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Top 10 : les combattants

Abou bien portant

Les Bleus ont pris trois points en Finlande, et quelques-uns d'entre eux en ont marqué. Mais cette victoire recèle peut-être plus qu'une bonne opération comptable...

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Une maîtrise relative, un score étriqué qui est resté sous la menace des attaques adverses, une performance offensive décevante: on pourrait s'en tenir à ce constat mitigé pour l'entrée en matière de l'équipe de France dans ce groupe 1. Ce serait faire un peu vite abstraction des signes de progression entrevus dans l'expression collective.

 


La nalyse

Le système n'a pas proposé de révolution: 4-2-3-1 ou 4-3-3 selon l'angle selon la façon dont on a envie de le regarder, il a renoué avec des solutions déjà testées par Laurent Blanc, avec Mavuba en récupérateur devant la défense, Cabaye en relayeur décalé à gauche et Diaby en meneur axial positionné nettement plus haut. En recourant à un casting sensiblement différent, Deschamps a ainsi reconduit l'entrejeu asymétrique qui a souvent eu les faveurs de son prédécesseur (et que ce dernier avait inauguré en Bosnie... avec Diaby au même poste).

 

 

 

 

En dépit d'une nette inclination pour un flanc gauche en surnombre structurel (Benzema décrochant volontiers de ce côté où Cabaye se tenait déjà le plus souvent), l'équilibre général a été satisfaisant: même si le pressing n'a pas été échevelé, le souci de donner du mouvement, de proposer des solutions et de sortir des positionnements initiaux pour créer du liant a été patent. Les lacunes ont essentiellement concerné une animation offensive qui n'a pas traduit ces bonnes intentions, les combinaisons réussies débouchant trop rarement sur de véritables positions de tir. Si Benzema présente un bilan très honorable, Ménez et Ribéry ont peiné à donner une identité claire à ce trio offensif.

 

 


Positions caractéristiques dans l'entrejeu à la récupération du ballon.

 

En deuxième période, les Bleus n'ont pas tellement moins bien joué, mais ils se sont exposés à de plus sérieuses occasions finlandaises – quand les Blancs ont commencé à se montrer entreprenants –, sans être eux-mêmes plus efficaces au moment de finaliser leurs actions offensives en dépit des possibilités de contre. On peut y voir les signes d'une certaine fragilité, alors que la défense centrale et le milieu de terrain ont globalement maîtrisé leur sujet: la suite dira ce qu'il en est vraiment, peut-être dès mardi si les Biélorusses s'avèrent supérieurs à ce premier adversaire du groupe.

 

 

 

Les gars

Lloris a dû rester vigilant lorsque les Finlandais ont porté le danger sur son but, et n'a ainsi pas été pris a défaut lorsque Sparv dévia à bout portant un centre tendu (84e).

 

La charnière centrale a fait valoir son homogénéité: un impact athlétique remarquable, beaucoup d'application dans les relances malgré des tentatives longues plutôt malheureuses en début de match, un placement satisfaisant à pondérer toutefois par quelques absences dommageables: auteur d'une remontée trop tardive sur ouverture en profondeur, Sakho aura vu Yanga-Mbiwa rattraper son erreur (14e), et le Montpelliérain sera pris à son tour par Hämäläinen, qui ne parviendra par à ajuster sa volée (70e). Mais leur suprématie dans les duels a plutôt donné envie de les revoir... À noter aussi, une bonne tête piquée du Parisien sur corner, qui a mis Hradecky à l'épreuve (51e).

 

D'Évra, on aurait qu'il avait réussi un match sans gaffes défensives trop visibles, si sa perte de balle de la 64e minute n'avait débouché sur un carton jaune pour Yanga-Mbiwa et une grosse occasion finlandaise. Mais il a valorisé son allant offensif en jouant haut dans son couloir et en profitant de l'animation du côté gauche pour chercher des combinaisons avec ses partenaires, comme lors d'une intéressante pénétration (58e). Un Évra joli, quoi.

 

Réveillère a affiché un taux d'échec considérable dans ses transmissions offensives, et il s'est fait remarquer par des ballons perdus qui ont mis son équipe en difficulté. Plus à l'aise dans les remontées et le jeu dans les petits espaces, il a aussi porté à son crédit une déviation salutaire sur la reprise de Pukki (64e).

 

Emprunté face à l'Uruguay, Mavuba s'est peut-être dit qu'il ne devrait pas laisser une nouvelle fois le train bleu passer devant lui. Il est remonté dans le bon wagon avec une prestation impressionnante durant laquelle même la réussite l'a accompagné: beaucoup de récupérations, des relances intelligentes, une capacité précieuse à jouer dans le bon tempo... Pas triste, Rio.

 

Cabaye a encore peiné à donner sa pleine mesure, peut-être parce qu'il n'a pas évolué dans une zone très précise tant il a parfois fait office de variable d'ajustement dans l'entrejeu. Il a commis des fautes qui lui ont valu un avertissement, mais a fait l'effort de venir chercher des positions de frappe dans l'axe: cela lui a permis de placer un tir superbe (50e).

 

Diaby aura vite fait oublier son début de match hésitant en rappelant l'étendue de son registre de jeu. En position axiale avancée, il a modérément participé au pressing (ce qui ne l'a pas empêché de gratter des ballons et d'être parfois précieux en défense), mais a nettoyé les ballons avec une efficacité diabolique, et percé les lignes défensives sans se départir d'une aisance confondante. Il a conclu l'action de son but avec la même froideur clinique. Tous ensemble, croisons les doigts.

 

 

 

 

Un peu isolé sur un côté droit peu prolifique, Ménez a réalisé de bonnes choses dans la conservation du ballon, et quelques-unes de ses percées auraient pu connaître un meilleur sort. Son manque chronique de réussite ou de justesse a été illustré par une frappe qui s'est envolé bien au-dessus du but (60e).

 

Même s'il a encore éprouvé des difficultés dans la finition de ses actions, malgré ses habituelles affinités avec Benzema, il ne faut pas minorer la contribution de ce Ribéry très actif, qui a constamment tenté, cherché à créer les situations dangereuses et contribué à user l'adversaire.

 

Le constat est un peu analogue pour Benzema, toujours pas buteur mais passeur ô combien décisif sur le but de Diaby, en position de meneur axial. Il aurait doublé ce décompte-là si Hradecky ne s'était pas interposé sur le tir de Cabaye.

 


Matuidi a remplacé Cabaye dans un registre identique de relayeur côté gauche, remportant le challenge Francis Llacer en écopant d'un carton quelques secondes après son entrée en jeu. Valbuena a contribué avec une efficacité relative à conserver le ballon au cours de la dernière demi-heure, obtenant quelques coups francs sans vraiment briller. Gomis aura à peine eu le temps de voir le ballon.
 

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