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The Franck Jurietti Story

Lyon envolé à Gerland

Matchbox : Lyon-Bordeaux, 2-1. Secoués en première période, les Lyonnais ont fait parler leur réalisme à l'oreille des Girondins...
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Le match


Auteurs d’une entame de match particulièrement convaincante, les Girondins confisquent le ballon à des Lyonnais défendant très bas et presque incapables de franchir la ligne médiane. Wendel, bien servi dans le dos de la défense par Gourcuff remet à Chamakh dont la reprise est repoussée sur sa ligne par Boumsong. Suivant les conseils avisés de Jean-Michel Larqué, les actions bordelaises partent souvent de la gauche, de la gauche, de la gauche, sans être décisives. Comme souvent, l’OL réagit sur coup de pied arrêté: une belle tête de Govou est détournée par Valverde après un service de Juninho.

Stérile en la demeure
Il suffira que Benzema sollicite Fred pour un merveilleux une-deux qui place le 9 lyonnais face à Valverde pour que, bizarrement, le Gone préfère mettre le ballon au fond des filets plutôt que de tenter la feinte de frappe suivie d’un coup du foulard. Ce joueur est décevant. Dans la foulée, un tir de Källström est dévié artistiquement par le mollet de Planus et lobe Valverde. En l’espace de cinq minutes, le champion de France vient de réduire à néant une grosse demi-heure de domination adverse.

Cavenaghi remplace Gouffran quelques minutes après une frappe de Wendel au ras du poteau, changement auquel Puel réplique par la rentrée de Delgado à la place de Fred. Ce double changement a pour conséquence de priver Bordeaux d’une solution de débordement et de densifier l’axe défensif lyonnais. Les occasions se font alors plus rares, même si l’OL profite de la position haute des joueurs bordelais pour placer des contres. Les Girondins ont certes brillé dans le jeu, mais se reposent presque autant que l'OL sur leur science des coups de pieds arrêtés: Cavenaghi, seul aux six mètres, devance tout le monde à la réception d'un coup franc de Wendel et réduit la marque.


La nalyse

La composition de l’OL est une demie-surprise dans la mesure où Puel tente depuis son arrivée d’imposer un 4-4-2 assez peu naturel en terre lyonnaise. Benzema et Fred sont ainsi associés, soutenus par Källström à gauche et Govou à droite. Côté bordelais, c’est l’équipe type des "grands" matches, un 4-2-3-1 avec Diarra et Fernando à la récupération, une ligne offensive composée de Wendel, Gourcuff et Gouffran, Chamakh seul en pointe et Cavénaghi sur le flanc droit du banc.

Défense définitivement retrouvée
Si le résultat final est conforme à la tradition, contrairement aux confrontations précédentes, c’est bien Bordeaux qui a dominé le jeu. Mais comme souvent cette année, l'équipe de Laurent Blanc a manqué de vitesse, de précision sur les coups de pieds arrêtés, et sans doute d’imagination. Si l’OL a souffert au milieu – Juninho fut obligé de jouer très bas –, il a en revanche retrouvé une défense solide qui n’a pas laissé traîner beaucoup de ballons dans sa surface. Le talent de Benzema, la frappe de Källström ayant assuré l’essentiel.

Who's the boss?
Si l'on a du mal a trouver la patte de Puel dans la première mi-temps lyonnaise tant le jeu paraissait subi, la deuxième partie du match, après la sortie de Fred, fut bien à l’image de son époque lilloise: un milieu dense, ne laissant que peu d’espace. Bordeaux a payé ses instants de déconcentration, ainsi qu'une inefficacité souvent fatale dans une configuration à une seule pointe. Le choix de Blanc de laisser Cavenaghi sur le banc au coup d’envoi pourrait susciter des interrogations, alors que l’explication est simple: le Président préfère les actions magistralement construites aux horribles buts de raccroc d’un Argentin mal coiffé.

Après une telle leçon, les Girondins sont rappelés à leur statut d'outsider: sixième à neuf points de leur adversaire du soir après quatorze journées. Reste à espérer, pour le bien de la L1, que l'OL connaisse des trous d'air similaires à celui vécu il y a un mois et demi: Bordeaux comptait alors huit longueurs de retard avant de revenir à trois points. Des Lyonnais aussi débordés qu'en première période ne s'en tireront pas toujours aussi bien.


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Keita peut faire la gueule : Puel lui préfère même les ramasseurs de balle.

Les gestes

• Les parades miracle de Valverde sur la tête de Govou (20e) et sur les tirs de Benzema (77e et 83e )
• La frappe instantanée du gauche de Gourcuff des vingt mètres (23e) qui oblige Lloris à sortir le grand jeu sous sa barre transversale.
• Le sauvetage de Boumsong sur sa ligne, repoussant un tir de Chamakh (11e). Non mais vraiment, on vous assure.
• Le beau sauvetage sur la ligne de Källström sur un corner bordelais, preuve qu’avec Lloris et Boumsong, l'OL a trois bons gardiens.



Les antigestes

• Les fautes de Fernando et Junhino en début de match, qui ont dévoilé le côté sombre du football brésilien, plus Mozer que Romario.
• Les dix-sept frappes de loin de Yoann Gourcuff, qui a le plus souvent confondu ses occasions avec du tir au pigeon.


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Nouveau Zidane? Et si Gourcuff était plutôt le nouveau Daniel Chayoux, champion du monde de ball-trap?

Les chiffres du match

37% de possession du ballon, 6 tirs cadrés sur 7, 2 buts: le mot "lyonnais" devrait être systématiquement accolé à l'expression "Réalisme froid".
Zéro penalty litigieux, zéro main de Cris, pas un but entaché de hors-jeu. La légende bordelaise ne pourra même pas s'accrocher à une injustice historique pour se défendre.
100% d’accord: Jean-Louis Triaud déclare à propos du transfert de Feindouno au Qatar: "Après la caisse noire et les faux passeports, maintenant voilà les transferts bizarres à Saint-Étienne". Au moins, il y a toujours Saint-Étienne pour mettre Lyonnais et Bordelais d'accord.
4.400 : réapparu au bord du Lac près de Bordeaux après deux jours de disparition, on a attendu en vain de voir les nouveaux pouvoirs de Franck Jurietti.



La réflexion passéiste

Les joueurs de Claude Puel n’ont finalement eu qu’à tenir sous les coups de boutoirs pour mieux planter deux banderilles assassines en fin de première mi-temps. Ce qui vérifie l’adage: "Lyon est l’AJA des années 2000. T’as le ballon pendant trente minutes et au final tu rentres au vestiaires à 2-0".
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