieux faire grandir son équipe d’accueil vers une nouvelle phase de supériorité annoncée. Il ainsi atteint le statut d’Übermensch, nous permettant de surmonter le nihilisme du football contemporain.

Philippe Gargov

26 commentaires

  1. George T. Newman dit :

    Si je suis globalement d’accord avec l’idée de l’article, je ne suis pas tout à fait convaincu par un point particulier: “La versatilité tactique de Rooney est précisément ce qui aura permis à Kagawa de trouver sa place dans l’équipe, à Van Persie d’exploiter l’étendue de son talent technique, à Welbeck de franchir le pallier tant attendu…”

    La place de Kagawa dans l’équipe est tout de même assez fragile, il est baladé des ailes à l’axe selon les disponibilités de chacun, et quand Rooney est titulaire, il joue justement davantage sur l’aile gauche. Il ne joue à son vrai poste (dans l’axe) qu’en l’absence de Rooney, ou quand celui-ci est sur le banc (l’un remplaçant l’autre par ailleurs). Ensuite, je ne pense pas que Rooney ait eu une grande influence dans la réussite de Van Persie, même si évidemment il a su se mettre en retrait comme l’a mentionné l’article. Quant au palier franchi par Welbeck, j’attends de voir. Welbeck est pour moi le pion de Fergie quand il a besoin d’avoir un joueur offensif qui participe à l’effort défensif. Mais on ne l’a pas vu énormément exprimer ses qualités d’attaquant.

    Très bon article néanmoins.

  2. Abe dit :

    très bonne analyse mais ça: “(Madrid a été sauvé par un carton rouge)”, c’est ridicule

  3. hamada jambay dit :

    C’est vrai, avant le carton rouge MU destabilisait le Real.

    Abe c’est tes jugements à l’emporte pièce qui sont ridicules.

    M. Gargov, à quand un article sur Valbuena, ailier axial, joueur décisif dans les grands matches, meneur de jeu de l’EDF quand ce même coach ne le mettait pas à ce poste deux ans plus tôt à l’OM, raillé et sifflé par la France qu’il sauve pourtant du ridicule couleur bleu?

    Ou comment le roquet en hummeur, comment le vendeur de caleçons ridicule, comment le simulateur voltigeur en tant de points caricatural des déives du foot business s’affirme comme le meilleur joueur de France et un des meilleurs français.

  4. Raspou dit :

    Un bel hommage, sympa. Mais c’est quoi les limites techniques de Rooney? Je ne suis pas particulièrement MU, mais il me semble que c’est un joueur qui fait d’excellents contrôles, d’excellentes passes et d’excellents tirs (y compris de volée)… Ses “limites” renvoient-elles seulement au fait qu’il n’est pas particulièrement bon dribbleur?

  5. Abe dit :

    hamada jambay> et votre boule de cristal vous a dit que M.U. allait se qualifier si il n’y avait pas eu de carton rouge?

  6. Starsky dit :

    Non pas sa boule de cristalle mais le contenu du match ,il n’y avait aucune chance que le réal renversé la tendance tellement ils étaient maîtrisés .Cela dit bon article sur Wayne qui reste l’ame de cette équipe .

  7. hamada jambay dit :

    Tu continues Abe, je n’ai pas fait de prévisions. Mélanger à ce point mauvaises foi et compréhension relève d’un profond malaise psychologique, Abe.
    Marseille a bousillé le Dortmund qui donne une fessée au Real, Manchester est nettement au dessus du Real.
    Le Real c’est de la merde en barre, enlève leur Xabi Alonso et ça vaut plus rien.

    Voilà, moi aussi j’aime bien dire de la merde mais je préfère le faire en vrai et voir réagir la gueule des cons couards comme toi.

  8. Dede dit :

    Je ne suis pas tellement d’accord avec l’article. Je précise d’abord que je suis supporter de Manchester United dont je regarde tous les matchs (néanmoins avec de moins en moins d’entrain depuis trois saisons, je l’avoue, la qualité du jeu a énormément baissé).

    D’une part comme ça a été relevé dans les commentaires, Rooney est très fort techniquement, c’est juste qu’il ne sait pas particulièrement dribbler.
    D’autre part, je ne pense pas qu’il se soit volontairement effacé devant les autres par intelligence et esprit d’équipe, c’est juste qu’il baisse de niveau. Il est question de palier franchi pour Welbeck (et c’est le cas, Welbeck n’est pas un attaquant/buteur mais un excellent joueur offensif), mais Rooney lui n’a jamais franchi le palier qu’il avait à franchir. Au début, il était au niveau des Ronaldo et Messi, il devrait figurer aujourd’hui avec eux dans le top 3 mondial, mais ce n’est pas le cas. Et il n’est peut-être même plus le meilleur joueur anglais (Wilshere ?), et même plus un titulaire en puissance à United, c’est dire s’il a stagné voire régressé. Van Persie est évidemment l’attaquant numéro un (comme un journaliste l’avait pointé sur le Twitter de Rooney en début de saison), Kagawa devrait l’être (pas besoin de chercher un remplaçant à Scholes, il est déjà là, faut juste le faire jouer plus bas sur le terrain), Chicharito mériterait de l’être… Rooney ne doit sa place qu’à son statut qui a été rappelé dans l’article, mais cette saison il ne l’a pas mérité comme encore sur son match d’hier contre Arsenal où il a été invisible d’abord, puis assez décevant sauf en fin de match sur des contres avant d’être remplacé.
    Par contre comme l’article le pointe, une des qualités de Rooney est de se mettre au service de l’équipe en s’adaptant à ses coéquipiers et à la tactique (chose dont Ronaldo était incapable à United, il le fait un peu au Real) et je trouve qu’il a assez bien fait jouer Van Persie, il l’a parfois bien trouvé comme le montrent ses ouvertures pour les buts de Van Persie à Cluj ou contre Villa pour le match du titre.
    Bref, j’avoue qu’avant son caprice sur son contrat et sa menace de signer à City, Rooney était mon idole absolue, mon joueur préféré, j’étais fan de tout ce qu’il faisait, son moindre contrôle, sa moindre passe ou frappe, eh bien maintenant je fais partie de ceux qui ne seraient pas décomposés s’il quittait le club, il est effectivement devenu un joueur moyen. Comme l’a montré le match retour contre le Real, il n’a peut-être plus tellement sa place au club, ou alors en milieu (il a été assez bon sur les deux matchs qu’il a joués à ce poste ces dernières semaines), surtout si Lewandowski est recruté comme ça semble être le cas. J’ai du mal à citer récemment un match emballant de Rooney (je ne parle pas que de cette saison). Par exemple à part son but contre Norwich, il ne marque plus de loin, lui qui marquait tellement de beaux buts de loin, c’est significatif je trouve de sa stagnation, il tente moins de choses, il est moins spectaculaire et surtout moins efficace dans le jeu. Et j’ai l’impression qu’il prend moins de plaisir sur le terrain, ce qui explique peut-être tout ça.

  9. Tarama dit :

    Article très intéressant. J’ai pourtant du mal à voir Rooney comme un joueur sans qualité majeure (autre que sa polyvalence).
    Outre ses qualités mentales (détermination, esprit d’équipe…), on peut citer sans peine ses excellentes frappes, la précision de son jeu long (la passe pour le but de RVP la semaine passée par exemple), très bon sur coups de pied arrêtés (peu mis en valeur cependant)… Il couple ça à un joli sens du jeu.
    Il a également des stats à faire pâlir plus d’un attaquant : 0,45 but par match depuis le début de sa carrière. C’est tout de même honorable.

    Oui, pour moi, WR est plus qu’un joueur polyvalent.

  10. Charlot dit :

    Rooney est celui qui fait briller les autres, ça fait longtemps que Fergusson le sait. Il permet même de les vendre très cher.
    Son jeu sans ballon est remarquable mais la TV le masque.
    Le fait qu’il ne soit pas un dribbleur obstiné ne fait pas de lui un mauvais dribbleur. Juste un joueur intelligent.
    C’est un joueur aussi rare que complet, ultra-collectif, mais moche. Ce qui lui évite les récompenses à la con.
    Le top-player le plus sous-coté de sa génération, ce qui ne veut rien dire mais bon.
    En revanche, comme dit plus haut, il commence à s’user. La jurisprudence Scholes-Giggs tendrait cependant à me faire dire que c’est pas grave.

  11. Philippe Gargov dit :

    Du calme, du calme les enfants ! on est ici entre amis…!

    Pour répondre de manière transversale aux questions, l’idée de cet article n’est effectivement pas de dire que Rooney est un joueur moyen en soi, mais plutôt qu’il n’a pas forcément les moyens des ambitions qu’on lui porte.

    Comme ça a été souligné par Dede, Rooney a longtemps été mis sur le même plan que Ronaldo ou Messi, et était attendu comme un concurrent à ces deux zouaves. Peut-être est-ce dû au tintouin qu’on fait sur la Liga, à l’arrivée de Van Persie, aux échecs de Manchester en Ligue des Champions, mais force est de constater que Rooney n’a pas été très remarqué cette saison… D’où ce billet de réhabilitation, pour souligner une caractéristique qu’on lui attribue plus rarement que son mental d’acier. Charlot a très bien résumé l’idée : c’est un top-player qui est aujourd’hui tombé dans “l’anonymat” du top 10, alors qu’il était hier dans le top 3/5 des meilleurs joueurs du monde.

  12. johan dit :

    ok, sauf pour il est pas technique??? wtf, il a une rapidité d’exécution incroyable, il ne fait peut etre pas de double talonnade pour lui même à la CR7( ce que ne fait pas Messi non plus), mais il n’en reste pas moins incroyablement technique. il taux de réussite de dribble très élevé et a une frappe et une qualité de passe qui le place dans ses 2 secteurs dans le top 20( peu être même plus près) des meilleurs en activité. Donc technique n’est pas a confondre avec gri-gri

  13. hamada jambay dit :

    technique n’est pas a confondre avec gri-gri +1

  14. Bob dit :

    Je me suis arrêté au premier paragraphe.

    Dire que Rooney est un joueur moyen (techniquement) ou n’a aucune élégance est risible et évoque une méconnaissance complète et totale du joueur.

  15. Bob dit :

    dénote*

  16. Lisieux daus les bleus dit :

    L’élégance est une notion subjective : le joueur est-il “beau” à voir jouer ? à titre perso, je suis d’accord avec l’auteur. Rooney, avec son physique, son allure, sa démarche, ses courses, etc… n’est pas qualifié “d’élégant”. je mettrai dans cette catégorie, de façon totalement subjective, des joueurs comme boban, pirlo, blanc, beckham, voire même (soyons fou) des pagis…
    l’article encense un joueur et ne le considère pas comme “moyen”… il est à mona vis présenté comme tel dans l’article car aux yeux du grand public et des médias (cjp style), ceux-ci lui préfèrent des “artistes” (voire des otaries) plus spectaculaires… il est qualifié de moyen car il n’est pas spécialisé, il est difficile à caractériser par une qualité “extraordinaire”.
    Bel article sinon. je me demande quand même si ce joueur est “exportable” dans un autre club que MU. malgré ses qualités d’adaptation, sa polyvalence, je le vois mal étinceler au real, voire être décisif pour le psg par exemple…

  17. Charlot dit :

    En fait, c’est un joueur moderne.

  18. Philippe Gargov dit :

    Merci Lisieux, et gloire au Pays d’Auge du même coup.

    Effectivement, j’ai du mal à envisager Rooney ailleurs qu’à Manchester. C’est le revers de sa polyvalence : il s’est peut-être habitué à un certain confort au niveau de la concurrence, puisqu’il n’a jamais été véritablement inquiété par les nouveaux arrivants (malgré quelques non-titularisations étonnantes…)

    Et le confort va dans le même sens : je ne sais pas comment des attaquants à l’ego omnipotent verraient son arrivée… Mais quand on voit l’intégration de Van Persie, on peut penser qu’ensemble tout est possible.

  19. lebowski dit :

    Je suis pas en désaccord avec tout ce que l’article soulève, mais je suis un tenant de l’antithèse: Rooney est un joueur aux qualités techniques remarquables (notamment dans la surface de réparation) et au sens tactique imparfait.

    S’il n’a pas été aligné contre le Real, c’est parce qu’il s’était montré incapable de museler Alonso à l’aller.

    C’est un joueur qui a effectivement connu beaucoup de postes différents, mais qui jusqu’à maintenant évoluait durant toute la saison à un même poste.

    Cette année, il a valdingué entre attaquant, ailier, meneur de jeu et milieu récupérateur.

    Sir Alex a très visiblement envie de le faire descendre au milieu de terrain et d’en faire un organisateur, mais il manque un peu de précision dans les petits périmètres et surtout de savoir-faire défensif. Pour moi, c’est vraiment un attaquant. N’oublions pas qu’il a quand même marqué 28 buts en jouant no 10 l’année dernière.

  20. Luke Seafer dit :

    Je rejoins pas mal de monde en mettant un petit bémol sur le côté dégueu de Wayne. Il y a un jeu long et une vision du jeu qui sont très haut dessus du lot.
    Mais pour le reste, son sacrifice pour l’équipe, son côté besogneux, peut-être trop, je te rejoins totalement.

    Par contre Dede t’es quand même dur. Rooney reste pour moi un rouage essentiel de l’équipe, loin d’être tombé dans la “moyennitude”. Sur les dernières années puisque tu parles de la qualité de jeu (esthétique au moins) en baisse, Rooney reste une constante dans la qualité (il y a des matchs ratés certes), mais bon sang, ce mec ne serait-ce que l’an dernier nous tire vers le haut tout le long du championnat (avec un Valencia au-dessus de ses moyens sur la phase retour).

    Et pour le coup, je ne vois pas du tout Kagawa prendre le relais de Scholes. J’aime beaucoup Shinji, je le vois faire de très belles choses, mais dans un registre bien plus offensif. Il est carrément trop tendre, gracieux, bref gentil, pour se mettre au niveau de Scholes dans ce qui est de la récup et des coups de putes (dans le bon sens du terme). En tout cas une charnière Carrick (ou Cleverley) Kagawa au milieu de terrain me paraît très fragile.

    A la rigueur, ouais,je verrai plus Rooney assumer ce rôle à l’avenir. Reste à voir ce qu’il en penserait…

  21. L'Infernal Wayne Boulet dit :

    Bon, puisque j’avais voulu en parler en demandant carrément aux dé-managers de faire un article sur Wayne, il serait peut-être temps que je donne mon opinion.

    En premier lieu, je suis en désaccord avec certains points soulevés dans l’article. (que je trouve au demeurant, fort sympathique et agréable à lire)
    Si je pense qu’en terme de technique de dribbles et de conduite de balle, il n’est pas du même niveau que David Silva ou Luis Suarez (pour sortir des exemples habituels que sont Iniesta et Messi, et pour prendre des joueurs qui évoluent dans le même Championnat), le terme “technique” englobe pour moi la qualité de passe, la précision des contrôles, des frappes… Et à cet égard, il s’est maintenu à un niveau, constant, qui fait de lui l’un des meilleurs joueurs d’Europe.

    S’il a peut-être un peu baissé de rythme, ou s’il en a donné l’impression cette saison, c’est peut-être aussi parce qu’il a une nouvelle fois connu pas mal de pépins physiques et qu’il a sûrement plus de mal à récupérer pleinement ses moyens qu’auparavant. D’autant qu’il fait partie d’un groupe très restreint de joueurs qui disputent l’intégralité de leur match de reprise.

    Je ne suis également pas d’accord avec la phrase qui indique qu’il n’a pas trouvé son rôle « ultime » sur le terrain. Selon moi, il prend un plaisir monstre à évoluer en tant que neuf et demi. J’ai vraiment eu l’impression que s’il n’a pas été mal du tout en 10 (on est d’accord, il joue vachement plus bas, cette année, non ?) et même assez remarquable en 8, il ne m’a pas semblé être aussi heureux à ces postes-ci. Je ne parle même pas des rencontres qu’il a disputées en étant ailier.

    Là où ce que je dis rejoint ce qui a été exposé dans l’article, c’est que sa volonté/faculté de/à s’adapter aux diverses tactiques déployées par Ferguson lui aura, dans l’ensemble, nui.
    Je pense cependant que la faute en incombe majoritairement à Sir Alex, lequel aurait pu profiter des qualités de Rooney en renforçant son statut, plutôt que de le « sacrifier » au profit de joueurs aux profils plus « explosifs » (C.Ronaldo), ou « finisseur s » (van Persie). L’exemple type, pour moi, est la finale de Champions League 2010. Cette erreur est davantage imputable à Fergie, et est à mettre au même niveau que d’avoir favoriser Berbatov au détriment de Tévez. (Oui, je sais, c’est un autre débat).

    Alors, certes, pour reprendre un cas connu, il aurait peut-être dû faire la tronche, comme Tévez. Et plutôt que ce soit pour une augmentation salariale, ça aurait pu être pour qu’il se stabilise à un poste qui lui convenait.
    Enfin, je ne suis pas certain qu’il s’efface complètement au profit des autres. Peut-être parce que je suis supporter de United, je préfère l’idée qu’il fait partie de ces joueurs qui font mieux jouer les autres. Milner est un joueur hyper-polyvalent, par exemple, mais je ne pense pas qu’il améliore le niveau de ses coéquipiers.

    Et pour avoir suivi assidûment la saison des Red Devils, j’ai pu remarquer que le collectif rouge a souvent manqué d’idées, dans la création, lorsque Rooney était absent. Le contingent offensif a souvent peiné lorsqu’il était orphelin de Shrek. Heureusement que Carrick a pu sauver les meubles.

    @George T. Newman : On peut considérer que Rooney a tout de même facilité l’intégration de Kagawa, notamment en étant positionné en relayeur.
    Je suis néanmoins absolument d’accord avec vous à propos de Welbeck. (Je serais même enclin à être bien plus « méchant » à son égard)

    @Dede : Je te suis lorsque tu dis que Rooney a baissé de niveau, mais plutôt avec l’équipe nationale…
    Il me semble qu’il a été au même niveau que l’équipe cette saison. Lorsqu’elle s’est bien comportée, il était bon, lorsqu’elle était mauvais, il n’était pas dedans.

    Je ne sais pas si le fait de citer les buts marqués de loin constitue un bon exemple pour montrer qu’il périclite. Premièrement, parce qu’il faut tout de même une bonne dose de réussite pour transformer ces frappes-là en buts, ensuite, le nouveau rôle de Rooney le prive de bon nombre d’opportunités, et il aura eu tendance à préférer la passe à la frappe, cette année.
    Enfin, je rejoins Luke Seafer, mon héros, mon maître, mon Bruce Wayne, en n’étant que peu satisfait d’une éventuelle association de Carrick avec Kagawa au milieu. C’est moins complémentaire qu’avec Cleverley et moins solide qu’avec Jones.

  22. Dede dit :

    Je me dis que tenter et marquer des buts de loin est un indicateur de l’état dans lequel est le joueur, s’il est en confiance, bien dans sa peau, en forme et prend du plaisir, il tentera beaucoup. Dans ses premières années à United Rooney tentait beaucoup et ça rentrait assez souvent, maintenant il ne le fait presque plus. Alors il n’est pas le seul, Nani est le seul à tirer encore assez souvent de loin, Scholes ne le fait pratiquement plus du tout, Carrick et Cleverley de temps en temps, Van Persie quand il est sur son pied gauche… A un époque ça canardait pas mal quand même, après peut-être que j’applique à Rooney une question qui touche l’ensemble de l’équipe, on n’en sait rien si Sir Alex ne leur interdit pas de tirer de loin (oui, lol, mais on sait jamais). Notre jeu a changé, snif.

    Cela fait plaisir de voir un petit débat sur Rooney et United. Je vais pas me lancer sur Kagawa à la place de Scholes (on pourrait peut-être en parler sur la Red et Vile Academy) sauf pour préciser que comme tu l’as dit Luke, Scholes ne sait pas tacler, à l’heure actuelle Shinji est celui qui est le plus prometteur au club en termes de technicité, qualité de passe, vision du jeu (court et long) et intelligence (oui il a été MON coup de coeur de la saison), donc le plus scholesien de l’équipe.
    Wayne Boulet, tu mentionnes nos chers Berbatov et Tevez, que j’ai pleuré cette saison en voyant le rendement de Van Persie en me disant qu’on aurait pu claquer les millions mis sur ces deux-là directement sur Van Persie quand Van Nistelrooy est parti au Real, qu’est-ce que ça aurait donné avec lui dans l’équipe, tout ce temps qu’il a passé à Arsenal à gâcher ses buts pour rien, enfin on ne peut pas refaire le foot.

    Après mon propos selon quoi Rooney devenait moyen, c’est pas une attaque envers Rooney lui-même, même si je l’ai désacralisé après son caca nerveux et que quelque chose s’est cassé, ça reste un de mes joueurs frissons, c’est plus un constat général, je me fais de plus en plus chier devant United (je prie pour que la rumeur de ce matin comme quoi Ferguson penserait à Klopp pour le remplacer soit fondée) et Rooney est au diapason de l’équipe, mais je trouve qu’il tire de moins en moins l’équipe vers le haut (comme Valencia qui était en surrégime la saison dernière comme Luke l’a dit, Nani qui lui aussi n’a jamais franchi un palier, Young qui n’a pas le niveau après nous avoir bernés sur ses 3 premiers mois). J’attendais plus de Rooney, qu’il soit plus capable que ça de faire changer un match (oui, comme Messi, Ronaldo, Zlatan…), il en avait le potentiel, mais cette saison ça a été Van Persie qui a eu ce rôle. Si Rooney a autant été trimballé à plusieurs postes, c’est pas parce qu’il y est bon (soyons honnêtes, il n’est pas particulièrement efficace en ailier, sauf une fois où deux quand il repique dans la surface sur son pied droit), son avenir est en milieu à mon avis, 10, trequartista voire relayeur, mais comme Fergie l’a indiqué, il sera alors en concurrence avec Kagawa, à moins qu’un des deux descende plus bas derrière l’autre.

  23. hamada jambay dit :

    @ Lisieux: quelle honte à dire que Pagis est élégant? Intelligent, créatif, élégant, surprenant, brillant, génial. Quand je pense qu’un club alignait Pagistral Ribéry Niang Lamouchi et Nasri en France…
    Quoi je suis hors sujet?
    Bon ben Rooney en huit, il en a les qualités mais en a-t’il la mentalité? Scholes et Rooney peuvent être similaires mais être d’un type de joueurs distinct.
    Un huit ne tacle pas forcément, le tacle n’est pas l’unique critère qui détermine une capacité à défendre. Le jeu sans ballon (pressing placement ou appel) le volume, la patience, et le caractère (Rooney est un perforateur intelligent, qui joue sur ses qualités et celles des autres, un maître à jouer pas le gestionnaire calme et modérateur ou bien encore une fois je me trompe)

    Bref, Laurent Blanc et Sholes ont été repositionnés avec succès car ils avaient une mentalité qui justifiait un tel repositionnement. Rooney est un avant, un attaquant complet et je le verrais bien en espagne, mais en neuf blaugrana, l’anti Zlatan.
    Mais là je pense que j’ai déjà perdu toute crédibilité.

  24. leroy dit :

    C’est sur RMC de la bouche du celebre Philipe le terme très jolie du “footballeur ouvrier” bien spécifique à Man U apparement et dont Soeur Alex affriole. Giigs et Scholl sont de bons spécimens de cette caste.

  25. JOE dit :

    A noté que contrairement au apparence, une étude allemande très sérieuse a cherché à savoir quels joueurs (des grands clubs européens) étaient les plus rapides. Le classement a donné :
    1) Ronaldo
    2) Walcott
    3) Robben
    4) …Rooney ! comme quoi derrière ses airs Gascognien d’ouvrier anglais plein de bières, le type cavale
    ( étude faite il y’a 3 ans je crois)

  26. [dé-managers] Wayne Rooney, un Übermensch dans l’Herrenvolk | Football totalitaire dit :

    [...] La suite chez les Dé-Managers, le blog tactique des Cahiers du football About these ads var wpcom_adclk_hovering = false; var wpcom_adclk_recorded = false; var wpcom_adclk_theme = “Twenty Ten”; var wpcom_adclk_slot = “wpcom_below_post”; var wpcom_adclk_network = ( typeof wpcom_adclk_network === “undefined” ) ? “” : wpcom_adclk_network ; jQuery(document).ready( function() { function wpcom_adclk_hover_yes() { wpcom_adclk_hovering = true; } function wpcom_adclk_hover_no() { wpcom_adclk_hovering = false; } jQuery(”.wpa”).click(wpcom_adclk_click); jQuery(”.wpa iframe”).hover( wpcom_adclk_hover_yes, wpcom_adclk_hover_no ); jQuery(”.wpa object”).hover( wpcom_adclk_hover_yes, wpcom_adclk_hover_no ); jQuery(window).blur( function() { if ( wpcom_adclk_hovering ) { wpcom_adclk_click(); } }); }); function wpcom_adclk_impression() { var stat_gif = document.location.protocol + “//stats.wordpress.com/g.gif?v=wpcom-no-pv”; stat_gif += “&x_ads_imp_theme=” + wpcom_adclk_theme; stat_gif += “&x_ads_imp_placement=”+wpcom_adclk_slot; stat_gif += “&x_ads_imp_network=” + wpcom_adclk_network; stat_gif += “&x_ads_imp_theme_network=”+wpcom_adclk_theme+”_”+wpcom_adclk_network; new Image().src = stat_gif + “&baba=” + Math.random(); return true; } function wpcom_adclk_click() { if (wpcom_adclk_recorded) { return true; } // no double counting var stat_gif = document.location.protocol + “//stats.wordpress.com/g.gif?v=wpcom-no-pv”; stat_gif += “&x_ads_click_theme=” + wpcom_adclk_theme; stat_gif += “&x_ads_click_placement=”+wpcom_adclk_slot; stat_gif += “&x_ads_click_network=” + wpcom_adclk_network; stat_gif += “&x_ads_click_theme_network=”+wpcom_adclk_theme+”_”+wpcom_adclk_network; new Image().src = stat_gif + “&baba=” + Math.random(); wpcom_adclk_recorded = true; var now=new Date(); var end=now.getTime()+250; while(true){now=new Date();if(now.getTime()>end){break;}} return true; } if ( typeof GA_googleAddAttr == ‘function’ ) { GA_googleAddAttr(”AdOpt”, “1″); GA_googleAddAttr(”Origin”, “other”); GA_googleAddAttr(”LangId”, “24″); GA_googleAddAttr(”Domain”, “footballtotalitaire.wordpress.com”); GA_googleAddAttr(”BlogId”, “30976871″); GA_googleAddAttr(”Tag”, “de-managers”); GA_googleAddAttr(”Tag”, “rooney”); GA_googleAddAttr(”theme_bg”, “ffffff”); GA_googleAddAttr(”theme_text”, “333333″); GA_googleAddAttr(”theme_link”, “0066cc”); GA_googleAddAttr(”theme_border”, “cccccc”); GA_googleAddAttr(”theme_url”, “ff4b33″); GA_googleAddAdSensePageAttr(”google_page_url”, “http://footballtotalitaire.wordpress.com/2013/04/27/de-managers-wayne-rooney-un-ubermensch-dans-lherrenvolk/”); GA_googleFillSlot(”wpcom_below_post”); } div.wpa>div { margin-top: 1em; } jQuery( window ).load( function() { if ( jQuery(”.wpa script[src*='shareth.ru']“).length > 0 || jQuery(”.wpa iframe[src*='boomvideo.tv']“).length > 0 || jQuery(”.wpa iframe[src*='viewablemedia.net']“).length > 0 || jQuery(”.wpa .sharethrough-placement”).length > 0 ) { jQuery( ‘.wpa’ ).css( ‘width’, ‘400px’ ); } setTimeout(function(){if(typeof GS_googleAddAdSenseService !== ‘function’){new Image().src=document.location.protocol+”//stats.wordpress.com/g.gif?v=wpcom-no-pv&x_noads=adblock&baba=”+Math.random()}},100); } ); Share this:TwitterFacebookWordPress:J’aime chargement… Cette entrée, publiée dans Dé-Managers, est taguée Rooney. Bookmarquez ce permalien. ← [dé-managers] La tactique par le vide : comprendre le terrain comme espace holistique [...]

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