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Christophe Zemmour

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Gdansk avec les stars

Matchbox – Espagne-Italie : 1-1. Le match entre les deux derniers champions du monde n’aura eu de nul que le résultat final.

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Gdansk Arena, 38.869 spectateurs.
Arbitre : Viktor Kassai (HON).
Buts : Fabregas (64e) pour l’Espagne ; Di Natale (61e) pour l’Italie.

 

Espagne : Casillas – Arbeloa, Piqué, Ramos, Jordi Alba – Xabi Alonso, Busquets – Xavi, Iniesta, David Silva (Navas, 65e), Fabregas (Torres, 74e). Sélectionneur : Vicente Del Bosque (ESP).
Italie : Buffon – Bonucci, De Rossi, Chiellini – Maggio, Marchisio, Pirlo, Motta (Nocerino, 90e), Giaccherini –Balotelli (Di Natale, 56e), Cassano (Giovinco, 65e). Sélectionneur : Cesare Prandelli (ITA).


 

 

La nalyse

Face à une équipe d’Espagne de plus en plus proche de ce que fait Barcelone, avec une composition de départ en 4-6-0 ne présentant aucun attaquant pur, Cesare Prandelli a proposé une formule 3-5-2 efficace et pleine de style, qui n’a finalement vraiment affiché de réelles faiblesses qu’après l’entrée de Fernando Torres, qui a apporté une profondeur axiale au jeu ibérique et des situations de face-à-face avec le gardien transalpin.

 

 

Si l’Espagne a eu, comme toujours, la possession du ballon – avec d’ailleurs une circulation plus rapide que lors du Mondial 2010, chaque joueur dépassant rarement les trois touches de balle avant de servir un coéquipier par une passe appuyée –, elle a eu longtemps du mal à véritablement déstabiliser les énergiques Chiellini et De Rossi notamment. Prenant souvent leur chance de loin (30e, 50e, 64e), les joueurs de la Roja ont parfois pénétré la surface italienne, et quand ils n’ont pas trouvé un défenseur pour les contrer dans leurs séquences axiales à deux ou trois (32e, 39e, 43e), Buffon a été vigilant sur leurs tentatives de jeu long (33e, 41e, 88e). Et face à une Squadra Azzura capable de se créer une occasion et de trouver un attaquant dans le dos de l’arrière-garde adverse en trois passes, avec un Pirlo toujours aussi précis, l’Espagne a connu des difficultés défensives pour contenir par exemple Cassano qui a parfaitement rempli son rôle de faux avant-centre décalé sur le côté gauche.

 

Cette opposition de styles tactiques et techniques a pourtant recelé des points communs aux deux formations, à savoir l’envie de jouer collectif, vers l’avant, de se créer des opportunités et de remporter la mise. Ce match d’un haut niveau technique n’a donc pas voulu décider d’un vainqueur, mais les deux équipes y prétendaient sérieusement. Si la rencontre ne s’est vraiment réveillée qu’après la demi-heure de jeu, les entrées de Di Natale d’un côté, de Torres et Navas de l’autre, lui ont apporté une touche d’intensité dont il n’avait pas forcément besoin pour être agréable, mais qui a eu le mérite de lui imprimer encore plus de rythme. Et l’on remerciera encore Andrea Pirlo et David Silva pour leurs passes décisives subtiles, l’un de l’intérieur et l’autre de l’extérieur du pied gauche, finissant de donner à ce premier match du groupe C la touche technique qu’on était en droit d’attendre de lui.

 

 

 

Les gars

Côté espagnol, on notera la prestation de Jordi Alba qui, à défaut d’offrir pour l'instant les mêmes garanties défensives que Capdevila au même poste, apporte une vivacité et des propositions offensives très intéressantes. Cesc Fabregas a alterné le chaud et le froid, avec des passes jouées trop facilement et souvent contrées, des frappes lointaines et bien entendu son but de la 64e.
Torres et Navas auront fait une entrée remarquée, faute d'avoir été remarquable, en donnant respectivement de l’espace et des solutions côté droit au jeu offensif espagnol. Quant à Iniesta, il a livré une prestation dans la veine de ses meilleures productions, sans déchet et travaillant côté gauche, s’infiltrant et tentant sa chance au but.

 

 

Dans la défense à plat transalpine, De Rossi et Chiellini ont été à l’honneur, le premier rassurant par sa présence physique et sa lecture du jeu à un poste pourtant inhabituel pour lui, le second par ses jaillissements et son énergie. Pirlo, dans son rôle de chef d’orchestre, a assuré des transversales et des transmissions dont il a le secret, notamment pour Cassano qui a fait étalage de sa technique individuelle afin de bien protéger son ballon (48e), centrer (44e, 45e+1 pour la tête de Thiago Motta repoussée par Casillas) et frapper au but (34e, 55e).
Son compère de l’attaque, Balotelli, a raté des déviations (30e) et une énorme occasion en tardant inexplicablement à faire quoi que ce soit du ballon, avant d’être suppléé par Di Natale – lequel a vite ouvert le score sur un bel enroulé pied droit. Il aurait même pu offrir le 2-1 à son équipe sur une reprise en extension trop croisée.

 

 

 

Les gestes

L’aile de pigeon aveugle de Balotelli qui sauve la touche et lui remet le ballon dans son champ de vision et de contrôle.

 

Le râteau pied gauche "Hé ho, c’est moi le patron" de Pirlo.

 

La déviation talonnée de Di Natale au niveau de la ligne médiane, pleine de justesse et exécutée dans un timing parfait, juste après le rebond.

 

L'extérieur de David Silva, qui prouve que les plus belles passes décisives sont souvent les plus simples.

 

 

 

Les observations en vrac

Plus Sergio Ramos a les cheveux courts, plus il ressemble à Val Kilmer.

 

Ce match était tellement beau qu’on a même vu une action où, dans la surface italienne, Piqué a remis de la tête pour un retourné acrobatique de Ramos.

 

C’est fou, mais Vicente Del Bosque a encore la capacité de vieillir.

 

L’Espagne a déjà fait déjà mieux que la France dans sa quête d’un triplé : elle a marqué un but au premier tour.

 

Jean-Marc Ferreri souhaitait voir entrer Fernando Torres pour apporter de la présence aérienne dans l’attaque espagnole. Manque de pot, c’est dans la profondeur que ça a changé quelque chose.

 

 

 

Vu du forum

=>> Joachim du Maurice-Bellay - 18h47
L'Espagne c'est comme Mozart, y a trop de notes.
=>> bonoman - 18h48
A l'inverse, Ferreri-Balbir, c'est comme David Guetta.

 

=>> I want my Mionnet back - 19h00
J'ai tellement de mal avec l'Espagne qu'ils sont à ça de me faire apprécier l'Italie. Comment peut-on faire preuve d'assez de cruauté pour infliger ça à un Français?

 

=>> Edji - 19h23
Balo t'es lent....

 

=>> magnus - 19h30
"Antonio Di Natale, acceptez-vous de prendre pour époux Andrea Pirlo, de chérir ses passes et respecter ses caviars?
- Oui".

 

=>> Tonton Danijel - 19h58
Balbir: "Si [Torres] avait marqué vingt buts avec Chelsea cette saison, il aurait pu en marquer un ou deux ce soir." Stéphane Guivarc'h likes this.

 

=>> Benoit Fleck - 19h59
Torres, c'est comme Robben. Il y'a quelque chose de brisé dans leur mental entre la volonté de montrer qu'ils y sont toujours, la peur de mal faire et le fait de trop écouter le monde qui les entoure mais sans vraiment les écouter (puisqu'ils sont au dessus de tout ça). Bref dans Dragonball, ils iraient s'entraîner dans le cosmos pendant six mois et reviendraient plus fort mais là c'est pas possible, ils ont des crédits sur leurs maisons.
 

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